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Business News of Friday, 12 April 2019

Source: investiraucameroun.com

La Coface pessimiste sur les perspectives économiques du Cameroun

La Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) vient de publier son «Guide risques pays & sectoriels 2019». Il s’agit d’une analyse des risques et prévisions sur 161 pays, dont le Cameroun.

Selon la Coface, les perspectives économiques et financières du Cameroun en 2019 sont sombres. Et pour cause, le pays obtient la notation « C ». Cette évaluation signifie : «les perspectives économiques et financières sont très incertaines. Le contexte politique peut être instable. L’environnement des affaires comporte d’importantes lacunes. La probabilité moyenne de défaut des entreprises est élevée».

Pour expliquer sa notation, la Coface indique qu’au Cameroun, la faible protection des droits fonciers et l’accès limité au crédit continueront de peser sur la croissance du secteur primaire. De plus, la production de café et de cacao, principalement produits dans les régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-ouest), devrait continuer de pâtir de l’instabilité politique. Elle devrait également se ressentir sur la confiance des consommateurs et des entreprises de ces régions, contraignant les secteurs de service, qui devraient, par ailleurs, rester dynamiques en 2019.

La Coface ajoute que, les dépenses sécuritaires du Cameroun liées, notamment, au conflit en cours dans les régions anglophones devraient néanmoins continuer d’exercer des pressions sur le budget. « La faible génération de recettes fiscales et le recours à l’endettement extérieur non concessionnel pour financer certains projets ont dégradé le profil de risque de la dette. La balance courante demeurera déficitaire en 2019.», indique la Compagnie française. Elle relève que, les importations de biens d’équipement, nécessaires à la réalisation des projets, continueront notamment de peser sur une balance commerciale qui restera négative, malgré les progrès attendus des exportations de GNL ou de bois. Le déficit des services devrait être alimenté par les services techniques.

En outre, le compte des revenus du Cameroun accusera aussi un déficit, en raison des versements d’intérêts de la dette. L’excédent des transferts dépendra largement des envois de fonds des travailleurs expatriés. Malgré les flux d’Investissements directs étrangers (IDE), le recours à l’endettement devrait rester nécessaire pour financer le déficit courant (-3%).

Pour ce qui est de l’évaluation de l’environnement des affaires, la Coface attribue la notation « D » au Cameroun. Ce qui signifie pratiquement la même chose que la notation « C ». A ce propos, indique la Coface, le climat des affaires du pays souffre d’un environnement institutionnel et réglementaire lourd et complexe, comme en témoigne son 166e rang (sur 190) dans le classement Doing Business 2019, et de la prévalence de la corruption.

Néanmoins, nuance la Coface, la croissance du Cameroun devrait augmenter (de 3,9% en 2018 à 4,4% en 2019), grâce en particulier, à la montée en puissance de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’unité flottante de liquéfaction (Hilli Episeyo) au large de Kribi.

La production de GNL du pays devrait permettre de compenser le déclin progressif de la production de pétrole brut, consécutif à la baisse de l’investissement dans de nouveaux projets depuis 2014. Le secteur secondaire devrait également bénéficier de la bonne tenue de la construction, grâce aux investissements dans des projets tels que l’extension du port en eau profonde de Kribi ou la construction du barrage de Nachtigal (420 MW).