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Infos Business of Thursday, 29 July 2021

Source: www.camerounweb.com

Le Conseil d’administration de l’ITIE lève la suspension du Cameroun

La suspension du Cameroun était en vigueur depuis le 1er avril 2021 La suspension du Cameroun était en vigueur depuis le 1er avril 2021

• La décision a été prise le 23 juillet 2021 dernier

• La suspension du Cameroun était en vigueur depuis le 1er avril 2021

• Comment la SNH a financé le BIR à hauteur de 109,1 milliards FCFA en 2019


C’est une décision du Conseil d’administration de l’Initiative de transparence dans les industries extractives (ETIE) prise le 23 juillet 2021 dernier.

En effet, l’ETIE a décidé de la levée de la suspension du Cameroun qui est en vigueur depuis le 1er avril 2021, suite au retard accusé par le pays dans la publication de son rapport ITIE 2018. « (…) Conformément à la norme ITIE, il a été convenu que la suspension serait levée si le Conseil d’administration de l’ITIE se satisfait du fait que le rapport en suspens a été publié dans les six mois suivant la date limite. Le secrétariat est en mesure de confirmer que le Cameroun a publié son rapport ITIE de 2018 le 30 juin 2021. Ainsi, la condition pour la levée de la suspension a été satisfaite », précise la décision du Conseil d’administration.

Selon nos confrères du site investiraucameroun.com, alors que le Cameroun était déjà en retard sur la publication de ce rapport, le Conseil d’administration de l’ITIE lui avait accordé un délai de grâce allant jusqu’au 31 mars 2021, un délai qui n’avait non plus été respecté par le pouvoir de Yaoundé.

Il faut souligner que cette levée de la suspension permet de redorer le blason du Cameroun à l’international. Celle-ci « (…) réaffirme la place du Cameroun dans le prestigieux club des pays cherchant à améliorer leur climat des affaires, en favorisant la transparence dans les secteurs pétrolier, gazier et minier », soutient le ministre Dodo Ndoké, vice-président du comité ITIE au plan local.

Armée : comment la SNH a financé le BIR à hauteur de 109,1 milliards FCFA en 2019 (Investir au Cameroun N° 111-112 / juillet-aout 2021)

Dans son édition 2016, publiée en 2019, le rapport ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) révèle par exemple qu’en 2016 et 2017, les « interventions directes » de la SNH se sont élevées à 383,4 milliards de FCFA. Pour la seule année 2019, elles s’élèvent à 183,7 milliards de FCFA.

Généralement, une part importante de cette enveloppe sert au financement du Bataillon d’intervention rapide (BIR), unité d’élite de l’armée camerounaise qui compte près de 5 000 hommes, et qui a bénéficié des « interventions directes» de la SNH d’un montant de 109,1 milliards de FCFA en 2017, révèle le rapport ITIE.

Depuis une trentaine d’années, les bailleurs de fonds occidentaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), qui jugent ce mécanisme de financement des dépenses contraire aux bonnes pratiques budgétaires et de gouvernance, font pression pour que le Cameroun y mette fin. Mais, le gouvernement s’oppose, arguant notamment de «l’urgence et la sensibilité de certaines dépenses de sécurité et de souveraineté».

D’ailleurs, dans son rapport sur les entreprises publiques du Cameroun publié il y a quelques jours, le FMI s’intéresse au «cas particulier de la SNH». «Les relations financières entre l’État et la SNH sont particulières à bien des égards. Sur un plan institutionnel, la SNH présente la particularité d’être soumise, en application de ses statuts, à la seule tutelle technique et financière du secrétariat général de la présidence de la République», fait remarquer le FMI.

Et cette institution de Bretton Woods de préciser : «le mécanisme d’intervention de la SNH n’est pas prévu par les textes en vigueur, et les dépenses payées par la SNH sont intégrées en comptabilité budgétaire à postériori, à titre de régularisation».