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BBC Afrique of Saturday, 6 March 2021

Source: www.bbc.com

La présidence de Caf sera-t-elle décidée dans les prochaines 72 heures ?

L'élection aura lieu le 12 mars L'élection aura lieu le 12 mars

Les élections de la Confédération africaine de football (Caf) sont censées avoir lieu le 12 mars, mais les attentes quant à la désignation du prochain président au cours des 72 prochaines heures augmentent, car deux candidats se sont retirés de la course vendredi dernier.

Augustin Senghor et Jacques Anouma font partie des quatre candidats qui se sont rencontrés au Maroc le week-end dernier et qui se retrouvent à nouveau en Mauritanie alors que le pays accueille samedi la finale du Championnat d'Afrique des moins de 20 ans.

Le week-end dernier, des discussions ont eu lieu pour proposer au milliardaire sud-africain Patrice Motsepe de prendre la tête du classement, les candidats rivaux Senghor, Ahmed Yahya (Mauritanie) et Anouma (Côte d'Ivoire) assumant respectivement deux rôles de vice-président et un rôle de conseiller spécial.

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Vendredi, le président de la fédération sénégalaise, M. Senghor, a fait la déclaration suivante :

"Nous avons décidé d'accepter la proposition qui nous a été soumise par la Fifa, le Maroc et l'Egypte dans l'intérêt supérieur de l'unité du football africain".

"Le retrait de ma candidature à la présidence de la Caf au profit d'un autre candidat ne sera pas partagé par tous pour diverses raisons, mais je pense que c'est la bonne décision".

"Atteindre l'objectif d'une Caf forte, unie, plus efficace et plus attractive vaut tous les sacrifices, même celui de renoncer à des ambitions personnelles légitimes", dit-il.

Anouma est apparue à la télévision ivoirienne peu après la déclaration de Senghor pour annoncer qu'il se retirerait également.

"J'ai décidé de retirer ma candidature", affirme l'homme de 69 ans. "En réalisant cette union sacrée des meilleurs vœux africains autour de la Caf, avec un programme commun, nous pourrons contribuer ensemble à son redressement", poursuit-il.

"Je mettrai mon expérience unique du football continental et mondial au service de la nécessaire reconstruction du football africain".

L'Ivoirien, qui doit arriver samedi en Mauritanie, a dirigé la fédération de football de son pays entre 2002 et 2011 et a été membre du comité exécutif de la Fifa, aujourd'hui le Conseil de la Fifa, entre 2007 et 2015.

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"Il voulait rester dans la course, mais le fait qu'aucun président de la fédération ne se soit manifesté pour le soutenir ou pour condamner l'ingérence de la Fifa a conduit le gouvernement ivoirien à remettre en question le soutien dont il bénéficiait", révèle une source.

Le conseiller en communication de Yahya, Jemal Sevir, avait auparavant indiqué à BBC Sport Africa que les pourparlers, qui ont suscité de nombreuses spéculations dans les médias, se poursuivront dans la capitale mauritanienne Nouakchott ce week-end.

"Je ne pense pas que l'accord principal concerne le poste [présidentiel] ou la vice-présidence, mais ce que je sais, c'est que l'accord porte sur un arrangement commun - une vision et un projet communs - pour l'Afrique", explique Jemal Sevir.

"Le football africain est dans une situation difficile, une situation financière difficile et l'image du football africain aujourd'hui n'est pas bonne. La discussion qui s'est déroulée à Rabat et se poursuivra à Nouakchott est donc celle des candidats à travailler ensemble, main dans la main, pour l'avenir du football africain".

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Motsepe, dont le sens des affaires lui vaut plus de deux milliards de dollars, est propriétaire du club sud-africain Mamelodi Sundowns, qu'il a guidé vers le succès en Ligue des champions africaine en 2016.

Agé de 59 ans, il a annoncé qu'il souhaitait établir des partenariats et des parrainages au sein du secteur privé pour stimuler la Caf, et a présenté son manifeste en dix points à Johannesburg la semaine dernière.

Il est le candidat le plus en vue pour ce poste, mais le retour possible de l'actuel président de la Caf, Ahmad, aux élections pourrait contrecarrer tout accord, si celui-ci devait être décidé ce week-end.

BBC Sport Africa croit savoir que le Tribunal arbitral du sport, où le Malgache de 61 ans fait appel de son interdiction de cinq ans par la Fifa, rendra son verdict lundi.

Ahmad devra se laver entièrement de sa sanction pour se présenter à un second mandat, car une réduction de peine, que certains considèrent comme possible, l'empêcherait toujours de passer le test d'éligibilité requis pour ce rôle, qui s'accompagne automatiquement d'un poste de vice-président à la Fifa.

Une interférence de la Fifa ?

Le rôle de l'organe directeur dans les élections en cours à la Caf est sous examen après que deux employés de la Fifa, dont le président Gianni Infantino attendu à Nouakchott ce week-end, aient été vus en train de parler aux délégués à l'hôtel Sofitel de Rabat la semaine dernière.

Veron Mosengo-Omba, un vieil ami du président de la Fifa Gianni Infantino, est le directeur des associations de la Fifa tandis que Mathias Grafstrom est le secrétaire général adjoint de l'organisation.

Le rôle de la Fifa, qui a mis fin l'année dernière à un partenariat sans précédent de six mois avec la Caf dans le but d'améliorer la gouvernance de ce dernier, dans les élections suscite des débats animés dans les milieux du football africain.

La présence de la Fifa suscite des accusations d'ingérence dans les élections de la part de l'instance mondiale, dont le rôle est mentionné dans la déclaration de Senghor.

La BBC a demandé vendredi à la Fifa de commenter les raisons pour lesquelles Mosengo-Omba et Grafstrom étaient à Rabat, mais n'a pas encore reçu de réponse.

"Des sources m'ont dit qu'ils étaient à Rabat mais je ne peux pas confirmer qu'ils font partie des protagonistes de cet accord", ajoute M. Sevir.

Avant l'émergence des pourparlers organisés par la Fédération marocaine de football à Rabat, on s'attendait à ce que les élections présidentielles soient les plus âprement disputées depuis de nombreuses années.

La capitale marocaine accueillera à nouveau les candidats le vendredi 12 mars, après quoi le vainqueur entamera un mandat de quatre ans à la tête d'une organisation dont la gouvernance et les finances ont été fortement remises en question ces dernières années.