Vous-êtes ici: AccueilBusiness2019 01 31Article 455111

Business News of Thursday, 31 January 2019

Source: Repères n° 709

Camwater: le plan d’approvisionnement bute sur Yato et Akomnyada

La Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) s’apprête à organiser une campagne de branchements.

L’on avance le chiffre de « 60 000 branchements à effectuer sur l’ensemble du territoire national dès le mois de février 2019 ». Cette campagne concerne également les 16 000 abonnés laissés par la Camerounaise des eaux (CDE) et met un accent sur les zones péri-urbaines « qui ont souvent été délaissées par le passé ».

Ces travaux financés à hauteur de 2 milliards de FCFA vont permettre de booster la mise à disposition de l’eau potable par l’opération publique en charge.
Seulement, l’action de la Camwater en faveur notamment des populations de Yaoundé et Douala pourrait connaître quelques couacs quand on sait que l’entreprise compte sur les stations de traitement de Yato 2, située à 11 km de Douala sur la route de Tiko, et d’Akomnyada dans le département du Nyonget-So’o.

LIRE AUSSI: Camwater: 134.413.946.479 FCFA budget de pour 2019

En effet, ce ne sont pas tant les capacités de production de ces ouvrages qui posent problème mais plutôt leurs équipements qui dénotent de « malfaçons ».Pour ce qui est de Yato 2, ce fruit de la coopération sino-camerounaise construit en deux phases (2010, pour une capacité de production d’eau de 50 000 m3/jour, puis, en 2014, pour un ajout de 100 000 m3/jour pour une production cumulée à ce jour de 150 000 m3 d’eau) est considéré la plus grande unité de production d’eau potable de la ville de Douala.

Alors qu’en août 2018, l’on en parlait comme d’« un ouvrage utilisant une technique de pointe », la Camwater doit aujourd’hui déchanter. « Nous avons l’impression que les équipements pour exécuter ce projet ont été acquis sur le marché local », souffle une source en service sur place.

Qui fait savoir qu’« à ce jour, nous sommes obligés de refroidir les moteurs avec des ventilateurs utilisés dans les domiciles ». Il y a donc « péril en la demeure » en ce qui concerne ce projet qui a englouti près de 120 milliards de FCFA. D’où les craintes de la Camwater quant à la bonne conduite de son plan d’approvisionnement en eau potable de la ville de Douala à partir de cet ouvrage qui capte l’eau du fleuve Moungo.

Au départ, il était question que cette station permette l’approvisionnement des villes telles que Mbanga, Mandjo et Loum dans le département du Moungo.
« Ces malfaçons font que ces localités, privées de l’eau de Camwater depuis dix ans, ne viennent que d’être connectées à ce réseau », souffle une source interne.

La situation n’est pas non plus reluisante à Akomnyada qui devrait fournir 75% de l’eau potable consommée dans la ville de Yaoundé en en produisant 100 000 m3/jour par captation de l’eau du fleuve Nyong.

Une quantité déjà insuffisante au regard des 300 000 m3 dont ont besoin les habitants de la capitale du Cameroun au quotidien. Lors d’une descente du conseil d’administration de Camwater le 22 janvier 2016, le directeur régional adjoint d’alors expliquait que « ce projet [construit en 1985 par l’entreprise Geofor, ndlr] est une grande innovation […] et la plus grosse usine en ce qui concerne les Aquadaf Ucd construit à ce jour par Degrémont dans le monde ».

Plus de 30 après, c’est toujours à Geofor qu’ont été confiés les travaux de réalisation d’extension de cette station de captage et de traitement d’eau dont la maîtrise d’œuvre est assurée par Safege.

La mission conduite à l’époque par le PCA, Jérôme Obi Eta va constater les travaux qui devaient commencer le 10 mars 2014 pour s’achever le 9 novembre 2014 accusent 14 mois de retard dans le processus.

LIRE AUSSI: Garoua: les populations meurent de soif

Un retard qui impacte toujours l’approvisionnement en eau potable de la ville de Yaoundé et partant, la campagne de branchements de Camwater. Qui voudrait parachever le rétablissement de bonnes relations entre sa clientèle et elle par la pose de 70 000 compteurs en cours d’acheminement d’ici mars 2019.