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Business News of Tuesday, 15 September 2020

Source: Actu Cameroun

Cameroun : péril sur la filière oléagineuse

Cette branche d’activités connait une situation de déficit structurel aggravé de sa matière première qu’est l’huile de palme brute. Ce qui a contraint les transformateurs à réduire leur capacité à moins de 50 % et le régulateur à faire recours aux importations de l’ordre de 70 000 tonnes pour couvrir une partie du gap estimé à 160 000 tonnes.Le constat est clair. « La filière oléagineuse fait face à un déficit structurel de la matière première essentielle qu’est l’huile de palme de l’ordre de 160 000 tonnes […] la production nationale de l’huile de palme brute continue d’être structurellement déficitaire ».

Selon les statistiques données la semaine dernière par l’Association des Raffineurs des Oléagineux du Cameroun (Asroc), la production nationale de l’huile de palme brute est de 360 000 tonnes par an. Mais les grands producteurs prévoient cette année une production de 178 910 tonnes soit 130 222 tonnes pour Socapalm, Safacam 16 208 tonnes, 15 660 tonnes pour CDC et 7 820 tonnes pour Pa-mol. « La situation à la CDC et à la Pamol étant encore précaire du fait de la crise sécuritaire dans la zone anglophone, a amené ces unités de production à fonctionner autour de 20 % de leurs capacités réelles», fait savoir le président du Comité de régulation de la filière des oléagineux, Dr Emmanuel Paul Nkoulou Ada.

La faible production freine les industries de transformation Et pourtant, la demande industrielle d’huile de palme brute est estimée à 1179 252 tonnes par an. Ce qui voudrait dire que le secteur de la transformation connait un déficit de plus de 800 000 tonnes par an contre 160 000 tonnes au niveau de la production. Mais, compte tenu de la faible production ou encore de la faible offre de leurs matières premières, les capacités actuelles des transformateurs sont estimées à 420 000 tonnes.

« Le déficit de 160 000 tonnes régulièrement évoqué, qui risque de s’accroître si rien n ‘est fait en urgence au regard du relèvement de la capacité de transformation des unités existantes et l’entrée en scène de nouvelles. […] aucune industrie de la 2e transformation ne travaille à plus de 50 %. En plus cette production nationale doit également être orientée vers les ménages. La conséquence est la nécessaire importation qui se veut conjoncturelle du déficit évoqué…», explique Jacquis Kemleu Tchabgou, SG de l’Asroc.

Outre la faible production, la pandémie du coronavirus a également impacté négative l’industrie de 2e transformation. Celle-ci ont connu des méventes et donc des surstocks des produits finis du fait de la fermeture des frontières.  La conséquence immédiate est qu’il y a baisse de leurs chiffres d’affaires avoisinant parfois 30 à 40 %. Malheureusement au même moment, les charges sont restés inchangées ou ont grimpé tout simplement », souligne Dr Emmanuel Paul Nkoulou Ada.

Importations obliges de 70 000 tonnes Ainsi, pour éviter l’inflation et la pénurie des produits finis tels que l’huile de palme raffinée et le savon de ménage, les industriels de la 2e transformation ont sot-licité des importations de 90 000 tonnes d’huile de palme contre 100 000 tonnes les années précédentes. Mais le gouvernement les a autorisés à en importer 70 000 tonnes cette année. « Le déficit structurel qui tient compte des prévisions de production des industries de la transformation et des prévisions des industries de 2s transformation, justifie les importations en cours de réalisation », apprend-on auprès de l’Asroc.

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