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Actualités Criminelles of Wednesday, 15 September 2021

Source: Expression Economique

Cameroun - Cybercriminalité: le site web du Minfi piraté

Le ministre des Finances menace de sévir Le ministre des Finances menace de sévir

Depuis quelque temps, la plateforme de délivrance des bulletins de solde en ligne est la cible des « hommes sans foi ni loi ». Le ministre des Finances menace de sévir.

La révolution a été rattrapée par les camerouniaiseries. Au départ, il était question de faciliter la tâche aux nombreux fonctionnaires nouvellement intégrés dans la fonction publique et désireux d’obtenir leur bulletin de solde.

C’est ainsi que le site https://ebulletin.minfi.cm a été créé. Plus besoin de faire le déplacement de Yaoundé ou de faire la queue au ministère des Finances (Minfi) pour obtenir le précieux sésame. Il suffisait d’entrer dans le site cité plus haut, suivre la procédure, obtenir son bulletin de solde et l’imprimer.

Seulement, des personnes de petites vertus y ont vu un moyen pour se faire du lucre en se livrant à toute sorte de trafic et magouilles. L’ampleur du phénomène, en termes de durée et de victimes a poussé le ministre des Finances à sortir de sa réserve.

Ainsi, par communiqué N°0973/Minfi/SG/ DGRP/Celcom/CEAM du 02 septembre dernier, l’on apprend que le ministre des Finances « porte à la connaissance de l’opinion publique que des personnes sans foi ni loi, se servent de la plateforme de bulletin de solde en ligne « ebulletin » pour commettre des actes de corruption et d’arnaques auprès des usagers».

Dans le communiqué, Louis Paul Motaze reconnaît l’implication de certains agents véreux tapis au Minfi. Il le reconnaît en ces termes : « Dans la même optique de plomber les réformes engagées pour faciliter le travail des usagers, plusieurs administrateurs de cette plateforme s’en servent comme des guichets de commerce ».

Toute chose qui écorne sérieusement l’image du ministère des Finances qui a voulu s’arrimer au train de la modernité et faire profiler les usagers qui devraient réaliser des économies en temps, en énergie, en argent cl en risques de voyage.

Le ministre des Finances envisagent des procédures contre ceux de ses collaborateurs qui se livrent à ce trafic des bulletins de solde. « Le ministre se réserve le droit d’appliquer les sanctions qui s’imposent à l’encontre des personnes qui se livrent à de telles pratiques au mépris de la règlementation et des institutions subséquentes », avertit Louis Paul Motaze

En attendant de voir jusqu’où ira le ministre de Finances, rappelons que les pouvoirs publics sont engagés depuis plusieurs années déjà dans une réforme de l’administration à travers la digitalisation des procédures.

Que ce soit dans l’administration fiscalo-douanière, létal civil, les titres de voyage comme le passeport, les avancements, les affections et mutations, les usagers ne sont plus obligés d’aller à Yaoundé « suivre le dossier ». En quelques clics, le formulaire est rempli et peut être imprimé dans le bureau d’à côté «pour servir et valoir ce que de droit », selon la formule consacrée.

Seulement, malgré l’existence de la plateforme « ebulletin » qui devrait permettre d’obtenir un bulletin en temps réel et ce gratuitement, les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Il faut débourser entre 1000 F et 5000F selon les jours et les endroits.

« Avant, lorsque je n’avais pas encore un compte bancaire, je m’arrangeais à disposer de 3000 F CFA au moins.à la fin du mois, puisqu’il faut ce document pour obtenir son salaire lorsqu’on n’a pas encore communiqué son numéro de compte à l’administration d’origine pour un virement direct de son salaire à la fin du mois ». Edouard Onguene n’est pas le seul à avoir été victime de ces « hommes sans foi ni loi dont parle » le Minfi.

Le phénomène est d’autant plus important que les acteurs de ce commerce d’un genre nouveau écument les alentours du ministère des Finances pour proposer leurs services. «Bulletin de solde », « bulletin de solde », hèlent ils toute comme qui passe par là.

A la question de savoir combien coûtera le service, ils avancent des prix allant de 2000F à 5 000F selon l’apparence du client. Ici, plus qu’ailleurs, l’habit fait le moine. Plus on est bien mis, plus les enchères montent. I.a menace du Minfi gagnera-t-elle quelque chose ? -Rien n’est moins sûr, car jusqu’à hier, ils étaient encore là, ces «hommes sans foi ni loi ».