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Business News of Thursday, 11 July 2019

Source: Mutations N° 4894

Douala: les gares routières spontanées dictent leur loi

Une scène vécue le 22 juin crée un embouteillage à l’entrée du nouvel échangeur construit au même moment que le second pont sur le Wouri, au lieu-dit « Rond-point Deido ». Puisque la chaussée est réduite ; obligeant les véhicules qui empruntent cette voie vers Bo-nabéri ou le centre-ville, à ralentir voire, à s’immobiliser complètement. Et lorsqu’il s’agit des camions et autres gros bus, l’attente se rallonge, le temps de permettre aux véhicules qui « chargent et déchargent », de céder le passage.

Une situation qui provoque des remous. D’après les habitués des lieux, ce spectacle est vécu tous les jours par les populations, et le désordre qu’il engendre se déroule au vu et au su des agents de la police municipale.

« Au départ, seuls guelgues véhicules chargeaient ici. Aujourd’hui, l’entrée du pont sur le Wouri est devenue une gare routière d’un autre genre », s’offusque un passager. Cette gare routière qu’on qualifie de clandestine n’est pas la seule à opérer à Douala. On en voit également à plusieurs autres endroits tels qu’aux lieux-dits « Ancien Dalip », « Total Logbaba », « Total Bes-sengue », « Rond-point Dakar », « Yassa », etc.

Ici et là, la chaussée est pratiquement occupée par des véhicules qui attendent des usagers ou effectuent des manœuvres. Toute chose qui fait le bonheur des chauffeurs. « A vec ces gares routières, le chargement se fait rapidement et aisément », reconnaît le prénommé Henry, transporteur à « Ancien Dalip ». Surtout que les avantages ne tardent pas à suivre. « Le chargement est rapide et cela nous permet de faire cinq à six tours sur une ligne. On est forcément satisfait de la recette à la fin de la journée », se réjouit Etienne, son collègue à « Logbaba ».

Pour certains chauffeurs, l’essentiel, c’est d’avoir les passagers, quel que soit le lieu où on se gare. Les passagers quant à eux, se frottent les mains et se réjouissent de la facilité à trouver des véhicules pour leurs déplacements.

C’est ainsi qu’une frange d’usagers de la route n’hésite plus à faire de la proximité de l’échangeur sur le second pont, leur point d’attente des véhicules, au lieu de se rendre à un endroit situé à quelques mètres de là, même s’ils reconnaissent l’embouteillage et le désordre créés sur la chaussée, du fait de cet incivisme. De son côté, la Communauté urbaine de Douala (Cud), semble dépassée par les événements. La preuve, les responsables de la police municipale n’ont pas souhaité s’exprimer sur la question.

On se souvient qu’à la suite du déguerpissement des commerçants à la « Cité chinoise » à Akwa (ils y sont revenus, Ndlr) il y a trois mois, le délégué du gouvernement auprès de la Cud, Fritz Ntonè Ntonè, a annoncé que la prochaine étape de l’opération de lutte contre le désordre urbain sera le « Rond-point Deido ».

Il ne s’y est pas encore rendu. Bien avant, les multiples actions menées par le préfet du Wouri d’alors, Naseri Paul Bea, accompagné du même délégué et autres autorités publiques ; n’ont pas prospéré après le déguerpissement des occupants qui ne trouvaient pas de gêne à revenir s’installer sur la voie publique.