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Business News of Wednesday, 30 January 2019

Source: Repères n° 705

Adamaoua: les projets industriels peinent à décoller

L’Etat a investi 5,9 milliards FCFA pour la construction de l’abattoir industriel moderne à Ngaoundéré.

Initialement, l’industrie d’abattage de bétails est prévue pour 250 têtes de bœufs par jour pour approvisionner les principales villes camerounaises et les pays environnants. 8 mois après son ouverture, l’entreprise dont l’Etat a rétrocédé la gestion à la Société de développement et d’exploitation des productions animales (Sodepa) est asphyxiée par la situation sécuritaire qui sévit dans ce bassin d’activité pastorale.

Le phénomène de prise d’otage avec demande de rançon a considérablement contribué à la dégradation du secteur, jadis porteur de croissance économique. Les rapts dans la Région de l’Adamaoua ont généré de 2015 à 2018 une perte d’environ 2, 1 milliards de FCFA et l’abandon des activités agropastorales par les populations.

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A ces jours, l’industrie abat à peine 40 têtes par jour.

Inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique décidée par le chef de l’Etat, Paul Biya, l’abattoir industriel de Ngaoundéré n’assure pas l’objectif initialement fixé par l’Etat.

Puisque l’économie de la région est constante voire en régression.
L’échec du complexe laitier de Ngaoundéré a précédé celui de l’abattoir industriel. Créé en 1993 par le gouvernement camerounais en vue de contribuer à la diminution des importations des produits laitiers et lutter contre la pauvreté en milieu rural.

L’usine de transformation des produits laitiers avait une capacité de traitement de 10 000 litres de lait par jour associée à la production fourragère. A l’arrêt depuis 2000, l’usine était créée dans le but de réduire l’importation du lait. Selon le ministre de l’Elevage des Pêches et des Industries animales, Dr Taiga, l’importation de lait engloutie environ 20 milliards de FCFA chaque année.

La faillite du complexe découle de la mauvaise gestion. Malgré les appels d’offre lancés par le gouvernement et certaines tentatives de relance, le complexe demeure fermé jusqu'à ce jour. Outre ce projet, les mini-laiteries de Ngaoundéré et de Meiganga, une réalisation du Programme d'amélioration de la productivité agricole appui au développement de la filière laitière
(PAPA/ADFL) de l’Union européenne, peinent à satisfaire la consommation locale.

La Région de l’Adamaoua a du mal à mettre sa potentialité économique au service de la République. Constituant l’une des grandes zones d’élevage en Afrique centrale, la Région dispose de la matière première pour l’implantation de l’usine de transformation du lait et l’abattoir industriel.

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Pour preuve, 38% de la viande bovine consommée sur le territoire camerounais provient des bœufs élevés dans la Région de l’Adamaoua et elle possède un cheptel bovin estimé à plus de 2 millions de têtes.

En plus, la Région se trouve au carrefour de la partie septentrionale et Méridionale du Cameroun.