Vous-êtes ici: AccueilSport2021 05 21Article 598042

Infos Sports of Friday, 21 May 2021

Source: www.camerounweb.com

Foot féminin au Cameroun: les vérités de Seidou Njoya [INTERVIEW]

Seidou Mbombo Njoya président de la FECAFOOT Seidou Mbombo Njoya président de la FECAFOOT

• Seidou Njoya fait l'analyse de la situation actuelle du football Camerounais

• Il annonce la création d'une nouvelle équipe

• Il s'exprime aussi sur sa nomination à la CAF



Dans une interview, le président par intérim de la fédération camerounaise de football s’est longuement exprimé sur le football féminin au Cameroun. De la situation actuelle du football féminin à l’élimination des Lionnes pour les prochains JO, le président n’a esquivé aucune question. Il y dévoile aussi son ambition de mettre sur pied une équipe féminine A’. « Nous travaillons à voir dans quelle mesure on pourrait mettre sur pied une équipe féminine A prime. Celle-ci servira d’antichambre à la sélection fanion », déclaré Seidou Njoya.

CamerounWeb vous ci-dessous, l’intégralité de l’interview


Quel regard portez-vous sur l’organisation actuelle du football féminin au Cameroun ?

Le football féminin est en pleine expansion au Cameroun. Au départ, c’était un pan d’activités de la Fécafoot dévolu à une commission permanente, qui cornaquait l’organisation avec le département des Compétitions. Aujourd’hui, la charge d’organiser le football féminin revient à une ligue spécialisée, la Ligue de football féminin du Cameroun (LFFC). Cela se confirme avec les matchs des championnats de divisions différentes qui se jouent en ce moment voilà qui démontre la progression et la place qu’occupe le football féminin dans notre pays.

En dehors de l’organisation de la Guinness Super League et très récemment, des championnats régionaux qui se jouent, sur quels autres aspects est-ce que vous mettez l’accent ?

Je crois qu’il faut bien analyser la courbe de progression et comprendre que le développement du football féminin est un processus. On a eu de remarquables avancées ces dix dernières années, avec la participation de nos sélections féminines aux compétitions de haut niveau comme la Coupe du monde etc … il n’y a pas de raison que le football féminin au Cameroun ne se développe pas davantage.

Nous avons encore quelques points faibles comme l’arbitrage féminin, l’encadrement technique et même les administratifs. Nous y mettons l’accent pour qu’on ait dans le football féminin des compétences égales aux exigences internationales. Je pense également aux entraineurs, aux kinés, aux préparateurs physiques, etc… de niveau plus ou moins égal à ce qu’on peut observer dans le football masculin. Cela est aussi valable pour les arbitres.

La Ligue de Football Féminin du Cameroun (LFFC) avait pour vocation de permettre à cette discipline d’avoir une certaine autonomie. Selon vous, est-ce le cas actuellement ?

Le football féminin jouit d’une autonomie d’organisation comme vous pouvez le constater à travers le fonctionnement et le déroulement des compétitions. Les programmations sont effectuées par la Secrétaire générale de la LFFC, alors que le patron statutaire des compétitions c’est le secrétaire général de la Fécafoot. Cette compétence a été déléguée.

Toutefois, nous restons aux côtés de la LFFC pour ses premiers pas, afin qu’elle puisse se construire sa propre maturité. C’est ainsi que la FECAFOOT s’est pleinement investie pour lui trouver un sponsor pour le championnat de première division.

Qu’est ce qui selon vous aura manqué à cette structure pour qu`elle puisse atteindre les objectifs fixés lors de sa création ?

Pour la Fécafoot, la LFFC a atteint les objectifs de départ, qui étaient de mettre en place une organisation pour le bon déroulement des compétitions féminines de football. Quelques dysfonctionnements peuvent être observés, tout comme il y en a dans des Ligues bien plus anciennes. La Fédération fera ce qu’il faut le moment venu en procédant à des réajustements fonctionnels et structurels à l’effet de l’aider davantage.

La LFFC a-t-elle reçu tous les moyens nécessaires à son bon fonctionnement ?

La LFFC dispose d’un budget logé dans le budget global de la Fécafoot voté en début d’année. Sur cette base, elle bénéficie d’une allocation régulière et progressive de ressources comme toute organisation autonome. En plus, grâce au contrat avec le sponsor Guinness, des fonds additionnels ont été octroyés aux clubs pour le paiement d’une gratification mensuelle aux joueuses de première division.

Nous savons que le bureau de la LFFC lors de son installation bénéficiait d’un mandat transitoire de deux ans non renouvelable. On achemine à sa fin du dit mandat que prévoit la suite ?

Après les deux premières années de fonctionnement, nous sommes conscients du fait qu`il y`a un fort besoin d’ajuster son fonctionnement et sa structuration et même de réorienter si nécessaire. Le moment venu, vous en saurez plus sur le visage que nous entendons donner à la LFFC.

Comment sont gérés les fonds alloués pour le développement du football féminin dans le cadre du Programme FIFA Forward ?

Ces ressources, placées sous le contrôle de la FIFA, qui les auditent chaque année, font l’objet d’une gestion rigoureuse au bénéfice des compétitions et du développement du football féminin. Ce sont les championnats, mais aussi les formations tous azimuts. La FIFA a elle-même inscrite dans la promotion du football féminin et une part des fonds Forward y est dévolue.

Parlons de la récente élimination des Lionnes Indomptables aux portes du tournoi de football des Jeux Olympiques. Étiez-vous surpris par ce résultat ?

Nous pouvions obtenir un résultat différent dans des conditions de jeu plus favorable. Les joueuses ont été pénalisées par le climat lors du match aller perdu 1 but contre deux. Au second match, les Lionnes ont montré un meilleur visage. Elles méritaient de gagner, donc de se qualifier. Je ne dis pas que tout était parfait notamment au niveau du travail fait par le staff technique, mais une qualification de nos Lionnes n’aurait pas été imméritée.

Quelles solutions immédiates envisageables en se projetant vers les futurs grands rendez-vous ?

Pour une sélection nationale, il faut toujours permettre aux joueuses de multiplier les matchs ensemble pour acquérir les automatismes. Pour le Cameroun, il y a un savant dosage à réaliser entre les joueuses locales et les professionnelles, et aussi entre les anciennes et les nouvelles. Nous nous y employons. Par exemple, nous travaillons à voir dans quelle mesure on pourrait mettre sur pieds une équipe féminine A prime. Celle-ci servira d’antichambre de la sélection fanion et aidera les joueuses locales sélectionnables lorsqu’elles seront éventuellement associées aux joueuses professionnelles. C`est l’occasion pour moi de confirmer que l’équipe camerounaise sera présente au tournoi des six nations au Nigeria en septembre prochain. Ce sera une belle expérience pour les Lionnes Indomptables.

On ne saurait sortir de cet entretien sans évoquer votre récente nomination au poste de 4e vice-président de la CAF. Quels projets pour cette discipline ?

Le football féminin, en Afrique, a un grand avenir. Après l’interruption due au Covid-19, les compétitions féminines sont de retour, avec l’arrivée en fanfare de la Ligue des champions féminine. Le nouveau président de la CAF nourrit une ambition forte pour le football féminin dont les effets seront visibles tout le long de son mandat.