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Africa News of Friday, 25 June 2021

Source: www.camerounweb.com

Libéria : bientôt un tribunal pour les crimes de guerre

Le président Weah s'était déjà montré réticent à la création de ce tribunal spécial Le président Weah s'était déjà montré réticent à la création de ce tribunal spécial

• Le Libéria a connu d'atroces guerres civiles.

• Des organisations de la société civile déposent un texte de loi pour l'institution d'un tribunal pénal.

• Ce tribunal, si le texte est voté par le parlement, devra juger crimes commis depuis 1979 et surtout pendant les guerres civiles de 1989 à 2003.


Ce jeudi 24 juin, une quinzaine d'organisations influentes de la société civile du Liberia ont déposé au Parlement un texte de loi pour l'établissement d'un tribunal jugeant les crimes commis pendant plus de 20 ans de guerres civiles et de troubles. Le texte "prêt à l'emploi" selon elles.

Une question ramenée sur le tapis

Cette initiative est la conséquence d'un débat resté en suspens. le débat sur l'instauration d'une telle cour revient à la une parce que le Liberia, sous la présidence d'Ellen Johnson Sirleaf et maintenant sous celle de George Weah depuis 2018, n'a toujours pas suivi les recommandations formulées en 2009 par une commission spéciale, 18 ans après la fin de la guerre civile qui avait secoué le pays. Parmi ces recommandations trônait en chef la comparution devant un tribunal d'un certain nombre de chefs de guerre et des criminels présumés les plus notoires.

Très récemment, un tribunal suisse avait condamné à 20 ans de prison un ex-commandant rebelle reconnu coupable de multiples atrocités pendant la guerre civile du Liberia. Il est le premier Libérien a être condamné pour des crimes de guerre perpétrés dans son pays. Malgré les pressions de la société civile, le Liberia n'a encore tenu aucun procès sur cette période marquée par une toute une foule d'exactions imputables à toutes les parties: massacres de civils, tortures, viols, enrôlement d'enfants soldats. Les guerres civiles ont mis à genoux le pays, l'un des plus pauvres du monde, qui sera assommé une dizaine d'années plus tard par l'épidémie d'Ebola. Un certain nombre de personnalités directement impliquées occupent toujours des positions éminentes en politique et dans l'économie

Est-ce que cela passera?

Le président Weah s'était déjà montré réticent à la création de ce tribunal spécial. Toutefois, il avait demandé au Sénat libérien de se réunir à ce propos. Dans sa lettre réponse du Sénat, rendue publique, l'institution met en garde M. Weah contre le risque de "rouvrir de vieilles blessures" et recommande au président d'établir plutôt une commission de justice "transitoire" qui analyserait "les questions de crédibilité/légitimité entourant le rapport final de la Commission" Vérité et réconciliation.

Conformément à l'une des recommandations de cette commission, M. Weah "devrait présenter des excuses officielles au nom de l'Etat aux milliers de victimes et au peuple libérien en général pour le rôle qu'il (l'Etat) a joué dans ce long conflit", selon le Sénat.

Cette relance de la société civile devrait permettre d'inaugurer des avancées notables sur l'affaire.