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Infos Business of Sunday, 4 July 2021

Source: Sans Détour N°420

Prix du ciment: Mbarga atangana-Galichet, la guerre des nerfs

Les deux personnalités s’étripent au sujet du prix du ciment Les deux personnalités s’étripent au sujet du prix du ciment

Près d’un mois déjà que le ministre du Commerce et le directeur général de la Cimencam s’étripent au sujet du prix du ciment. Le ministre veut faire valoir la raison d’Etat et les missions régaliennes de son département ministériel sur les velléités inflationnistes de la Cimencam.

Dans une correspondance au vitriol signée le 29 juin dernier, le ministre du Commerce met en garde le directeur général de la Cimencam - les Cimenteries du Cameroun, de toute tentative unilatérale d’augmentation du prix du ciment sur le marché camerounais. « J’apprends de différents sources, que vous vous apprêtez à procéder à une énième augmentation unilatérale de vos prix, au mépris de mes mises en demeure antérieures, et de ma main tendue pour une concertation. Je voudrais vous informer par la présente, que si cette mesure, que je considère comme de la défiance et de la provocation, venait à être mise en exécution, je me verrais dans l’obligation d’ordonner la pose de scellés sur vos installations ». Le ton ferme, Luc Magloire Mbarga Atangana rappelait ainsi à Benoît Galichet, au cas où il l’aurait ignoré, que le ciment fait partie des produits soumis à la procédure d’homologation des prix. en effet, c’est la deuxième correspondance, sur fond d’appel à la rectitude, que le ministre adresse en l’espace d’un mois au directeur général de cette société, tenue à plus de 53 % par les actionnaires étrangers, et particulièrement par le groupe Lafargeholcim Maroc Afrique. Le 11 juin 2021, dans une autre lettre adressée au même destinataire, le Mincommerce se voulait plus conciliant et pédagogue. « J’ai l’honneur de vous faire parvenir ci-joint, en même temps que l’article publié hier, 10 juin 2021, par le journal « Le Messager », la lettre de détresse que m’a adressée le Collectif des Femmes engagées contre la vie Chère au Cameroun, dans laquelle cette organisation dénonce la hausse vertigineuse des prix des produits de grande consommation, dont les matériaux de construction. Au regard des menaces sérieuses à l’ordre public que cette situation préoccupante est susceptible de causer dans les jours à venir, je vous invite à la retenue, et au strict respect des prix jusque-là en vigueur, en attendant des consultations ultérieures que nous pourrions tenir », dixit Luc Magloire Mbarga Atangana.

DG ANTIRÉPUBLICAIN ?

La défiance et la provocation qu’évoque le Mincommerce dans sa correspondance du 29 juin laisse clairement subodorer que Benoît Galichet n’a pas cru devoir obtempérer au recadrage du ministre, contenu dans sa missive du 11 juin. Pourtant, le secteur du ciment et des matériaux de construction, constitue un domaine sensible où toute hausse inappropriée des prix peut susciter des remous sociaux, tels que ceux traversés par le Cameroun en février 2008. Depuis lors, les associations consuméristes, à l’instar de la Ligue camerounaise des Consommateurs, se sont appropriées la querelle, et menacent simplement d’appeler les consommateurs au boycott des produits issus de Cimencam. Ce n’est pas la première fois que le français se met à dos les autorités camerounaises au sujet de son management. Sa reconduction à la direction générale de la Cimencam, au terme d’un conseil d’administration extraordinaire le 29 août 2020, avait surpris plus d’un observateur. Pour cause, le Cameroun, par une correspondance du PCA de la Cimencam, le Pr Pierre Moukoko Mbonjo, avait exprimé au président du groupe Lafargeholcim Maroc Afrique, la volonté du gouvernement de ne pas voir reconduit le mandat finissant de monsieur Galichet. Selon des indiscrétions qui avaient filtré de cette crise de confiance, il était reproché au dg français un certain nombre de griefs, dont la réduction des bénéfices à redistribuer aux actionnaires, la sortie illicite des ressources financières de l’entreprise. Des pratiques dolosives qui faisaient exploser les charges de la société, à travers l’importation du clinker, principal produit rentrant dans la fabrication du ciment, au détriment de l’équilibre financier de la comptabilité de l’entreprise, selon des esprits retors. Dg antirépublicain ? Benoît Galichet semble s’inscrire dans cette école, mais le Mincommerce affiche sa détermination à faire valoir la raison d’Etat, pour intervenir à chaque incartade, en faveur de la stabilité des prix des produits de consommation courante sur le marché camerounais. Chaud devant !