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Sports News of Tuesday, 4 August 2020

Source: Le Jour n°3228

Révélations : 'Stephen Tataw vivait de mendicité'

Le plus jeune joueur camerounais au «Mondiale 90» en Italie, ressasse la précarité dans laquelle vivait son ancien coéquipier, décédé le 31 juillet 2020.
Depuis la disparition le 31 juillet 2020 de Stephen Tataw, ancien capitaine des Lions indomptables lors des coupes du monde 1990 et 1994, des témoignages de ses anciens coéquipiers en sélection font florès. Emmanuel Maboang Kessack, avait qui il a partagé à une période la même vision du football camerounais, lui a rendu également hommage, mais dans un franc-parler qu’on lui connait, a choisi de dire certaines vérités.

L’ancien attaquant s’est confié au quotidien Le Jour de ce mardi 4 août 2020, et décrit la précarité dans laquelle vivait Stephen Tataw, et les injustices que lui ont fait subir les dirigeants du football, y compris au plus fort de sa vulnérabilité lorsqu’il a perdu sa compagne. Maboang croit savoir que cet état de chose était fait à dessein pour faire souffrir l’ex-défenseur du Tonnerre Kalara Club (TKC), qui se contentait selon lui de «dépannage» et vivait de «mendicité».

Témoignage de Maboang Kessack :

C’est vrai que le capitaine avait plus besoin de nos actions de son vivant. Mais, on reste très peiné et choqué en tout cas. Je peux vous dire que j’ai gardé un lien particulier avec lui puisqu’il était le vice-président du Rassemblement des footballeurs camerounais, association dont je suis le Président. Je suis donc bien placé pour vous dire que le capitaine était très fâché et ce, depuis longtemps. Fâché contre les dirigeants de la Fécafoot et contre nous ses anciens coéquipiers. Il me disait d’ailleurs constamment que le jour de ses obsèques, il ne souhaite pas que certaines personnes viennent. Il disait que dans notre milieu, il y avait trop d’hypocrisie et de mépris surtout à son endroit. Il a eu besoin d’aide notamment à la disparition de sa femme et il n'y a généralement eu personne (…) Le capitaine Tataw ne vivait pas bien et c’est arrivé au point où il se déplaçait en moto-taxi au vu et au su de tous. Sa voiture est restée en panne à la Fécafoot pendant des années et au lieu de l’aider à la réparer, les gens du foot ont plutôt préféré la lui acheter (…) Le capitaine vivait de dépannage ou si vous voulez de mendicité. Il n’avait pas de salaire. Voilà ce qu’était devenu le capitaine des Lions Indomptables, quarts de finaliste de la Coupe du Monde 1990, avec un Baccalauréat en poche s’il vous plait. C’est que ce deuil réveille les consciences. Mfédé est parti presque dans les mêmes conditions, Massing aussi. Si la mort du capitaine ne nous alerte pas, on va perdre toute cette génération, parce que je vous assure que le torchon brule vraiment.

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