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Business News of Saturday, 11 January 2020

Source: cameroon-info.net

Chassé du Port de Douala, Bolloré se rabat sur le Port de Kribi

Le logisticien français lance une opération de séduction auprès des compagnies maritimes pour desservir le Cameroun, le Tchad et la Centrafrique.
Après une fin tumultueuse de 15 ans de gestion du terminal à conteneurs du port de Douala, Bolloré poursuit son offensive au port de Kribi. Le logisticien français présent aussi sur cette plateforme portuaire depuis des années, invite désormais sa clientèle à y desservir. Bolloré Logistics « vous propose un plan de transport alternatif, vers le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine via le port de Kribi », peut-on lire dans une note publiée par le logisticien en guise d’opération de séduction.

Une opération de communication et de marketing à peine voilée qui s’apparente en réalité à un défi lancé à la Régie du terminal à conteneurs (RTC) de Douala dont la « transition est susceptible d’affecter la fluidité des opérations », écrit Bolloré Logistics. Pourtant, « on a annoncé que ça ne sera pas possible. Je peux vous certifier que les choses se passent bien », avait annoncé le 1er janvier dernier, Cyrus Ngo’o, directeur général du Port autonome de Douala (PAD), aux usagers lors du lancement des activités de la RTC. Selon le PAD, la RTC a manutentionné en une semaine 1000 conteneurs.

Une performance qui égale ce qui se faisait déjà par Douala international terminal (DIT) du groupe Bolloré, confie-t-on au PAD. L’offensive du logisticien français n’est donc pas anodine au moment où il perd provisoirement le contrôle du port de Douala, le plus important du pays (plus de 80% des importations et exportations) et d’Afrique centrale. La bataille sera rude et seule la qualité de services prévaudra dans cette concurrence ouverte entre Bolloré et RTC.

Exclu pour offre insuffisante, le groupe français a contesté et obtenu en décembre dernier l’annulation par le tribunal administratif de Douala, de la concession du terminal du PAD attribuée trois mois auparavant à l’entreprise italo-suisse Terminal investment limited (TIL) pour 357 milliards de FCFA contre 62 milliards FCFA en 15 ans. Conforté par la justice, Bolloré a tenté en vain de s’y maintenir en obtenant l’annulation par ce même tribunal de la création de la RTC, considérée pourtant comme une prérogative du PAD. Mais le groupe français a été forcé de débarquer du PAD par l’autorité portuaire qui a introduit à son tour un pourvoi en annulation de cette décision. La bataille judiciaire se poursuit entre les deux institutions.