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Business News of Wednesday, 6 November 2019

Source: Ecomatin.net

Cacao-café : des milliards en fumée

La relance de la filière sur la période 2012-2020 est un cuisant échec, a admis le gouvernement en conseil de cabinet la semaine dernière.

Sur la période 2012-2020, l’ambition du Cameroun était de passer d’une production cacaoyère de 2010.000 tonnes à 600.000. Pour ce qui est du café, l’objectif poursuivi par les pouvoirs publics était de passer d’une production d’à peine 16000 tonnes à 160.000 sur la même période. Mais à l’orée de 2020, le gouvernement vient d’avouer son échec. En conseil de cabinet jeudi dernier à Yaoundé, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), Gabriel Mbaïrobé, a lancé timidement : « l’objectif de 600 mille tonnes de cacao fixé pour 2020 est loin d’être atteint ». Un euphémisme pour ne pas dire que le pays a pratiquement marqué le pas sur place. Au terme de la campagne cacaoyère 2017-2018, la production nationale commercialisée a plafonné, selon les données de l’Office national du Cacao et du Café (ONCC) à 253.510 tonnes, contre 25.315 tonnes de café, certes en hausse de 20% par rapport à la campagne 2016-2017. Le gouvernement présente désormais un plan de multiplication de semences, censé permettre « de disposer au moins de 30 millions de plants par an pour pouvoir augmenter la densité de plants par hectares et aussi régénérer les plantations », assure le Minader.

Le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, prescrit un nouveau plan de relance, axé sur la budgétisation plurielle des ressources à la production du cacao et du café, l’acquisition du matériel végétal, et la formation des producteurs aux bonnes pratiques agricoles. Du réchauffé, en somme. En effet, l’un des outils phares sur lequel était fondé l’espoir d’un relèvement substantielle de la production cacaoyère et caféière au Cameroun était le programme New Generation, créé en 2012 et piloté par le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (Cicc). Celui-ci visait notamment : le rajeunissement de la force de production, la professionnalisation des jeunes producteurs, la réduction du chômage des jeunes à travers la création d’emplois en milieu rural, l’amélioration de la qualité et de la productivité et l’accroissement de la production globale. En 2016, le Cicc révélait que le programme avait permis de créer, en quatre ans d’implémentation, de nouvelles plantations pour une superficie globale de 2 651 hectares.

Fonds de pérennisation

Par rapport à la saison 2011-2012, où le Cameroun avait produit 228.941 tonnes de cacao, la hausse de la production est de moins de 30.000 tonnes au cours des six dernières années. Or, plus de la moitié des espaces créés par New Generation était entrée en production au cours de la campagne 2014-2015. Une lente progression en somme. Officiellement, le Cameroun consacre plus de 15 milliards Fcfa annuellement pour le développement des filières cacao et café. Pas moins de 1,4 milliard Fcfa est alloué par le Fonds de développement y consacré, le Fodecc, pour la vulgarisation des variétés de cacao résistantes à la pourriture brune. 5,6 milliards Fcfa sont débloqués pour la multiplication et la diffusion du matériel végétal contre 3,5 milliards Fcfa pour le Projet d’appui à la lutte antifongique, 2,5 milliards Fcfa pour l’appui à l’utilisation des engrais, 2 milliards Fcfa à deux autres programmes liés à l’assainissement de la commercialisation interne, et enfin 300 millions Fcfa pour Fonds de pérennisation des filières cacao et café.

Des dizaines de milliards Fcfa ont donc été investis pour la relance de la production de ces deux matières premières qui figurent dans le top 5 des produits d’exportation du Cameroun, pour très peu de résultats à terme.