Vous-êtes ici: AccueilSport2021 08 15Article 613672

BBC Afrique of Sunday, 15 August 2021

Source: www.bbc.com

Talibans en Afghanistan : les jeunes femmes de Kaboul appellent à l'aide

Le silence est jusque-là la seule réponse des Américains et de leurs alliés occidentaux à ces appels Le silence est jusque-là la seule réponse des Américains et de leurs alliés occidentaux à ces appels

Chaque nuit, de jeunes hommes et femmes terrifiés m'envoient des messages désespérés, me demandant de l'aide.

"Priez pour nous", dit l'un d'eux.

"La situation est critique, nous sommes très inquiets", dit un autre.

"Je voudrais vous demander de m'aider à sortir d'ici... J'ai produit des émissions qui défendent les droits des femmes, l'armée nationale afghane et les progrès de l'Afghanistan. Je ne sais pas si je vais rester en vie ou si je vais être tuée ici", m'a écrit une autre.

Kaboul, la capitale de l'Afghanistan, est en état de choc. Au cours de la semaine dernière, les talibans ont envahi le pays et se sont emparés de plus d'une douzaine de capitales provinciales. Après la chute de Kandahar et d'Herat, les insurgés ont désormais en ligne de mire la capitale.

Je fais des reportages en Afghanistan depuis plus de dix ans. Au fil des ans, j'ai passé du temps avec des journalistes, des femmes juges, des femmes parlementaires, des militantes des droits de l'homme et des étudiantes. Beaucoup d'entre elles sont devenues de bonnes amies.

Elles disent tous la même chose, estimant avoir pris des risques. Elles disent avoir été encouragées par les Américains et leurs alliés à prendre les risques en question. Pendant vingt ans, l'Occident a inspiré, financé et protégé cette nouvelle génération d'Afghans. Elles ont pleinement joui de libertés et d'opportunités.

Maintenant, elles me disent qu'elles se sentent complètement abandonnées par les nations démocratiques dont elles pensaient faire partie.

"Malheureusement, la situation n'est pas bonne... Des rumeurs circulent, selon lesquelles les talibans se promènent dans ma région à minuit. Nous sommes vraiment inquiets et effrayés par cette situation", m'a dit une femme.

Lors de mon dernier voyage à Kaboul, j'ai parlé à des combattants de première ligne et à des fantassins talibans. Ils m'ont dit qu'ils étaient déterminés à imposer de nouveau la charia, qui comprend la lapidation en cas d'adultère, l'amputation des mains en cas de vol et l'interdiction pour les filles d'aller à l'école au-delà de l'âge de 12 ans.

"En tant que jeune femme éduquée et militante sociale, j'ai vraiment peur de la situation qui empire chaque seconde. Ma famille et moi avons peur que les talibans nous prennent notre vie. Le problème est que toutes les personnes qui m'entourent savent que je suis étudiante", m'a écrit une femme.

"Nous avons enterré tous nos documents et autres indications pour cacher notre identité aux talibans. Il est évident que cette précaution ne nous aidera pas longtemps. Maintenant, moi et ma famille avons décidé d'aménager un espace souterrain pour nous abriter des balles et des missiles qui pourraient arriver... Cette mesure de sécurité pourrait nous permettre de rester en vie, au moins jusqu'à ce que les talibans commencent à fouiller les maisons une par une."

Ce n'est pas l'Afghanistan et Kaboul que connaissent ou souhaitent ces jeunes femmes. Alors que les talibans se préparent à envahir la capitale, il ne semble pas y avoir d'endroit où fuir ou se cacher.

"Des rumeurs circulent, selon lesquelles les talibans vont prendre le pouvoir et tuer toutes les personnes affiliées au gouvernement et aux États-Unis. Nous avons très peur", me dit l'une des femmes.

Le silence est jusque-là la seule réponse des Américains et de leurs alliés occidentaux à ces appels à l'aide.