Vous-êtes ici: AccueilSport2019 07 23Article 468329

Sports News of Tuesday, 23 July 2019

Source: cameroon-info.net

'L’image du penalty de la finale est la seule image qui me préoccupe'

Alioum Sidi parle. L"arbitre de la finale de la dernière édition de la Coupe d'Afrique des nations de football senior messieurs était l"invité de la Radio Suelaba Fm105, une antenne de la CRTV émettant de Douala. L'homme en noir est revenu en long et en large sur le penalty sifflé puis refusé au Sénégal dimanche soir au Caire. Voici l'essentiel de son entretien avec le célèbre Léonard Chatelain.

Bonjour Monsieur Alioum Sidi

Bonjour Monsieur

Bienvenue sur Suelaba Fm 105. Grosse exclusivité. Maintenant, on va profiter du temps que vous nous accordez ce matin pour tout savoir de la Coupe d’Afrique des nations. Un match d’ouverture et une finale on peut dire que vous étiez l’alpha et l’oméga de la CAN 2019...

Ok. Je ne peux pas dire que je suis le meilleur. Nous sommes nombreux. Donc c’est la chance. C’est une performance et c’est tout !

On va s’arranger à ne pas vous poser les questions que tout le monde vous poserait. Dites-nous, au lendemain de cette CAN-là quand vous arrivez au Cameroun est-ce que vous avez un sommeil tranquille ?

Vraiment cet accueil était formidable. Nous remercions le peuple camerounais pour cet accueil qui est vraiment très chaleureux. Nous ne nous y attendions pas.

Mais est-ce qu’il vous arrive dans votre nuit de sursauter et croire que vous êtes encore sur l’aire de jeu?

C’est possible. Un arbitre c’est cela, le haut niveau c’est comme ça. Chaque fois quand on dort, on voit les situations dans lesquelles on était. Moi je visionne mes matches avant de me coucher. C’est cela le boulot !

Est-ce qu’il y a des images qui vous reviennent depuis que vous êtes rentré au Cameroun, des images de la CAN égyptienne ? Quelle serait la plus forte image selon vous ?

Je peux dire que c’est l’image du penalty de la finale (il sourit). C’est la seule image qui me préoccupe.

Vous en riez presque ? J’ai presque en vie de convoquer Freud pour faire la psychanalyse de votre rire ou de votre sourire. Dites-nous y avait-il penalty ou pas du tout ?

Effectivement il y avait main dans la surface de réparation. Quand il y a une main dans la surface de réparation il y a penalty effectivement. Dieu merci nous avons une assistance vidéo qui rectifie les choses. C’est cela l’important.

Mais qu’est-ce que la VAR vous a fait remarquer que vous n’aviez pas noté avant ?

C’est que nous avons pris cette décision mon assistant et moi. Il m’a donné, il m’a filé l’information qu’il y avait main et moi aussi de ma position, de profil, j’avais une idée de main. Mais on ne savait vraiment pas si cette main était anormale et s’était décollée du corps. J’ai pris la décision de siffler un penalty mais après l’assistant de la vidéo m’a envoyé voir l’image. Arrivé là-bas en même pas une minute j’ai revu l’image et je suis revenu sur ma décision. Il n’ y avait pas penalty, la main était décollée du corps.

Très souvent lorsqu’il y a une situation litigieuse ou contentieuse sur un terrain de football, on devrait montrer au moins trois plans. Mas on ne montrait qu’un seul plan ? Est-ce que le fait de ne montrer qu’un seul plan vous a beaucoup aidé ?

Etant spécialiste dès que j’ai vu le premier plan qu’in m’a montré cela a suffi. On m’a montré deux plans mais j’ai vu un seul et c’est fini.

Alors dites-nous la main décollée du corps ou alors la main tout le long du corps ?

C’était le long du corps. La main n’était pas décollée. Disons qu’il n’ a pas comme le terme technique le dit « grossi le corps ».

Dites-nous, lorsque vous allez vers la VAR, vous prenez du temps, on vous sent quelque peu dubitatif, il y a un petit doute. Est-ce que quelqu’un vous murmure la décision à l’oreille ?

Non non non ! La décision revient à l’arbitre. C’est l’arbitre qui donne la décision, ce n’est pas la VAR. La VAR vient juste en appui. Elle te donne l’information.

Donc vous certifiez ce matin, vous le martelez, vous avez pris cette décision dans votre intime conviction.

Oui effectivement. Effectivement.

Alors quand vous sortez, parce qu’il y a des images que nous n’avons pas vues, quand vous sortez, lorsque vous êtes dans les travées, lorsque vous êtes dans les vestiaires là-bas, loin des caméras est-ce que vous avez été approché par les Sénégalais ?

(Il rit) Non ! Pas du tout ! Comment ça ? Je ne comprends pas la question. Pouvez-vous la répéter ?

A la fin du match est-ce qu’il n’ y a pas deux ou trois Sénégalais qui vous ont croisé dans les vestiaires pour deux ou trois petit mots à échanger avec vous ?

Pas du tout. Non.

Quelle est la note que la CAF vous a donné là-bas à la CAF ? J’imagine que vous avez rencontré le président Ahmad Ahmad. Qu’est-ce qu’il vous a dit ?

Des félicitations. Juste après le match on a été félicités. Tout s’est bien terminé. Nous n’avons pas eu de soucis.

Alors on a dit Joseph Antoine Bell qui est consultant sur RFI, Patrick Mboma qui est consultant sur Canal +, Samuel Eto’o qui arrive avec le trophée et vous évidemment qui êtes le maestro de ce match-là avec votre sifflet central. C’était carrément une Coupe d’Afrique des nations camerounaise…

Effectivement. Nous avons eu le sentiment que c’était la Coupe d’Afrique des Camerounais. A quelques minutes du coup d’envoi de la finale nous avons été encouragés par messieurs Samuel Eto’o, Patrick Mboma, le président de la Fédération camerounaise de football. Ils sont venus nous embrasser et cela nous donné davantage de courage. Le président de la Fédération est revenu vers nous à la fin du match, nous a embrassés, fait des photos avec nous, nous a remerciés, félicités. On s’est vraiment sentis camerounais. Revenus au Cameroun voilà que les même choses se reproduisent. C’était fantastique !

Les Camerounais veulent savoir. Sur Suelaba Fm 105 en tout cas, en toute exclusivité racontez-nous les 30 secondes ou bien la minute que vous avez passé avec Samuel Eto’o.

(Il rit). Il est venu, nous a embrassés. Nous venions d’achever l’échauffement. Avec toute la sueur qui était sur nous, il nous a embrassés, il était veste. Nous l’avons même mouillé avec notre sueur. Il n’ a même pas vu ses traces de sueur. Lui il se disait que voilà des Camerounais comme lui, les acteurs du match. Il nous a donné de petits mots encourgeants.