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Source: Le phénix communicator No 0003

Extrême-Nord : la Sodécoton reste indifférente face aux cris des cotonculteurs

Les cotonculteurs de Houloum voient moisir au sol depuis plusieurs jours leurs tonnes de coton Les cotonculteurs de Houloum voient moisir au sol depuis plusieurs jours leurs tonnes de coton

Les cotonculteurs de la localité de Houloum, attendent incessamment les acheteurs de leurs tonnes de cotons en stock depuis plusieurs jours. Cependant, leur client (la Sodécoton) semble ne pas honorer aux rendez-vous d’achat saisonnier. Sa lenteur les inquiète et ils sont de plus en plus plaintifs.

Les cotonculteurs de Houloum voient moisir au sol depuis plusieurs jours leurs tonnes de coton, à cause du retard de la Sodécoton dans le rendez-vous des achats saisonniers. Avec la récurrence des pluies, ils s’inquiètent. La peur de réaliser des grosses pertes ne quitte plus leurs esprits. « Ils ne sont pas venus prendre le coton depuis. Aucune voiture n’est passée ici pour le moment. Pourtant, il pleut déjà de temps en temps dans ce village. D’ailleurs, la pluie a déjà mouillé ce coton deux fois. Si vous voyez bien, vous constaterez que certaines graines germent déjà. Ça dégage déjà même légèrement une odeur désagréable. Je ne sais pas si ça dérange la société en question ou pas. Cette situation nous fait peur. Car, non seulement les cotons ne sont pas écoulés, mais aussi délaissés sur le sol comme vous voyez là. Il y a un grand dommage aujourd’hui sur ces trois gros tas de coton. Reste à savoir si la Sodécoton va endosser. Il y a un risque dans cette situation. Si on n’a pas vendu, il est clair qu’on n’aura de l’argent. Et on a besoin en cette période, puisqu’on s’apprête à mettre les semences au sol », informe un cotonculteur de Houloum.

Cette situation fait peur à d’autres producteurs de cette localité. Leur coton semble être abandonné sur le sol par la Sodécoton. Plusieurs jours sont passés. Des gros tas de coton sont entreposés à ciel ouvert au sol. Cet entassement est la conséquence de non écoulement de ce produit. Au fil des jours, l’inquiétude des producteurs grandit. « Parce que les pluies menacent régulièrement de tomber ». Tout porte à croire que la Sodécoton a rompu son partenariat avec ces derniers car : « ça fait déjà plusieurs semaines que la Sodécoton a repris ses matériels de travail les plus importants, comme la balance qui sert à peser le coton sur le marché et le coton que vous voyez là est abandonné ici depuis ».

Une nouvelle saison cotonnière pointe à l’horizon. Alors que ces seigneurs de la terre n’ont pas vendu les produits de la dernière récolte. Pour beaucoup, il ne sera guère question de cultiver du coton, cette année. Toutefois, ils gardent l’espoir que la Sodécoton va réagir dans les jours à venir. « Mon coton est encore dans mon magasin, à la maison. Je voulais le sortir pour vendre comme les autres, mais il manque pour le moment des bâches d’emballage. Cela est dû au fait que la voiture n’est pas venue. Pourtant, je compte sur l’argent de mon coton pour pouvoir m’acheter des herbicides. De nos jours, on travaille beaucoup avec ces produits phytosanitaires. Or, on peut dire que mon argent est bloqué encore à la maison », indique Aminou Atikakaï.

Certains vont un peu loin dans leur inquiétude. Ils critiquent avec véhémence, le système commercial de cette entreprise basée dans le Grand-Nord. « Ceux qui ont déposé leur coton sur le marché peinent à l’écouler. Ça fait quelques jours que les groupes d’achat ne sont plus ici. Ils ont déserté. Ils savent bien que le retour probable des pluies pourrait rendre la situation davantage compliquée. S’il pleut, par exemple, certaines routes ne seront plus praticables. Nous allons faire comment avec notre coton. Je suis dépassé », fulmine un autre agriculteur.

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