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BBC Afrique of Thursday, 19 August 2021

Source: www.bbc.com

Talibans en Afghanistan : Biden défend le retrait 'désordonné' des États-Unis

Biden défend le retrait 'désordonné' des États-Unis Biden défend le retrait 'désordonné' des États-Unis

Le président Joe Biden affirme qu'il soutient "carrément" le retrait des États-Unis d'Afghanistan, alors qu'il fait face à des critiques virulentes sur la conquête éclair du pays déchiré par la guerre par les talibans.

"Combien de vies américaines supplémentaires cela vaut-il ?", a demandé le président démocrate.

Il indique que malgré le retrait "désordonné", "il n'y a jamais eu de bon moment pour retirer les forces américaines".

Dimanche, les talibans ont annoncé leur victoire après la fuite du président afghan Ashraf Ghani et l'effondrement de son gouvernement.

Le retour au pouvoir des militants met fin à près de 20 ans de présence de la coalition dirigée par les États-Unis dans le pays.

Kaboul a été la dernière grande ville d'Afghanistan à tomber sous le coup d'une offensive des talibans qui a débuté il y a plusieurs mois mais qui s'est accélérée ces derniers jours alors qu'ils prenaient le contrôle de territoires, choquant de nombreux observateurs.

Le discours de M. Biden fait suite à une journée dramatique à l'aéroport international de Kaboul, où des centaines de civils cherchant désespérément à fuir le pays ont forcé l'entrée lundi.

Beaucoup se sont pressés sur la piste, courant le long d'un avion de transport militaire qui se préparait à décoller.

Certains se sont accrochés aux côtés de l'avion, et au moins deux d'entre eux auraient péri en tombant de l'appareil après qu'il ait quitté le sol.

Les troupes américaines ont tué deux Afghans armés qui faisaient partie de la foule qui a franchi le périmètre de l'aéroport. Sept personnes seraient mortes au total.

Les États-Unis ont suspendu leur évacuation de Kaboul mais l'opération a repris.

Une photo remarquable prise dimanche semble montrer 640 Afghans entassés à bord d'un avion cargo militaire américain quittant Kaboul pour le Qatar.

L'image, non vérifiée par la BBC, a été obtenue par le site Web américain d'analyse de la défense, Defense One.

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Des civils paniqués se sont précipités sur la rampe de chargement, selon le site Web citant des responsables américains, mais l'équipage a décidé qu'il vaut mieux décoller plutôt que de forcer les Afghans à descendre. Le nombre de personnes à bord pourrait constituer un record pour ce type d'avion - un C-17 Globemaster.

Le président Joe Biden dit qu'il soutient "carrément" le retrait des États-Unis d'Afghanistan, alors qu'il fait face à des critiques virulentes sur la conquête éclair du pays déchiré par la guerre par les talibans.


Par ailleurs, les talibans ont annoncé ce qu'ils appellent une amnistie générale pour les fonctionnaires et les ont exhortés à reprendre le travail.

Selon une déclaration, les fonctionnaires doivent "poursuivre leurs fonctions sans aucune crainte".

La bonne décision

M. Biden est rentré lundi à la Maison Blanche après avoir participé à la retraite présidentielle de Camp David pour faire ses premières déclarations publiques sur l'Afghanistan depuis près d'une semaine.

"Les développements de la semaine dernière confirment que la décision de mettre fin à l'engagement militaire américain en Afghanistan était la bonne", déclare M. Biden.

"Les troupes américaines ne peuvent et ne doivent pas se battre et mourir dans une guerre que les forces afghanes ne sont pas prêtes à mener pour elles-mêmes."

M. Biden est confronté à une vive réaction politique face à l'agitation qui règne à Kaboul après sa décision, prise en avril, d'ordonner le retrait de toutes les troupes américaines d'Afghanistan avant le 11 septembre, date du 20e anniversaire des attaques terroristes qui ont déclenché l'invasion américaine.

Mitch McConnell, chef de la minorité républicaine du Sénat, écrit sur Twitter : "ce que nous voyons en Afghanistan est un désastre total. Le recul de l'administration Biden laissera une tache sur la réputation des États-Unis."

L'ancien président américain George W Bush, qui a autorisé l'intervention militaire en 2001, affirme qu'il "observe avec une profonde tristesse les événements tragiques qui se déroulent en Afghanistan".

"Les Afghans qui courent aujourd'hui le plus grand risque sont ceux-là mêmes qui ont été à l'avant-garde du progrès au sein de leur nation", indique M. Bush, soulignant que les États-Unis ont "l'autorité légale de réduire les formalités administratives pour les réfugiés lors de crises humanitaires urgentes".

Dans son discours, M. Biden estime que la mission des États-Unis en Afghanistan n'a jamais été censée avoir pour but de construire une nation.

Il rappelle que, lorsqu'il était vice-président, il s'était opposé au déploiement en 2009 de milliers de soldats supplémentaires dans le pays par l'ancien président Barack Obama.

M. Biden a également fait remarquer qu'il a hérité d'un accord négocié avec les talibans sous l'ancien président Donald Trump pour que les États-Unis se retirent d'Afghanistan d'ici mai de cette année.

Il a déclaré qu'il était désormais le quatrième président américain à présider la plus longue guerre de l'Amérique, et qu'il ne transmettrait pas cette responsabilité à un cinquième.

"Je ne tromperai pas le peuple américain en prétendant qu'un peu plus de temps en Afghanistan fera toute la différence".

M. Biden a fait campagne en tant qu'expert chevronné en politique étrangère et a déclaré après son entrée en fonction cette année que "l'Amérique est de retour".

Le mois dernier, il a assuré aux journalistes qu'il était "hautement improbable" que les talibans envahissent l'ensemble du pays.

Mais il a concédé lundi que "tout cela s'est déroulé plus rapidement que nous l'avions prévu".

Les sondages d'opinion indiquent que la plupart des Américains sont favorables au retrait des États-Unis d'Afghanistan.

Mais M. Biden est confronté à une avalanche de critiques sur la manière dont il a procédé à ce départ, après avoir retiré les troupes américaines puis en avoir renvoyé des milliers pour aider à l'évacuation.

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Des images sont apparues dimanche montrant des hélicoptères américains tournant autour de l'ambassade des États-Unis à Kaboul.

Pour beaucoup, les images évoquent le départ humiliant de l'Amérique de Saigon, au Vietnam, en 1975, alors que M. Biden était un jeune sénateur.