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Business News of Thursday, 25 February 2021

Source: cameroonvoice.com

Palmeraie de Camvert à Campo et Niete : le cri d’alerte

Dans un communiqué de presse rendu public ce 23 février 2021, l'organisation de protection de l'environnement Green Peace indique que le projet de Palmeraie porté par Camvert dans les communes de Campo et Niete dans la région du Sud au Cameroun est néfaste pour les forêts Camerounaises et les populations autochtones.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Yaoundé, le 23 février 2021 -Les populations autochtones et locales des communes de Campo et Niete dans la région du Sud au Cameroun lancent le cri de détresse suite à l’occupation illégale de leurs forêts par la société Camvert. Cette dernière a entrepris d’y implanter une palmeraie sans le consentement des populations riveraines dont la survie dépend majoritairement des forêts. Selon des informations récentes collectées par Greenpeace Afrique, au moins six (06) communautés autochtones Bagyeli et locales Bantoues manifestent leur opposition radicale et au moins quatre autres ont émis de très fortes réserves par rapport au projet Camvert. Christine Moueni du village Ebodje, soucieuse de l’avenir sombre que garantit ce projet à sa progéniture, affirme « Camvert nous porte malheur.

L’occupation de notre forêt par Camvert va nous empêcher d’avoir du poisson pour nourrir nos enfants, du bois de chauffage pour la cuisine etc. On n’aura plus rien et ce sont nos enfants qui en souffriront…Nous ne voulons pas de Camvert”. Au- delà de la grosse perte que représente l’activité de Camvert pour les populations riveraines, ces dernières dénoncent également la supercherie dont elles ont été victimes de la part la societé Camvert, notamment en ce qui concerne l’obtention de leur consentement. “Camvert m’avait trompé en me demandant de signer le papier sans le lire. Après signature, d’autres personnes sont venues me dire que j’ai signé le papier d’accord à l’attribution de forêt à Camvert au nom de toutes les communautés pygmées qui font partie de la forêt de Campo. Je ne connais rien, je suis pygmée et j’avais signé par tromperie,” déplore Henri MLEME, plus connu sous le nom de “Cent Ans”.

En effet, en 2020, Camvert a rasé au moins 1500 hectares de forêts en violation de la législation camerounaise pour planter du palmier à huile à Campo. Le projet est mis en œuvre en violation des droits des communautés qui voient leurs droits d’usage à l’UFA 09 025 deniés car ils n’ont pas été consultés ni associés à l’élaboration des cahiers de charges brandis par l’entreprise. De plus, ce projet, qui s’étend sur les terres communautaires au-delà des limites originelles de l’UFA 09 025, contribuera à faire perdre aux communautés l’accès aux produits forestiers non ligneux et sera une source de pollution pour l’environnement ainsi que les sites touristiques. Si le projet Camvert aboutit, les sites sacrés des communautés seront également détruits et les conflits homme-faune seront exacerbés pour qui la forêt représente un corridor de passage pour le parc national de Campo Ma’an.Par ailleurs, Une plainte de l’organisation BACUDA jointe par deux ONG, APED et FPP, a été déposée en Octobre 2020 au Comité pour l’Élimination de toute forme de discimination Raciale (CERD) au nom des populations autochtones Bagyeli en protestation à l’arrivée de ce projet Camvert sur leurs terres traditionnelles.Pour Ranece Jovial NDJEUDJA, responsable de campagne forêt à Greenpeace Afrique , « Les dirigeants de Camvert, dans leur propagande, ont fait croire que leur projet bénéficie d’un soutien massif et apportera des avantages économiques.

Pourtant, les populations autochtones et les communautés locales dans la zone ont un son de cloche différent et demandent à ce que leur voix soit entendue. Il est temps que le gouvernement du Cameroun stoppe le projet Camvert et envisage une révision du cadre régissant la tenure foncière et mette en place un plan d’aménagement et d’utilisation des terres participatif et inclusif. Il doit reconnaître et pleinement intégrer les droits coutumiers des populations autochtones et locales.»

Luchelle Feukeng

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