Vous-êtes ici: AccueilSport2020 07 15Article 527398

Sports News of Wednesday, 15 July 2020

Source: www.camerounweb.com

violences sexuelles: voici les témoignages des filles contre le président de la fédération de karaté


Pandémie Coronavirus au Cameroun : Lisez toute l’actualité ici →

Si les témoignages des filles qui nous sont parvenus sont vrais, l'on peut dire que Emmanuel Wakam est dans de sales draps. Il aurait pu nier l'accusation d'une seule femme. Mais quand il s'agit de 5 en même temps, il y a de quoi l'envoyer pendant un long moment derrière les barreaux.

Ci-dessous, les témoignages de ses victimes


A.- OGANDOA SIOMA Stella
« Au lendemain de la ligue professionnelle de Karaté tenue au Maroc en 2016, le Président de la Fédération Camerounaise de Karaté Maître Emmanuel Wakam m’a appelé, au téléphone, au retour de la délégation du Cameroun. Il m’a invité à le retrouver à l’hôtel des députés où il logeait. Il a précisé que je devais venir directement à la chambre 10 qu’il occupait. Ce qui m’a beaucoup étonné car il pouvait bien me recevoir au restaurant à la salle de réception ou au hall de l’hôtel.
Qu’à cela ne tienne, Je m’y suis rendu. Quand j’ai frappé à la porte de sa chambre, il m’a demandé d’entrer. Il n’était vêtu que d’un caleçon. Je me suis assise sur une chaise mais il m’a demandé de m’asseoir plutôt à côté de lui. J’étais très gênée. Il s’est mis à me faire des promesses notamment de faire de moi une grande championne et surtout de m’amener au championnat du
monde de karaté.
J’ai dû inventer une histoire pour m’en aller. J’ai dit que j’avais rendez-vous avec ma grande sœur. Il m’a remis une somme de 10000 Francs en me demandant de l’appeler pour un nouveau rendez-vous quand j’aurai fini avec ma grande sœur.
Constatant que je n’avais répondu à ses attentes, les représailles ont commencé. Par exemple en 2017 je suis championne d’Afrique. J’obtiens une bourse d’études pour la France. Ladite bourse finira par disparaître. En sus de cela le président de la Fédération écrira à la veille d’une
compétition de la SKI qui devait se tenir en Allemagne au Secrétaire d’Etat à la Défense pour demander ma révocation de la gendarmerie au motif que j’ai décidé de quitter le territoire national sans autorisation pour me réfugier en Allemagne.
La médaille de chevalier de l’ordre de la valeur que je devais recevoir après mon titre de championne d’Afrique je ne l’ai pas obtenu. Mon nom aurait été oublié par le ministère des sports. Je crois que c’est entre autres des représailles dues à mon refus de me plier aux avances du
président ». Ces propos traduisent une situation d’outrage privée à la pudeur et de harcèlement sexuel.


B.- NGO HIOL Ornella
« Tout a commencé pendant le stage préparatoire de la ligue professionnelle qui devait se tenir au Maroc en 2016. Nous étions, pour la circonstance, logés à l’hôtel le FIBI au quartier Essomba à Yaoundé. 4 Jours avant le voyage je me suis blessée au genou gauche. Après quelques séances de
massages effectuées par le Kinésithérapeute de l’équipe, le président de la Fédération de Karaté s’est substitué au Kiné de l’équipe nationale pour le massage de ma jambe endolorie.
Arrivé au Maroc, le président de la fédération m’a invité dans sa chambre. Il a fermé la porte à clef. Après m’avoir demandé des nouvelles de ma jambe, il a changé de sujet. Il m’a dit que j’étais sa fiancée. Qu’il m’appelle souvent sa fiancée et qu’il était temps que l’on consomme le mariage.
Il a sorti une grosse somme d’argent ; m’a proposé de l’argent pour coucher avec lui. Je lui ai dit que je le considérais comme un père et qu’il était inadmissible pour moi d’entretenir des rapports sexuels avec lui. Il m’a tenu violemment par la culotte et a entrepris de me déshabiller par force. Je me suis débattue en faisant beaucoup de bruits. Ce qui a alerté Christian Ndougsa son voisin de chambre. Celui-ci est arrivé et à frapper à la porte. Pendant que le président ouvrait la porte, j’en ai profité pour m’échapper.
A cause de mon refus d’entretenir des rapports sexuels avec le président de la fédération, celui-ci a promis de bannir de son équipe toute la famille Hiol. C’est ce qui justifie qu’après quelques apparitions sporadiques à l’équipe nationale du à une pression venue du Ministère des sports, depuis 2018 moi et ma sœur sommes écartées de l’équipe nationale de Karaté ».


C- NDOUGSA Christian : « En 2016 on avait karaté one à Rabat au Maroc, le dernier jour de la compétition j’étais dans ma chambre qui jouxtait celle du président de la fédération, j’ai entendu des bruits dans la chambre du président. Je suis allé frapper à la porte de la chambre du président. Il a ouvert, j’ai vu ma petite sœur Ngo Hiol qui était toute transpirante de sueur. A peine j’étais entré dans la chambre, elle est sortie en trombe. Par la suite elle m’a fait savoir que j’étais venu la sauver des griffes du président de la fédération qui voulait l’obliger à avoir des rapports sexuels avec lui. Elle m’a dit que si je n’étais pas venu à temps elle ne sait pas ce qui allait se passer dans cette chambre. Voilà ce que j’ai vécu à Rabat ». L’on peut déduire de ces propos une situation de harcèlement sexuel doublée d’une tentative de viol.


D- NGA MANGA
« Mon Coach, l’entraineur national junior, ESSE Jean Francis Ledoux m’a toujours fait des avances en me proposant d’avoir une relation intime avec lui. Lors du stage pour les jeux de la jeunesse, il m’a fait appel dans sa chambre et a commencé à m’apprécier soit disant que j’étais
différente des autres. C’est pourquoi il souhaitait que je devienne sa petite amie. Il avait déjà fait la même proposition à Yvette.
Je savais déjà que je n’allais pas participer à cette compétition. A la troisième semaine du stage, il a promis de me faire voyager à la prochaine occasion si j’accédais à sa demande. Au retour de la compétition il a commencé à me harceler au téléphone avec messages et appels. Lors de la
préparation de la compétition suivante qui devait se tenir au Rwanda, il m’invitait régulièrement dans les snacks et bars après les entrainements. Un soir, il m’a fait venir dans sa chambre et il a fermé la porte. Il a essayé de m’embrasser en me disant que je lui plaisais beaucoup. J’ai parlé de
cette situation à Nkollo et à Simo des athlètes avec qui nous étions en stage.
Trois jours après notre arrivée au Rwanda, il a continué son manège faisant croire à tout le monde qu’il y avait une relation intime entre moi et lui. Il n’hésitait pas à dire que j’étais sa femme.
Au retour du Rwanda, il m’a fait savoir que c’était grâce à lui que j’avais voyagé, que c’était grâce à lui que j’avais obtenu la médaille d’or au Rwanda. Mais qu’en retour je n’accédais pas toujours à sa demande. Il a commencé à être distant. Pour la préparation du stage de la compétition qui
devait se tenir au Botswana sachant très bien que j’étais en plein examen scolaire, il m’a écarté de la liste définitive au motif que j’étais indiscipliné. C’était le début des représailles, résultante de
mon refus d’accéder à ses exigences ».

E. – DONKAP Annick Michèle

« Depuis 2012, un encadreur, Mbopda Jean (maître ‘Kabila) m’a approché en me disant que comme j’étais la seule fille originaire de l’Ouest à l’équipe nationale de karaté, il fallait qu’il me parraine pour que tout se passe bien pour moi. Il m’a expressément fait comprendre que si je devenais sa petite amie je ne devais pas avoir de problème à l’équipe nationale. Et que si je n’acceptais pas il suffisait d’un simple coup de fil pour que je sois écarté de l’équipe. Je ne me voyais pas avoir une relation de ce genre avec un homme plus âgé que mes parents. Au fil du temps, il revenait régulièrement à la charge. Il me donnait souvent de l’argent pour
m’amadouer. Plus j’étais réticente, on m’écartait aussi progressivement des listes de l’équipe nationale. Les séances entraînements auxquelles je participais étaient l’occasion de me crier dessus, de me chosifier et de me faire comprendre que je ne valais pas grande chose. Chaque fois qu’il venait à Yaoundé, Il m’invitait à leur hôtel à côté de Fokou au quartier Ekounou. Je tiens à préciser qu’ils étaient tous de connivence avec lui et les autres membres de l’équipe d’encadrement. Une fois il a fermé la porte de sa chambre, a retiré son pantalon et a commencé à se masturber devant moi en me suppliant de ne pas le laisser dans cet état d’excitation. Il a éjaculé. Je lui ai fait comprendre que je ne me voyais pas entretenir de rapport sexuel avec lui que je considérais comme un père. Pour cela j’ai été écarté définitivement de l’équipe nationale. Après un arrêt de la pratique du Karaté de deux ans en raison d’une maternité, j’ai repris de
l’activité.”

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter