Vous-êtes ici: AccueilSport2021 07 16Article 608485

BBC Afrique of Friday, 16 July 2021

Source: www.bbc.com

Émeutes pour Zuma en Afrique du Sud : pourquoi une mère de Durban a jeté son bébé à des inconnus

Le bâtiment dans lequel elles se trouvaient a été incendié par des pillards. Le bâtiment dans lequel elles se trouvaient a été incendié par des pillards.

Une mère qui a jeté son bébé à la foule depuis un immeuble enfumé de la ville côtière sud-africaine de Durban confie à la BBC sa gratitude envers ceux qui ont sauvé sa fille, qui aura deux ans le mois prochain.

"Tout ce que je pouvais faire, c'était de faire confiance à de parfaits inconnus", explique Naledi Manyoni. Elle ajoute qu'elles se portaient bien toutes les deux.

Le bâtiment dans lequel elles se trouvaient a été incendié par des pillards.

Les troubles sont nés de l'incarcération de l'ancien président Jacob Zuma.

L'homme de 79 ans est reconnu coupable d'outrage à la cour le mois dernier après avoir refusé de se présenter à une enquête sur la corruption durant sa présidence.

Il s'est rendu à la police mercredi dernier pour commencer à purger sa peine de 15 mois de prison, mais cela a déclenché de violentes protestations, des incendies criminels et des pillages opportunistes dans sa province natale du KwaZulu-Natal et s'est étendu à d'autres villes et villages.

Au moins 72 personnes sont mortes dans ce que le président Cyril Ramaphosa a décrit comme l'une des pires violences que l'Afrique du Sud ait connues depuis les années 1990, avant la fin du règne de la minorité blanche.

Le gouvernement a annoncé qu'il allait déployer quelque 25 000 soldats pour endiguer la violence.

Comment le bébé Melokuhle a-t-il été sauvé ?

Le caméraman de la BBC, Thuthuka Zondi, a filmé Mme Manyoni en train de lancer Melokuhle, alors qu'elles se trouvaient dans une rue du centre-ville de Durban, mardi après-midi, après que celle-ci ait été touchée par des pillards.

Les auteurs de l'attaque des magasins du rez-de-chaussée avaient déclenché un incendie dans l'immeuble où Mme Manyoni rendait visite à son compagnon.

Ils se trouvaient au 16e étage de l'immeuble lorsqu'ils ont remarqué que de la fumée s'élevait.

L'ascenseur ne fonctionnant pas à cause de l'incendie, Mme Manyoni a couru frénétiquement dans les escaliers avec son bébé.

Cependant, elle n'a pas pu se rendre au rez-de-chaussée car la zone était bloquée.

Elle dit avoir réussi à se faufiler jusqu'à un balcon au deuxième étage où elle a appelé les passants à l'aide.

"Tout ce que je pouvais penser était de m'assurer que mon bébé vivait", dit-elle.

Les pompiers sont arrivés sur les lieux environ 20 minutes après que des personnes dans la foule aient commencé à secourir d'autres résidents avec des échelles - c'est à ce moment-là que Mme Manyoni a retrouvé sa fille.

Elle raconte à la BBC qu'elles ont réussi à retourner à l'appartement vers minuit.

L'appel du roi zoulou

Les jours d'agitation ont provoqué des pénuries de pain et de carburant à Durban, où de longues files d'attente se sont formées devant les magasins et les stations-service.

Mardi, la plus grande raffinerie de pétrole d'Afrique du Sud a annoncé qu'elle suspendait ses activités, accusant les troubles civils dans le pays et la perturbation des voies d'approvisionnement dans et hors du KwaZulu-Natal.

Dans le même temps, le directeur exécutif de la plus grande organisation d'agriculteurs d'Afrique du Sud, AgriSA, souligne que les producteurs avaient du mal à acheminer leurs récoltes vers les marchés en raison de la "pagaille" logistique.

"Nous avons besoin du rétablissement de la loi et de l'ordre le plus rapidement possible, car nous allons avoir une crise humanitaire massive", renseigne Christo van der Rheede à l'agence de presse AFP.

Dans ses premiers commentaires publics sur les violences, le roi zoulou Misuzulu kaZwelithini a condamné les pillages, affirmant qu'ils donnaient une mauvaise image de la communauté, et que les destructions ne faisaient de mal qu'aux pauvres.

"Je n'ai jamais imaginé que le peuple de mon père serait impliqué dans l'incendie de son propre pays", affirme-t-il.

"Sachant que tout cela se passe en période de pandémie, et au plus fort de la variante la plus dangereuse du virus, la seule conclusion possible est que le peuple de mon père se suicide", souligne le roi Misuzulu, qui a été nommé plus tôt cette année à la suite du décès de ses parents.