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Infos Business of Monday, 7 June 2021

Source: Le Zénith n°360

Dette publique camerounaise : la vérité des chiffres

A il 31 décembre 2020, l’encours de la dette publique du Cameroun s’élevait à 10 334 milliards de Fcfa, soit 6 736 milliards de dette extérieure (71,78%) et 2 647 milliards de dette intérieure (28,21%).

G ‘est du moins ce que révèle la Caisse autonome d’amortissement (Caa), dans une note de conjoncture intitulée « Portefeuille de la dette publique du Cameroun au 3’1 décembre 2020 et viabilité a l’horizon 2030 ». En effet, en hausse de 5,3% par rapport à 2019, soit 578 milliards de Fcfa, la dette extérieure est détenue par les créanciers bilatéraux à hauteur de 3 069 milliards de Fcfa, soit 45,56% et d’une dette multilatérale de 2 754 milliards de Fcfa, soit 40,88%, en hausse de 17,3% par rapport à 2019 et d’une dette commerciale évaluée à 913 milliards (-6,07%). Les principaux partenaires financiers dans ce cadre sont le groupe de la Banque mondiale en haut de la liste avec 1 029,2 milliards via ses guichets de l’Association internationale de développement (Ida) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird).

Viennent ensuite le groupe de la Banque africaine de développement avec 825,7 milliards décaissés via ses guichets Banque africaine de développement (Bad) et le Fonds africain de développement (Fad), puis le Fonds monétaire international (Fini) avec 545,5 milliards et la Banque islamique de développement (Bid) qui a octroyé 206,9 milliards de Fcfa.

Une courbe ascendante malgré Sur la période 2020, 14 pays ont soutenu financièrement la politique de développement du Cameroun. La Chine est restée le plus grand donateur du pays avec 61,75% de la dette bilatérale contractée par le Cameroun en 2020. La dette du Cameroun envers ce pays est estimée à 1 895,4 milliards, principalement adressée à Eximbank de Chine qui en détient 1 892,3 milliards.



Elle est suivie de la France avec 874,7 milliards, la Turquie avec 91,1 milliards, le Japon avec 50 milliards, l’Inde avec 45,8 milliards, la Corée du Sud avec 33,9 milliards et la Norvège, 0,6 milliard de Fcfa. Il est à préciser qu’à fin 2020, le Cameroun est endetté a près de 37 partenaires étrangers, les plus grands étant la Banque mondiale et la Chine. Mais malgré cela, l’encours de la dette publique camerounaise reste sur une courbe ascendante avec une augmentation de 5,6% par rapport à fin 2019. Mais la question qui se pose est celle de savoir qui va payer la dette publique ?

En effet, le coût réel-de l’endettement pour l’Etat n’est donc paé l’amortissement de son capital emprunté, mais le montant des intérêts qu’il doit payer annuellement a ses créanciers. Et la question à se poser : ce coût sera-t-il supportable à long terme pour la collectivité et, sinon, peut-on s’en débarrasser et comment ? Au cas où le coût de la dette publique pourrait être très insupportable- personne n’aurait vraiment a le payer.


A la vérité, personne ne peut dire à l’heure actuelle ce que sera l’accumulation des dettes publiques,.ni à partir de quel seuil (12.0%, 150% 200% du Pib ?). Une chose est certaine, elles susciteront une défiance telle que même la perspective d’un acheteur en dernier ressort ne rassurerait plus.

Quatre solutions envisageables
La première consiste en une répudiation d’une partie de ces dettes publiques, une option que Tirole semble n’évoquer que pour mieux la balayer : l’opération est jugée « délicate » parce qu’elle ternirait durablement la réputation des Etals qui s’y résoudraient. Ils ne pourraient pas réemprunter de sitôt et se verraient donc contraints d’équilibrer immédiatement leur budget, ce qui ne ferait qu’ajouter un choc de demande négatif au moment où l’économie n’en a pas vraiment besoin. La seconde solution implique de lever des impôts et de réduire les dépenses pour ralentir le besoin nouveau d’endettement.

D’après Bruno Le Maire qui se contente de l’austérité « sur le.long terme » : « Sur le long terme, il est nécessaire de disposer de finances publiques saines et de réduire la dette ». La troisième se veut une mutualisation d’une partie des dettes publiques au sein de la zone,euro : les fameux « corona bonds », rejetés par les pays du Nord quelques jours après la publication de l’article de Tirole. L’idée n’était pourtant pas mauvaise dans le cas de figure où la montée des taux d’intérêts concernerait un nombre limité d’Etats, lesquels auraient pu profiter du degré de confiance plus élevé dont bénéficie la moyenne des dettes souveraines.



Elle ne serait vraiment d’aucun secours si la défiance envers les dettes publiques se généralisait. La quatrième dont suggère Tirole qu’elle est sa préférence ? La monétisation des dettes (et pas seulement celles des Etats), c’est-à-dire leur rachat par les banques centrales. Tirole souligne que la question de remboursement ne se poserait plus : « Il n’y a pas d’échéance formelle pour le remboursement par les Etats ; un rachat supposé temporaire peut de facto devenir permanent ». C’est dire par exemple qu’une dette auprès de la Bce devenue permanente, comme une ligne de crédit renouvelée ad vilain ae-ternam, serait un souci de moins pour les Etals. Entre temps, certains proposent que la Banque centrale européenne (Bce) annule les dettes publiques acquises dans le cadre de ses opérations d’assouplissement quantitatif.