Vous-êtes ici: AccueilBusiness2020 07 23Article 529741

Business News of Thursday, 23 July 2020

Source: cameroon-tribune.cm

L'économie camerounaise de plus en plus dépendante des importations

Selon l’Institut national de la Statistique (INS), en 2018, le déficit de la balance commerciale du Cameroun était de 1 438,3 milliards de F. Des chiffres en augmentation de 265,9 milliards de F (+22,8%) par rapport à 2017, du fait que les importations sont largement au-dessus des exportations.

A ce jour, le pays exporte essentiellement des produits bruts (huiles de pétrole, bois et ses ouvrages, carburants et lubrifiants, bananes fraîches, aluminium, caoutchouc, cacao, café, coton), à faible prix et influencé par les acheteurs. Pendant ce temps l’importation est dominée par des produits prêts à la consommation, qui reviennent plus chers, parce que déjà transformés. Outre les véhicules et autres engins, on peut citer les denrées alimentaires (riz, poisson, lait, blé, farine, conserves diverses, etc.) et les produits pharmaceutiques entre autres. L’importation du riz coûte en moyenne 160 milliards de F par an.

En 2019, 220 milliards ont été dépensés pour importer des produits d’élevage, de pêche et des industries animales, le poisson occupant le haut des marches. Face à ces chiffres, Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce a reconnu que « le Cameroun importe des produits manufacturés pouvant pourtant être fabriqués localement pour la satisfaction non seulement du marché intérieur, mais également du marché sous régional et régional, voire international. » Il est donc plus que temps de tout mettre en œuvre pour inverser la tendance et il n’y a pas de doute que le pays gagnerait énormément si la modernisation qui se met timidement en place prend son envol.

La promotion du made in Cameroon, en vogue depuis plusieurs années, mais davantage dans les discours, est donc plus que d’actualité. La relance de certains secteurs de production, en renforçant le dispositif industriel, en accentuant la transformation sur place des produits de notre terroir devraient être de mise. A la clé, d’importantes économies de devises, mais aussi des emplois créés ou les conditions de vie des acteurs de divers secteurs améliorées.

Pour ce qui est du riz par exemple, Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du Développement rural indique que la production ne peut faire un grand bond en avant que lorsque les périmètres hydro-agricoles, conduits par plusieurs projets comme le Plan d’urgence triennal ou encore la Banque mondiale pourront produire des résultats. L’objectif du pays étant d’avoir environ 50 000 ha pour une production avoisinant les 400 000 tonnes par an, contre environ 360 000 actuellement. Il est par exemple question de saisir l’opportunité ouverte par la pandémie du coronavirus, avec les frontières fermées, pour renforcer la production, la transformation et la consommation locales des produits du terroir.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter