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Sports News of Thursday, 15 October 2020

Source: Journal Du Cameroun

Je veux gagner des titres avec le Cameroun - Harold Moukoudi

Le défenseur central de Saint- Etienne, élu « Homme du match » lors de la rencontre amicale Japon-Cameroun du 9 octobre dernier, explique pourquoi il veut s’installer durablement à la charnière centrale des Lions indomptables

Nous avons obtenu une interview exclusive avec Harold Moukoudi, le défenseur central de Saint- Etienne (Ligue 1). Dans cet entretien, le natif de Bondy (France), qui aura 23 ans le 27 novembre, explique son envie de briller sous les couleurs de l’équipe nationale de football du Cameroun.

Avec le recul, quelle analyse faites-vous du match Japon-Cameroun disputé le 9 octobre dernier?

[Harold Moukoudi] Je trouve malgré tout que nous avons fait une performance correcte, même si je pense que nous pouvions mieux faire. Il ne faut pas oublier qu’il y avait pas mal de nouveaux joueurs qui portaient pour la première fois le maillot des Lions. Dans l’ensemble, je dirais qu’on a fait un match correct. On a fait une bonne première mi-temps, avec des occasions pour mener au score.

A la deuxième mi-temps, c’était beaucoup plus compliqué, nous avons eu moins de maîtrise. C’était plus compliqué techniquement, le Japon a changé son dispositif tactique. Du coup, nous étions un peu plus en difficultés, mais nous sommes restés solides. Ce qu’on va retenir de ce match c’est la solidité défensive et je pense que c’est de bon augure pour la suite, parce que le Japon est une belle équipe de football.

Comment se passe votre intégration dans cette équipe du Cameroun?

Mon intégration avec les Lions se passe très bien. J’ai été bien accueilli, maintenant ça fait plus d’un an que je suis en sélection, même s’il n’y a pas eu de regroupements entretemps. Nous avons un groupe WhatsApp où nous communiquons de temps en temps. Je me sens très bien dans l’équipe, je pense que ça s’est vu aussi sur le terrain. Je suis content parce que c’est vraiment une famille. On me l’avait dit avant d’arriver et je le constate aussi.

Lors de l’exécution des hymnes nationaux, on vous a vu chanter « Ô Cameroun, berceau de nos ancêtres » avec beaucoup d’énergie. Où l’avez-vous apprise étant donné que vous êtes né et avez grandi en France ?

C’est vrai que je suis né en France mais les parents ont toujours tout fait pour rester très proches de nos origines camerounaises. Moi j’adore le Cameroun, et l’Afrique plus globalement. J’ai toujours eu cette envie de jouer pour le Cameroun malgré le fait que je jouais pour la France étant jeune. J’ai toujours dit que si un jour le Cameroun était venu, je l’aurais choisi au dépend de la France parce que pour moi je suis plus Camerounais que Français de par mes origines. J’ai commencé à apprendre l’hymne en étant tout petit, au même moment où j’apprenais l’hymne national de la France.

Vous avez commencé votre carrière internationale dans les catégories jeunes en France. Qu’est-ce qui a influencé votre choix pour le Cameroun ?

J’ai choisi le Cameroun parce que je suis Camerounais même si j’ai toujours vécu en France. Je pense que mes origines, mes ancêtres sont camerounais donc j’ai toujours eu cette fibre un peu plus camerounaise que française même si je suis aussi fier d’être français. Je me suis toujours senti un peu plus camerounais. C’est pour cela que quand le Cameroun est venu je n’ai même pas hésité une seconde. Pour moi la question était toute répondue. Comme j’ai pu te dire un peu plus haut clairement, si le Cameroun était venu me voir plus tôt pour jouer avec les catégories de jeunes je serais venu jouer pour le Cameroun sans hésiter.

Avant votre première convocation en équipe nationale du Cameroun, à la faveur du match amical face à la Tunisie en octobre 2019, quels étaient vos rapports avec le Cameroun?

C’était surtout les liens avec ma famille, mes cousins et cousines, dont je suis très proche et avec qui je communique régulièrement. J’ai également passé plusieurs fois mes vacances au pays.

En France, nos parents nous ont inculqué la culture camerounaise, c’est-à-dire que nous avons grandi avec ce patriotisme camerounais, quelque chose d’authentique. Quand j’étais jeune, je préférais écouter Samy Diko ou Ben Decca, Sergeo Polo, Longue Longue plutôt que d’écouter du rap français comme tous mes amis de l’époque. Personnellement, je préférais mettre ma musique Makossa et danser tranquillement à la maison.

Maintenant que vous êtes international camerounais, avez-vous des objectifs précis à atteindre?

Comme tous les joueurs de la sélection nationale, l’objectif est de gagner des titres. Il y a la CAN qui arrive à grands pas. Je pense qu’on a tous un objectif commun, le même rêve, de soulever le titre à la maison. On ne va pas se mentir, après il y a forcément la Coupe du monde. Nous voulons aller le plus loin possible lors des phases finales de Coupe du monde, parce qu’on a l’effectif et le groupe pour le faire.

Clairement, l’objectif c’est de gagner des titres, et personnellement pouvoir m’installer durablement, jouer le maximum de match avec mon pays. Je vais me répéter : porter l’image du Cameroun c’est une vraie fierté!

Dans une sélection du Cameroun qui ne manque pas de talents aux différents postes, comment vivez-vous la concurrence en charnière centrale ?

La concurrence à ce poste est au top, ça permet vraiment de progresser. Il y’a des joueurs qui sont plus expérimentés, ça nous permet aussi d’apprendre d’eux. Que quel que soit le joueur sur le terrain, le fait de savoir qu’il y a la concurrence permet de donner le meilleur de soi pour l’équipe nationale. Au final, c’est le Cameroun qui gagne.

En janvier 2020, vous avez été prêté à Middlesbrough. Alors que ce club anglais s’apprêtait à lever l’option d’achat qui pesait sur votre contrat, vous êtes revenu à Saint-Etienne, à la veille de la finale de Coupe de France. Qu’est-ce qui s’est passé ?

C’est vrai que ça se passait plutôt très bien en Angleterre; mais à quelques jours de la finale, Saint-Etienne m’a rappelé pour venir jouer. A partir de là, le club m’a fait comprendre qu’il voulait que je reste, que je continue l’aventure avec Saint-Etienne. Convaincu du projet sportif, j’ai dit que j’étais partant et que j’étais prêt à faire une grande saison.

Quel est votre bilan personnel, après les six premières journées de Ligue 1 cette saison?

J’ai joué trois matchs de Ligue 1. Sur le plan personnel, je pense que ça s’est plutôt bien passé, en tout cas sur les derniers matchs je monte réellement en puissance. Je me sens très bien, ça s’est vu aussi par la suite avec le match contre le Japon. Je démarre bien ma saison.

Claude Puel, votre entraîneur en club, semble réservé par rapport à vos performances…

Il n’y a pas spécialement de soucis avec le coach. La preuve: j’ai joué les trois derniers matchs. Si je n’ai pas joué les trois premiers matchs de saison, c’est dû au fait que j’avais une fracture à la côte. En début de saison, mon club a bien démarré et lorsque ça marche bien, c’est difficile de changer. C’est comme ça le football.