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BBC Afrique of Monday, 17 May 2021

Source: www.bbc.com

Des Afro-Brésiliens manifestent contre le racisme et les violences policières

Les habitants ont accusé la police d'abus Les habitants ont accusé la police d'abus

Des milliers de Brésiliens noirs ont manifesté contre le racisme et la violence policière, à l'occasion de l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage dans le pays.

À Rio de Janeiro, les manifestants ont brandi des bougies et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "ne me tuez pas, tuez le racisme", une semaine après qu'une descente de police dans un bidonville a fait des dizaines de morts.

À São Paulo, des messages disaient : "les Noirs veulent vivre".

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Les manifestants ont accusé le président d'extrême droite Jair Bolsonaro en raison du génocide par la violence policière. Il soutient des politiques dures pour lutter contre la criminalité, notamment des raids dans des zones où la majorité des résidents sont noirs et pauvres.

Les manifestants ont également demandé l'accélération de la campagne de vaccination contre le Covid-19, car la maladie a été plus meurtrière pour les Noirs dans le pays, l'un des plus durement touchés par la pandémie dans le monde.

À Rio, les manifestants ont condamné les 28 décès survenus, la semaine dernière dans la favela de Jacarezinho au cours d'une opération qui, selon la police, visait des trafiquants de drogue présumés, et ont demandé que justice soit faite. Il s'agit de la descente de police la plus meurtrière de l'histoire de la ville.

Les habitants ont accusé la police d'abus, tandis que les militants des droits de l'homme ont dit qu'il existait des preuves solides d'exécutions extrajudiciaires, les agents tuant des personnes qui voulaient se rendre ou ne représentaient aucune menace. Certaines des victimes, ont-ils dit, ne faisaient même pas l'objet d'une enquête.

Les manifestants ont défilé dans le centre de la ville en tenant des messages disant : "qui la police protège-t-elle ?" et "Pas de balle, pas de faim, pas de Covid". Une bannière arborait des photos d'hommes tués lors d'opérations de police.

Le Brésil a été le dernier pays des Amériques à abolir l'esclavage en 1888, lorsque Isabel, princesse impériale du Brésil, a signé la loi libérant les esclaves. Ces noirs du Brésil célèbrent la fin de l'esclavage le 20 novembre, date anniversaire de l'assassinat de Zumbi dos Palmares, qui dirigeait une communauté d'esclaves en fuite.

"La population noire n'a toujours pas de droits", confie Josiane Peçanha, du collectif Afrodivas, à Globo TV lors d'une manifestation dans la ville de Niterói, dans la région métropolitaine de Rio. "C'est un bon jour pour réfléchir aux blessures de l'esclavage sur la société brésilienne", dit-elle.

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Environ 57% de la population brésilienne est noire ou métisse, mais ils représentent deux tiers des victimes de la violence mortelle, selon le Forum brésilien sur la sécurité publique, une organisation non gouvernementale.

Selon un rapport de l'agence nationale de statistiques IBGE en 2019, ils n'occupent qu'un tiers des postes de direction dans les entreprises, ne représentent qu'un quart des députés fédéraux à la chambre basse du Congrès et constituent les trois quarts du taux de chômage.

À São Paulo, une manifestation a eu lieu sur l'Avenida Paulista, l'une des principales avenues de la ville, et les organisateurs ont signalé que 7 000 personnes y ont participé. Les manifestants se sont peints les mains en rouge et ont barbouillé un drapeau brésilien, symbole de la violence.

"Nous marquons la date de la fausse abolition de l'esclavage, et la tragédie de Jacarezinho", a indiqué un manifestant, João de Oliveira, à l'agence de presse Reuters. "Le président Bolsonaro et son vice-président ont même applaudi le massacre. Il a commis un génocide. Nous sommes ici pour protester",ajoute-t-il.

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Des manifestations ont également eu lieu dans d'autres grandes villes, notamment dans la capitale, Brasília, où un rassemblement a eu lieu devant le palais présidentiel.

Le président, un ancien capitaine de l'armée qui a soutenu des changements dans la législation qui protégeraient les officiers de poursuites s'ils tuent des personnes en service, a félicité la police de Rio pour l'opération dans un tweet.

Le président Bolsonaro a précédemment nié l'existence du racisme dans le pays, bien qu'un certain nombre de cas violents aient révélé de profondes divisions.

L'année dernière, le meurtre brutal d'un homme noir par deux agents de sécurité blancs à l'extérieur d'un supermarché a suscité l'indignation générale.

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