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Business News of Tuesday, 9 June 2020

Source: L'Anecdote N°1108

Camair-Co : scandales d’un crash inévitable


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Outre les déficits managériaux enregistrés, la compagnie aérienne nationale a connu des zones de turbulences ayant accrochées du plomb sur les ailes de l’entreprise laissant prévaloir en son sein la quête d’intérêts égoïstes.
Loin d’être un projet immature ou mort né comme le laisse entendre de nombreux spécialiste du secteur de l’aéronautique civile, la cessation d’activités de la Cameroun Airlines Corporation (Camair-co) est en réalité la conséquence d’un amateurisme managérial, noyé dans des scandales à répétition qui ont contribué à ternir l’image de cette entreprise autre fois fierté de tout un peuple. Cet étendard du Cameroun, restera certainement dans la mémoire collective comme le symbole d’une insondable gabegie.

Plusieurs tableaux sombres projetés par la compagnie aérienne nationale le démontrent à suffire. Après la fermeture de la défunte Cameroun Air Line (Camair) en 2008, le président de la République Paul Biya, pour une question d’honneur, s’engage à la mise sur pied d’une nouvelle compagnie aérienne nationale compétitive.

Mais seulement, en 2012 année de son lancement, malgré les perfusions financières de plus 60 milliards Fcfa déboursés par l’Etat sous forme de subventions, Camair-co, à la fin de cet exercice budgétaire, ploie sous une dette de plus de 24 milliards Fcfa. Les efforts du gouvernement camerounais à faire décoller cette entreprise s’avèrent vains au fil du temps.

Après les passages non moins élogieux de Gilbert Mitonneau (2008-2009), Alex Van Elk (2009-2013), Boertien Mat-thijs Johannes (2013-2013), Frédéric Mbotto Edimo (2013-2014), Jean Paul Nana Sandjo qui arrive en 2014 à la tête de la compagnie, ne parvient pas apporter les améliorations structurelles tant espérées.

La compagnie aérienne nationale, l’étoile du Cameroun, se retrouve alors au cœur d’une gestion questionnable et d’une incompétence managériale à nulle autre pareille. Elle enregistre un déficit de 1,5 milliard Fcfa par mois. Après seulement six mois en fonction, Nana Sandjo, a procédé à des recrutements massifs de personnels aux profils inadéquats et inessentiels à la rentabilité de l’entreprise.

Ce sureffectif improductif fait incidemment tripler la masse salariale avec une incidence directe sur la trésorerie de cette compagnie aérienne qui dépense moins qu’elle ne produit et qui croule sous un endettement galopant. Loin d’avoir une flotte conséquente, le top management de Camair-co décide de la création des escales et y affecte du personnel, pourtant, aucun des ses avions n’y atterrissent.

Nana Sandjo justifié alors cette hérésie managériale avant son départ en 2016, par un désir d’anticipation en prévision du renforcement de la flotte, il reconnaîtra plus tard dans une interview que : « Nous avons 700 employés et trois avions. Les ratios ne sont pas bons ; ils sont supérieurs à la moyenne (…) Nous devons ramener le ratio flotte-employés à moins de 150».

Habituée des scandales, en cette même année 2016, les comptes bancaires de la compagnie aérienne sont saisis par la justice française, afin de faciliter le recouvrement d’une dette de 600 millions de francs Cfa en faveur de la société West Engine Acquisition LLC. Les sommes réclamées par West Engine Acquisition LLC représentent les frais de location à Camair Co, d’un moteur Pratt and Witney. Un moteur monté sur le Boeing 767 de la compagnie baptisé le Dja, affrété par la compagnie pour desservir les lignes extérieures, notamment la France.

La saignée se poursuivant, des avions sont cloués au sol en Suisse et en Ethiopie pour des pannes non résolues ou pour ardoises non soldées. Après plusieurs plans de restructuration, de nombreux milliards de francs Cfa en fumées sans oublier de nouveaux visages à la tête de l’entreprise, elle reste au sol et sous un ciel ténébreux. A ce jour, des six appareils que compte sa flotte, aucun n’est habilité à voler.

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