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Business News of Monday, 4 November 2019

Source: ecomatin.net

NFC Bank et UBC inquiètent le FMI

Dans le cadre de la 5ème revue du programme économique et financier triennal avec le Cameroun, la mission conduite par Amadou Sy, va se pencher sur le cas de ces deux banques en difficulté.

Du 28 octobre au 08 novembre, une équipe du FMI séjourne au Cameroun dans le cadre de la 5ème revue du programme économique et financier triennal (2016-2019). La mission conduite par Amadou Sy va rencontrer plusieurs catégories d’interlocuteurs dont la direction générale du Trésor. Parmi les sujets qui seront abordés le 31 octobre avec cette direction générale, figue en bonne place : « les orientations des autorités et avis de la Commission bancaire de l’Afrique centrale –Cobac– sur les options de restructuration National Financial Credit Bank (NFC) & Union Bank of Cameroon Limited (UBC)».

En abordant la question de ces deux banques, le FMI fera des projections financières et mesurera les progrès de restructuration et de négociation avec actionnaires et investisseurs de ces deux banques. Sans oublier l’estimation de l’impact des recapitalisations sur les finances publiques. National Financial Credit Bank SA est dans de sales draps. Début juillet, ladite banque a été frappée d’une amende d’un milliard FCFA par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). Motif : Non rétrocession des devises collectées à la Beac. NFC Bank menace de recourir à la justice pour contester cette amende. A défaut, NFC Bank va tenter de négocier avec la Beac, question de revoir le volume de sa sanction. Des sources dignes de foi précisent que cette réaction de NFC Bank fait suite à la « crise financière », que traverse la banque en ce moment. « Actuellement, NFC Bank enregistre de mauvais résultats. Par conséquent, débourser 1 milliard FCFA accentuerait sa descente aux enfers », rapporte une source.

Des difficultés encore et encore

NFC Bank est aussi victime de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. En effet, le 7 septembre 2017, l’ex-ministre des Finances a adressé une correspondance à la direction générale de la banque camerounaise dénommée « National Financial Credit Bank », branche de Bamenda. Objet de la lettre: « Echec de respecter votre engagement ». « Après une visite impromptue par les collectivités locales à votre institution, on a remarqué que votre établissement est resté fermé pendant les jours de travail en violation des dispositions de la licence délivrée par l’autorité monétaire.», écrit le Minfi. Il rappelle à la banque qu’elle a pourtant pris l’engagement de garder ses locaux commerciaux ouverts les jours de travail. Ceci au cours d’une récente réunion organisée par les autorités préfectorales du département de la Mezam, dont Bamenda est le chef-lieu. Pour le ministre des Finances, cette attitude de la branche NFC Bank de Bamenda est contraire aux valeurs républicaines et « peut conduire au retrait » de sa licence, « sans préjudice des nouvelles sanctions qui peuvent être prises » contre l’institution.

Le cas d’UBC

Pour comprendre les difficultés d’UBC, il remonter à l’année 2011. En effet, le groupe bancaire africain Ecobank a annoncé la fusion d’une de sa filiale nigériane avec la banque Oceanic Bank, qui avait des parts dans l’Union Bank of Cameroon. Le groupe Ecobank a annoncé le rachat d’Oceanic Bank, une banque nigériane qui a frôlé la faillite en 2009 et a été sauvée par une série de procédures mises en place par la banque centrale du Nigeria. Ecobank Nigeria fusionné donc avec Oceanic Bank et le capital des deux banques a été restructuré et la nouvelle entité, avec 620 agences est devenue le second groupe bancaire nigérian en termes de nombre d’agences, et le cinquième en termes de dépôts.

Seulement, cette fusion a eu des incidences sur l’Union Bank of Cameroon – UBC –, groupe bancaire qui avait évité la faillite par l’apport de capitaux de la banque Oceanic Bank. L’établissement bancaire camerounais n’est pas sorti de la zone de turbulence.

Le plan du gouvernement pour assainir le secteur

Le gouvernement camerounais s’est engagé dans un processus d’assainissement des banques, dans le cadre du programme de réforme économique engagé avec le Fonds Monétaire International.

« Face aux différents défis que vous avez soulevés, nous travaillons effectivement dans le cadre de ce plan (programme économique ndlr), à améliorer le cadre des activités bancaires, afin de permettre à ce secteur de participer pleinement à la relance de notre économie », a fait savoir Gilbert Didier Edoa, le secrétaire général du ministère des Finances. Le responsable n’a toutefois pas donné de détails sur les opérations en cours et les banques qui étaient concernées. Si le secteur bancaire camerounais, tout comme l’économie nationale, s’est montré résilient face à la crise de la balance des paiements qui frappe les pays de la CEMAC, il n’est pas à l’abri des quelques vulnérabilités. Les investissements effectués sur les titres publics des pays de la région représentent aujourd’hui 16% de leurs actifs, selon les statistiques que nous avons analysées. Cela expose ces banques à un potentiel risque de défaut souverain et des pays comme le Congo ou le Tchad bataillent durement pour honorer leurs engagements.

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