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xxxxxxxxxxx of Tuesday, 6 October 2020

Source: journalducameroun.com

Seidou Mbombo Njoya, une vie d’échecs

En refusant d’appliquer à la lettre la sentence du Tribunal arbitral du sport (TAS) et les prescriptions gouvernementales, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) qui a connu peu de réussites dans sa carrière, a entamé une bataille aux conséquences insoupçonnables

De Seidou Mbombo Njoya (59 ans), le président de la Fecafoot, l’on sait surtout qu’il est un homme du sérail. Homme au pedigree académique faible, il a échoué presque partout où il est passé (Loterie nationale du Cameroun, Royal Football School du Noun, Bureau régional FIFA etc.).

Connaître parfois des échecs est chose parfaitement normale, mais ce qui ne l’est pas, c’est de les cumuler tout au long d’une vie !

L’ancien responsable du protocole présidentiel de la Caf (2007-2014) est devenu président la Fecafoot grâce à la générosité et l’entregent des richissimes Samuel Eto’o et Gilbert Kadji. Homme lisse et froid, il a également pu compter dans les cercles du pouvoir du soutien des ministres Ibrahim Talba Malam et Joseph Lé.

Président de la Fecafoot du système régnant au Cameroun, il profite pour vendre du vent. En entamant sa vengeance contre le général Pierre Semengue, qui l’avait fait chasser du poste de 2ème vice-président de la Ligue de football professionnel en 2013, il a indiqué qu’il avait le soutien gouvernemental.

Or, le 29 septembre dernier, après le Conseil de cabinet , le ministre Secrétaire des services du Premier ministre Séraphin Fouda a, après le ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République Ferdinand Ngoh Ngoh, affiché les prescriptions gouvernementales qui demandent une application « immédiate et scrupuleuse » de la sentence du Tas.

Présence inopportune de la Fecafoot

Nonobstant la sentence du Tas, il a nommé Paul Mebizo’o, le chef de département des compétitions de la Fecafoot, au poste de secrétaire général de la Ligue de football professionnel. Vendredi 2 octobre 2020, il s’est fait remarquer par son absence au Minsep, lors de la cérémonie d’installation des membres du Comité de suivi de la sentence du Tas.

A travers une correspondance adressée au Minsep, il a jugé la présence de la Fecafoot à cette cérémonie « inopportune ». Dans le contexte actuel de veille de Chan et de Can, il sait que Pierre Semengue ne pourra difficilement saisir la Fifa, en cas de non application de la sentence du TAS, sous peine de voir le Cameroun être suspendu.

Cependant, une sorte de « putsch » lent et secret serait en cours au sein de la Fecafoot, celui mené par une minorité tendue vers la satisfaction de ses intérêts propres au détriment du bien commun. C’est l’état des lieux très sombres d’une fédération qui se livre à une énième bataille avec la Ligue de football professionnel. Sinon, comment comprendre l’attitude de Seidou Mbombo Njoya qui, poussé par ses vice-présidents en embuscade, refuse d’appliquer «sans délai» les prescriptions gouvernementales qui ont suivi la sentence du TAS ?

Lors de son élection à la tête de la Fecafoot, il avait, à travers sa profession de foi, promis de s’investir à fond avec son Comité exécutif pour développer le « sport roi » au Cameroun dès la base. Depuis près deux ans cependant, il a suivi une stratégie erratique. Le football jeunes, le football féminin et amateur sont toujours aussi moribonds, intentés de nombreux procès (perdus), effectué une cinquantaine de missions à l’étranger en un an. Les fiches comptables de la Fecafoot indiquent que mêmes les déplacements du président à Foumban, son village, sont considérés comme des missions.

Faillite de la défunte Loterie nationale

L’empire dont le « prince du Noun » a hérité se concentre désormais sur l’affaire pendante au TAS qui oppose la Fecafoot à l’Association des clubs amateurs du Cameroun, cette dernière ne demandant pas moins que l’annulation de l’élection qui a conduit Seidou Mbombo Njoya à la tête de l’instance faitière du football camerounais. De son propre avis, la Fecafoot a dépensé ces cinq dernières années 930 millions de F CFA dans les batailles judiciaires.

Avec des procès hors de prix, les versements d’honoraires disproportionnés, l’on comprend mieux pourquoi l’on a atteint près du milliard dépensé. Au Cameroun où les footballeurs dits « professionnels » ont un salaire mensuel (versé par l’Etat) de 100 000 Fc CFA pour les joueurs de Ligue 1 et 50 000 F CFA pour les athlètes de Ligue 2, il est clairement établi qu’au pays de Paul Biya l’argent du football n’est pas fait pour servir les footballeurs. Dans une fédération, où un poison, celui précisément de la médiocrité, s’est érigé en valeur, il y a lieu de s’inquiéter.

Avant de continuer à nourrir son rêve de devenir membre du Comité exécutif de la CAF, le fils du sultan des Bamoums devrait méditer cette pensée de Nietzsche : « l’Etat est le plus froid de tous les monstres froids ». Les conditions de la faillite de la défunte Loterie nationale peuvent refaire surface à tout moment.

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