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xxxxxxxxxxx of Sunday, 28 March 2021

Source: www.bbc.com

Qui sont ces femmes qui se battent pour que justice soit rendue aux victimes de leur père?

"As-tu vraiment tué des centaines de personnes, papa ?" Ce n'est pas une question que beaucoup de gens ressentent le besoin de poser à leurs parents. Mais pour un groupe de jeunes femmes en Argentine, c'est devenu une question qu'elles ne pouvaient plus ignorer.

Lorsque le téléphone a sonné dans la maison d'Analía Kalinec, à Buenos Aires, par un après-midi hivernal d'août, elle n'avait aucune raison de se douter que l'appel finirait par faire éclater sa famille.

"C'était ma mère. Écoute, ne panique pas, mais papa est en prison, m'a-t-elle dit. Mais ne t'inquiète pas, c'est juste de la politique". Jusqu'à ce coup de fil, je n'avais jamais fait le lien entre le travail de mon père et la dictature. Pas même de loin..."

Le père d'Analía est Eduardo Emilio Kalinec, un ancien policier qui a servi sous la junte militaire brutale qui a dirigé l'Argentine entre 1976 et 1983.

Il a été accusé de certaines des pires violations des droits de l'homme dans le passé récent du pays - plus de 180 cas d'enlèvement, de torture et de meurtre commis dans les camps de détention secrets du régime.

Pendant les sept années où il a été au pouvoir, le gouvernement militaire a pris pour cible les dissidents idéologiques - communistes, socialistes, dirigeants syndicaux, étudiants, artistes - tous ceux qu'il considérait comme une menace. Selon les organisations de défense des droits de l'homme, jusqu'à 30 000 personnes ont "disparu" après avoir été enlevées et emprisonnées illégalement par des agents de sécurité comme Kalinec.

Mais Analía n'avait pas la moindre idée des secrets bien gardés de son père jusqu'à ce qu'en 2005, à l'âge de 25 ans, elle reçoive un appel téléphonique de sa mère.

Kalinec a été placé en détention et, malgré l'optimisme initial de sa femme, n'a jamais été libéré. En 2010, il a été condamné à la prison à vie pour crimes contre l'humanité.

Il m'a demandé : "Tu crois que je suis un monstre ?" raconte Analía. "Que s'attendait-il à ce que je dise ? C'était mon père adoré, j'étais si proche de lui... J'étais abasourdie. "

Paula (qui a demandé à la BBC de ne pas utiliser son nom de famille) a également eu une révélation choquante sur son père.

Quand elle avait 14 ans, il les a emmenés, elle et son frère, dans un café et leur a dit qu'il avait été un policier sous couverture. Plus tard, elle a compris qu'il avait travaillé comme espion, infiltrant des groupes de gauche et identifiant des personnes à saisir par le régime.

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"Depuis que j'ai compris que ce que je savais de la dictature avait été fait par mon père, ou qu'il avait travaillé pour eux, je me suis sentie honteuse et coupable, comme si j'étais complice", dit Paula.

"Maintenant, j'ai cette connaissance et il n'y a rien que je puisse faire. C'est comme si je gardais un secret que je ne veux pas garder", avoue-t-elle.

Il a fallu des années à ces filles pour comprendre et accepter l'histoire de leur famille, mais récemment, elles ont ressenti le besoin de s'exprimer.

Elles font partie d'un groupe de "fils, filles et parents des auteurs du génocide", comme elles se nomment elles-mêmes. Ils condamnent publiquement leurs pères - et sont souvent ostracisés par leurs familles en conséquence.

Un secret de famille

Analía Kalinec, aujourd'hui psychologue et institutrice, est née en 1980, en pleine lutte de la junte contre les partisans de la gauche. Ses souvenirs de son père policier datent surtout d'après cette période - elle se rappelle qu'il préparait des barbecues, qu'il emmenait ses filles au club de sport et à la pêche.

"(Nous étions) une famille de classe moyenne assez soudée, avec mes trois sœurs, ma mère au foyer et ce père aimant, chef de famille et pourvoyeur".

Les quatre sœurs se sont toutes mariées jeunes et ne s'intéressaient pas à la politique.

Pour nous, c'était toujours "mon père, le policier". Je n'ai jamais demandé ce qu'il faisait", raconte Analía.

Le lendemain du coup de fil de sa mère, se souvient-elle, ils sont allés rendre visite à son père en prison.

Quand nous lui avons parlé, il nous a dit : "ne croyez pas ce qu'ils vont dire de moi, ce ne sont que des mensonges".

Il a dit à la famille qu'il n'avait pas à s'excuser, qu'il avait mené une "guerre" et qu'il était maintenant persécuté par des "gauchistes" désireux de se venger.

"Je ne comprenais pas un mot, je n'avais aucune idée de ce qu'il voulait dire", raconte Analía.

Pour Analía, la dictature appartenait au passé et, pendant les deux premières années qui ont suivi l'arrestation de son père, elle a vécu dans le déni.

"J'ai soutenu les mères et les grands-mères de la "Place de Mai" qui faisaient campagne pour leurs proches disparus", dit-elle. "Tout cela était bien, mais mon père n'avait rien à voir avec tout cela. Je continuais à croire qu'il devait s'agir d'une erreur... C'est lorsque le procès a commencé que j'ai compris que les choses n'étaient pas tout à fait comme mon père nous l'avait dit."

Analía a été confrontée au passé de son père lorsqu'elle a commencé à lire les dossiers. Plus de 800 pages remplies de récits brutaux de la terreur qu'il avait infligée, dans la voix des survivants.

"J'ai lu les descriptions de ces camps de concentration où les militaires gardaient les personnes qu'ils enlevaient. C'était comme une carte et je devais y placer mon père, ce qui était insupportable", dit-elle.

Les victimes ne connaissaient pas Kalinec sous son vrai nom. Dans les prisons clandestines où il travaillait, il utilisait un pseudonyme, comme la plupart le faisaient pour dissimuler leur véritable identité : "Docteur K".

"Je savais qu'ils l'appelaient ainsi parce qu'il l'a dit une fois à ma grand-mère, et quand je lui ai demandé d'où venait ce surnom, il m'a dit que c'était parce qu'il était toujours très correct et ressemblait à un avocat, et qu'ici on s'adresse aux avocats comme à des médecins. (Mais) c'est peut-être aussi parce qu'il était "le docteur" dans la salle de torture qu'ils appelaient "la salle d'opération"".

Analía a finalement confronté son père dans sa cellule de prison.

"Et quand je l'ai fait, j'ai trouvé un homme très en colère qui essayait de justifier l'injustifiable. Et ce faisant, il a confirmé mes pires soupçons. Qu'il avait personnellement pris part à tout cela. C'était...", elle fait une pause, cherchant le mot juste, "époustouflant. Totalement époustouflant."

Le fait d'avoir une relation affectueuse avec l'homme, et de nombreux heureux souvenirs d'enfance, a rendu les choses plus difficiles, dit Analía.

"Au début, j'avais besoin de me dissocier. Je me disais : 'd'un côté, il y a mon père et de l'autre, il y a le tortionnaire'. J'avais besoin de ça, sinon ma tête aurait explosé. Mais je me suis rendu compte qu'il s'agit en fait de la même personne. C'est toujours la même personne."

"Sans que je le sache à l'époque, cette conversation en prison a été la dernière fois que j'ai parlé à mon père".

La "salle d'opération"

Des dizaines de témoins aux procès ont identifié Eduardo Kalinec comme ayant participé à des interrogatoires et à des séances de torture dans trois centres de détention clandestins différents.

Ils l'ont décrit comme un jeune homme - alors âgé d'une vingtaine d'années - à la voix aiguë, petit et costaud, avec un cou épais et une moustache.

Il était "redouté à l'intérieur" et "d'un caractère très cruel", selon les témoignages de ceux qui ont survécu. La plupart n'ont pas survécu - la majorité des prisonniers restent à ce jour "disparus" et sont présumés assassinés.

Ana María Careaga avait 16 ans et était enceinte de trois mois lorsqu'elle a été emmenée. Elle se souvient que le "Docteur K" lui donnait des coups de pied lorsqu'il la voyait dans la salle de bains. Une fois, il s'est mis en colère contre elle parce qu'elle n'avait pas révélé à ses ravisseurs qu'elle était enceinte. "Tu veux que je t'ouvre les jambes et que je te fasse avorter ?" a-t-il crié.

Miguel D'Agostino a également identifié Kalinec comme l'un des trois hommes qui l'ont torturé pendant cinq jours d'affilée avec un aiguillon électrique dans la "salle d'opération" de la prison secrète où il a été détenu pendant près d'un an.

Delia Barrera avait 22 ans lorsqu'elle a été enlevée à son domicile - kidnappée sous la menace d'une arme par un groupe d'hommes qui ont également cherché dans son vagin des pilules de cyanure avec lesquelles elle aurait pu mettre fin à ses jours. Ils l'ont emmenée à El Atlético, la prison secrète où Kalinec était basé à l'époque.

"J'entends des voix autour de moi, alors que j'ai les yeux bandés", raconte Barrera à la BBC. "Ils me mettent à poil et m'attachent à un cadre de lit métallique, les jambes grandes ouvertes. Et ils commencent à me donner des chocs électriques. Ils m'accusent d'avoir placé une bombe dans un poste de police, ce que je n'avais pas fait, et ils veulent les noms des autres militants. Ça n'en finit pas...", se souvient-elle.

Elle a rencontré Kalinec à une occasion au cours de ses 92 jours de détention, alors que son bandeau n'était pas très serré.

"J'ai été emmenée pour être examinée par lui après avoir été violemment battue. Je me suis dit 'ah, ils l'appellent Docteur K, il doit être médecin'.

"Je pouvais regarder son visage par en dessous. C'est un visage que je ne pourrais jamais oublier. Lorsque, pendant le procès, le juge m'a demandé si je pouvais identifier l'un des accusés, j'ai dit : "le voilà, le Docteur K".

"Aucune preuve"

Le procès, qui a duré un an et a abouti à la condamnation à perpétuité de Kalinec en décembre 2010, s'inscrit dans le cadre d'un processus historique qui se poursuit en Argentine, près de quarante ans après la fin de la dictature.

Plus d'un millier d'anciens militaires et policiers reconnus coupables de violations des droits humains ont été condamnés à de lourdes peines, et quelque 370 affaires sont encore en cours d'examen par le système judiciaire argentin.

Mais tous ceux qui ont participé à la répression organisée par l'État ne sont pas traduits en justice. Dans de nombreux cas, il n'y a tout simplement pas assez de preuves pour les tenir pour responsables, comme dans le cas du père de Paula.

"Je sais ce qu'il a fait parce qu'il me l'a dit", dit-elle. "Je sais qu'il en faisait partie parce qu'il me l'a dit. Il nous a dit qu'il avait participé à la 'guerre contre la subversion', comme il l'appelait. Et il était plein de fierté, il se sentait comme un héros."

Jusqu'à ce moment-là, elle avait cru que son père était avocat. Elle ne l'avait jamais vu en uniforme de police.

"Il avait alors une vingtaine d'années et, pour les photos que j'avais à la maison, il n'avait pas l'air d'un policier. Il avait les cheveux longs, portait des chemises à grosses cols à la mode... il ressemblait à n'importe quel jeune homme des années 1970."

Mais avec le temps, Paula a fait le rapprochement et a découvert qu'il choisissait des personnes à capturer et à emmener dans des centres clandestins.

Tout comme Analía, Paula l'a alors confronté.

Je lui ai dit : "On ne torture pas les gens. Je me fiche qu'ils aient fait quelque chose ou pas, utilise la loi s'ils ont fait quelque chose de mal. Ne torture pas les gens ! Et j'ai eu cette conversation de nombreuses fois".

Son père lui répondait que les autorités s'attaquaient aux "terroristes" et que "les communistes allaient arriver". Paula dit qu'elle ne sait pas combien de sang son père avait sur les mains, mais il n'a jamais montré de repentir.

"Il était un rouage nécessaire dans la machine de la terreur. Il disait que les crimes devaient être commis - et il ne les appelait jamais des crimes, il les appelait des 'actions'."

Dix ans après avoir fait cette découverte, Paula a coupé tous les liens avec son père.

"J'ai déjà essayé, plusieurs fois. Mais je finissais toujours par revenir vers lui, principalement parce que ma mère me le demandait. Les familles sont les familles...

"Quand ma mère est décédée, je me suis peut-être sentie plus libre, "Tu sais quoi ? Maintenant, je n'ai plus personne pour me dire que je dois te voir". Mais je ne l'ai jamais revu.

Fin 2019, elle a appris que son père avait été emmené à l'hôpital après un grave accident vasculaire cérébral et s'est demandé si elle devait aller lui rendre visite.

Elle ne l'a pas fait. Et quand il est mort, elle n'est pas allée aux funérailles.

"Je pensais que ce serait un manque de respect d'assister aux funérailles des personnes qui l'aimaient vraiment. Mais aussi, il y avait une partie de moi qui avait déjà fait le deuil de l'absence de mon père dans ma vie. Donc je n'en avais pas vraiment le besoin."

Rébellion collective

Il y a quelques années, Analía et Paula se sont retrouvées - et un certain nombre d'autres enfants de militaires et de policiers qui ont également condamné les actions de leurs pères.

Cela ne s'est pas produit par hasard. Elle a été déclenchée par une décision de la Cour suprême en 2017, pendant le gouvernement de centre-droit du président Mauricio Macri, qui aurait pu conduire à la libération anticipée de centaines d'abuseurs des droits humains déjà condamnés, dont Eduardo Kalinec.

Un demi-million de manifestants sont descendus dans la rue, exigeant que la décision soit annulée - et elle l'a été.

"Le fait que mon père soit emprisonné donne une bonne image de la société argentine. J'ai donc senti que je devais briser le silence. Je voulais dire : "Soyons clairs, il n'y a pas de retour en arrière possible", explique Analía. "Nous voulons nous assurer que nos pères paient pour leurs crimes".

Analía a publié ses pensées dans un manifeste sur Facebook. D'autres fils et filles l'ont lu.

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"Et tout a commencé à partir de là... Nous avons pris contact, nous nous sommes rencontrés. Nous nous sommes dit : 'C'est tellement difficile à supporter seul'. Nous avons décidé de nous réunir et de participer à des manifestations. La première fois, nous étions quatre, toutes des femmes, avec une telle énergie et un tel enthousiasme."

Elles se sont baptisées Histoires désobéissantes, car elles brisent la règle familiale du silence.

La plupart ont cessé depuis longtemps de voir leur père et beaucoup, comme Analía, ont des frères et sœurs qui ne leur parlent plus.

"J'étais tellement heureuse de trouver d'autres personnes comme moi, je savais que je ne pouvais pas être la seule !" dit Paula. "Ils me comprenaient comme personne d'autre ne pouvait le faire".

Elle dit qu'elle n'avait pu parler de son père à personne, sauf à son thérapeute, et qu'acquérir la capacité de se lever et de s'exprimer après 23 ans de silence a été une formidable libération.

Le groupe, qui compte aujourd'hui 80 membres, principalement des femmes, se réunit chaque semaine. Elles mangent ensemble, discutent de sentiments et de politique, et planifient leurs apparitions publiques.

L'une de leurs campagnes est centrée sur le refus de leurs pères d'avouer leurs crimes, et sur l'aide apportée aux procureurs pour faire condamner d'autres coupables.

"J'attends toujours qu'il parle. Je sais que mon père détient des informations sur ses victimes", déclare Analía. "Contrairement aux autres fonctionnaires, qui sont trop vieux ou séniles, mon père est lucide et a une mémoire prodigieuse. Et savoir qu'il choisit de ne rien dire, et que son silence complice fait encore souffrir, est quelque chose qui me fait vraiment mal."

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Puisque leurs pères ne veulent pas parler, les membres d'Histoires désobéissantes veulent que le code pénal argentin soit modifié pour permettre aux enfants de témoigner en justice contre leurs parents dans les cas de crimes contre l'humanité. Souvent, le dossier contre les hommes est un puzzle que les enfants pourraient aider à reconstituer avec de petits morceaux de connaissances familiales - par exemple, le fait qu'Analía sache que son père était connu au travail sous le nom de "Docteur K".

"Socialement, parler contre son père est fortement condamné dans cette société patriarcale. Votre père, votre sang. Et si ton père est un tortionnaire, un violeur ou un voleur ? Vous ne pouvez rien dire ?" demande Analía.

"Les gens ne se posent même pas la question. Eh bien, il est peut-être temps que nous le fassions."

Aux yeux du public

En 2018, les Histoires désobéissantes sont descendues dans la rue à l'occasion de la Journée nationale de la mémoire, le 24 mars, date anniversaire du coup d'État militaire. Sur leur banderole multicolore, on pouvait lire : "Nous sommes les parents des auteurs du génocide."

Analía raconte que les gens leur ont jeté des regards perplexes. Quelques-uns ont fondu en larmes, mais beaucoup d'autres ont applaudi.

"C'était la première fois qu'un groupe de parents des auteurs du génocide prenait une telle position publique", dit-elle.

Pourtant, tout le monde n'est pas prêt pour leur activisme. Le collectif est une présence inconfortable pour certains des proches des victimes et des survivants.

"Ces fils et filles "désobéissants" ont eu de nombreuses occasions de s'exprimer - et ils ne l'ont pas fait plus tôt, pourquoi ?" s'est interrogée la survivante Delia Barrera, lors d'un entretien avec la BBC en 2019.

Elle a dit qu'elle ne leur faisait pas confiance, en particulier ceux qui disaient qu'ils aimaient encore leur père, après tout ce qu'il avait fait.

"Vous ne pouvez pas aimer un auteur de génocide. Dites-moi que vous ne l'aimez pas, a-t-elle dit, et peut-être que c'est une histoire différente."

Pour les fils et les filles de criminels condamnés, c'est souvent plus compliqué.

"Écoute, je me demande ça tout le temps, on en discute toujours dans le collectif : est-ce que tu peux arrêter d'aimer l'homme ?" dit Analía. "Comment effacer l'affection ? Comment effacer les bons souvenirs ? Je refuse de renoncer à ce père que j'ai aimé autrefois, il y a une partie de moi qui veut s'accrocher à ça. Je vis donc avec ces contradictions".

Certains sont pourtant allés plus loin, se qualifiant d'"ex-filles" ou déposant une demande officielle de changement de nom de famille.

"Je pense que c'est une décision très personnelle à prendre, mais pour moi, cela ne changerait rien. Je ne vais pas donner à mon père le droit de garder le nom de famille. C'est aussi MON nom de famille, ma famille, mon histoire", déclare Analía.

Paula est d'accord.

"Tu as pris beaucoup de choses à beaucoup de gens", a-t-elle dit à son père, de son vivant. "Tu ne prends pas mon nom. Tu l'as souillé. Tu l'as sali. Je vais le nettoyer."

Depuis sa mort, elle a pris du recul par rapport au collectif, mais affirme que sa "position éthique par rapport à la dictature, et le rôle de mon père dans celle-ci, reste inchangée".

"Je me sens toujours investie de la responsabilité de parler et peut-être de réveiller d'autres personnes, en Argentine et dans le monde, quelle que soit la relation qu'elles peuvent avoir avec l'auteur du crime. Ce combat ne sera donc jamais terminé."

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