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Business News of Wednesday, 22 April 2020

Source: Cameroon Info

Enjeux financiers: les dessous de la brouille entre la BEAC et CAMPOST

La Banque des Etats de l’Afrique Centrale a récemment rejeté une demande d’autorisation d’un système de compensation et règlement des transactions monétiques au Cameroun introduite par l’opérateur postal public.

La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) a récemment rejeté une demande d’autorisation d’un système de compensation et règlement des transactions monétiques au Cameroun introduite par l’opérateur postal public, la Cameroon Postal Services (CAMPOST).

Dans un communiqué publié le 20 avril 2020, l’institution monétaire sous régionale indique qu’il s’agit d’un appel (lancé à l’endroit de CAMPOST) à revoir sa copie consécutif à un double vice de forme. «Des observations marginales qui auraient dû se régler en interne sans la moindre intrusion du monde des réseaux sociaux», estime le quotidien Le Jour dans son édition du 21 avril 2020.

En réalité, croit savoir le journal, d’énormes enjeux financiers sont au centre de la brouille entre la BEAC et CAMPOST. «Le gouvernement camerounais souhaite relancer la CAMPOST en lui donnant de moyens financiers supplémentaires susceptibles d’assurer sa pérennité. La mise en place de ce Switch national géré par CAMPOST devrait drainer des sommes importantes grâce aux retombées des flux de transactions via le mobile et autres modes individuels de paiement électronique», écrit le journal.

A en croire notre confrère, «les données récentes sur le mobile money en zone CEMAC datent de la période allant de janvier 2017 à septembre 2017. Il en ressort que la valeur des paiements effectués via ce système, uniquement pour le Cameroun, était de 2224,7 milliards de FCFA. Les experts estiment qu’actuellement, ce volume a été multiplié par au moins 4. Or 30% à 40% des transactions se déroulent entre opérateurs, ce qui ouvrirait la voie à d’importantes retombées financières».

Le 15 avril 2020, le gouverneur de la BEAC a procédé au lancement officiel de l’interopérabilité des systèmes de paiement en zone CEMAC. «Là est donc le problème. Qui a qualité à prélever sur ces transactions financières électroniques en zone CEMAC ?», s’interroge le journal.

A la BEAC, soutient le journal, «on défend l’idée que c’est avant tout des services financiers et que la technologie n’est qu’un accessoire». Et pourtant, le ministère camerounais des Postes et Télécommunications soutient que «ces systèmes de paiements utilisent la technologie des réseaux de télécommunication pour mener les opérations».

D’après le journal d’Haman Mana, «Minette Libom Li Likeng évoque aussi la sécurité. La plateforme nationale permettrait de mener une meilleure veille sur les risques de financements de terrorisme et d’autres activités d’atteinte à la sureté et la sécurité de l’Etat. Mais la BEAC fait valoir son propre système de compensation qui jusqu’ici, se montre efficace (SYSTAC) et une institution de gestion de la monétique (GIMAC)».

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