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BBC Afrique of Tuesday, 7 September 2021

Source: www.bbc.com

Science : 'l'étrange objet découvert dans notre galaxie, qui déconcerte astronomes et astrophysiciens'

L'objet a intrigué les scientifiques, car sa luminosité n'est pas typique de celle observée ailleurs L'objet a intrigué les scientifiques, car sa luminosité n'est pas typique de celle observée ailleurs

Ce ne sont pas tout à fait des étoiles ni tout à fait des planètes, mais quelque chose entre les deux, et il pourrait y en avoir plus dans notre galaxie qu'on ne le pensait auparavant.

C'est ce qu'affirme une nouvelle étude publiée dans l'Astrophysical Journal, qui porte sur une nouvelle naine brune "énigmatique", surnommée "l'accident", car elle a été découverte par pur hasard.

Les naines brunes sont des objets trop petits pour être des étoiles et trop grands pour être considérés comme des planètes. On les appelle parfois "étoiles ratées".

"Cet objet a défié toutes nos attentes", déclare Davy Kirkpatrick, coauteur de l'étude et astrophysicien au California Institute of Technology (Caltech).

L'étude indique que "l'accident" pourrait avoir entre dix et treize milliards d'années, ce qui le rend au moins deux fois plus vieux que d'autres naines brunes découvertes précédemment.

Cela suggère qu'il s'est formé lorsque notre galaxie était beaucoup plus jeune et avait une composition chimique différente.

"Si c'est le cas, il est probable qu'il y ait beaucoup plus de ces anciennes naines brunes qui se cachent dans notre voisinage galactique", ajoute Kirkpatrick.

Une naine brune différente

"L'accident", officiellement connu sous le nom de WISEA J153429.75-104303.3, a été découvert par le scientifique Dan Caselden par pure chance, car il ne ressemble à aucune autre naine brune découverte dans la galaxie à ce jour, selon un communiqué de la Nasa.

En vieillissant, les naines brunes se refroidissent et leur luminosité change à différentes longueurs d'onde, de la même manière que les métaux chauds changent de couleur en se refroidissant.

L'objet a intrigué les scientifiques, car sa luminosité n'est pas typique de celle observée dans d'autres naines brunes âgées.

Elle émet une faible lumière à certaines longueurs d'onde clés, ce qui suggère qu'elles sont très froides, mais en même temps, elle est plus brillante ailleurs, ce qui indique que ces zones sont plus chaudes.

"Ce n'est pas une surprise de trouver une naine brune aussi vieille, mais c'est une surprise d'en trouver une dans notre jardin", déclare Federico Marocco, un collègue de Davy Kirkpatrick et co-auteur de l'étude.

"Nous nous attendions à ce que des naines brunes de cet âge existent, nous nous attendions également à ce qu'elles soient incroyablement rares", poursuit l'astrophysicien, qui a dirigé les observations à l'aide des télescopes Keck et Hubble.

800 000 km/h de plus

À l'aide des télescopes terrestres de l'observatoire WM Keck à Hawaï, les chercheurs ont tenté d'observer "l'accident" avec un rayonnement infrarouge supplémentaire.

Mais la naine brune était si faible qu'elle était indétectable, ce qui confirme qu'elle est très froide et donc très ancienne.

Les chercheurs estiment que la vitesse à laquelle il tourne est une preuve supplémentaire qu'il occupe la galaxie depuis longtemps, car il traîne des objets massifs qui provoquent une accélération de sa gravité.

"L'accident" se trouve à environ cinquante années-lumière de la Terre et tourne à environ 800 000 km/h plus vite que toutes les autres naines brunes découvertes à une distance similaire de notre planète, selon l'étude.

Une autre caractéristique de "l'accident", note l'étude, est qu'il contient de faibles niveaux de méthane, par rapport à la plupart des autres naines brunes trouvées, ce qui renforce l'argument selon lequel il s'est formé il y a plus de dix milliards d'années, lorsque la galaxie était composée presque entièrement d'hydrogène et d'hélium, et manquait du carbone nécessaire pour créer du méthane.

"La possibilité d'en trouver un si près du système solaire pourrait être une coïncidence heureuse, ou cela pourrait signifier qu'ils sont plus communs que nous le pensons", conclut M. Marocco.