Vous-êtes ici: AccueilSport2021 04 15Article 589609

BBC Afrique of Thursday, 15 April 2021

Source: bbc.com

Covid: le variant brésilien plus contagieux alimente une recrudescence des cas au Brésil, l'Afrique doit-elle avoir peur ?

Au Brésil, une variante du Covid 19 plus contagieuse alimente une recrudescence des cas.

Les hôpitaux sont surchargés, des personnes meurent en attendant d'être soignées dans certaines villes, et le système de santé est au bord de l'effondrement dans de nombreuses régions.

Le bilan total du pays s'élève désormais à plus de 340 000 morts, ce qui le place en deuxième position derrière les États-Unis.

Mais le président Jair Bolsonaro continue de s'opposer à toute mesure de confinement pour enrayer l'épidémie.

Il affirme que les dommages causés à l'économie seraient pires que les effets du virus lui-même, et a tenté d'annuler certaines des restrictions imposées par les autorités locales devant les tribunaux.

S'adressant à ses partisans devant la résidence présidentielle, il a critiqué les mesures de quarantaine et suggéré sans preuve qu'elles étaient liées à l'obésité et à la dépression. Il n'a pas fait de commentaire sur les 4 195 décès enregistrés en une journée cette semaine.

À ce jour, le Brésil a enregistré plus de 13 millions de cas de coronavirus, selon le ministère de la santé. Quelque 66 570 personnes sont décédées à cause du Covid-19 en mars, soit plus du double du précédent record mensuel.

"Le Brésil maintenant... est une menace pour l'ensemble des efforts de la communauté internationale pour contrôler la pandémie", a déclaré à la BBC le Dr Miguel Nicolelis, qui a suivi de près les cas dans le pays.

"Si le Brésil n'est pas sous contrôle, alors la planète ne sera pas en sécurité, car nous fabriquons de nouvelles variantes chaque semaine... et elles vont traverser les frontières", a-t-il ajouté.

Pourrait-il toucher également l'Afrique ?


Le variant brésilien n'a pour l'heure pas été identifié en Afrique mais selon le Dr Nicksy Gumede-Moeletsi de l'OMS pour l'Afrique : "on ne peut pas dire que nous sommes complètement à l'abri, nous ne pouvons pas dire que nous ne pouvons pas avoir ce variant dans la mesure où d'importants mouvements de population d'un continent à l'autre continuent de se produire".

L'expert recommande de ne pas relâcher la pratique des gestes barrières : se laver les mains fréquemment et pratiquer la distanciation sociale.

Quelles sont les particularités du variant du Brésil ?

La Fiocruz dit avoir détecté 92 variantes du coronavirus dans le pays, dont la P.1, ou variante brésilienne, qui est devenue une source d'inquiétude car elle serait beaucoup plus contagieuse.

Elle serait apparue dans l'État d'Amazonas en novembre 2020, se propageant rapidement dans la capitale de l'État, Manaus, où elle représentait 73 % des cas en janvier 2021, selon des chiffres analysés par des chercheurs au Brésil.

La variante brésilienne comporte une mutation sur la protéine de pointe qui permet au virus de se répandre plus facilement ainsi qu'une mutation similaire au variant sud-africain qui affecte la réponse des anti-corps au covid qui permet au virus d'échapper à la neutralisation, explique le Dr Nicksy Gumede-Moeletsi, virologue au Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique.

Les experts craignent que la prolifération de la variante brésilienne n'entraîne une augmentation des cas pendant plusieurs mois dans le pays.

Le Dr Nicolelis, qui était jusqu'à récemment le coordinateur de l'équipe de réponse à la pandémie dans le nord-est du Brésil, a déclaré à la BBC que la réponse du pays s'apparentait à une "calamité totale".

"C'est la plus grande tragédie humaine de l'histoire du Brésil", a-t-il déclaré.

"Nous pourrions arriver à 500 000 morts d'ici le 1er juillet, c'est la dernière estimation", a-t-il dit. "Mais l'Université de Washington a publié vendredi une estimation suggérant que si le taux de transmission augmente d'environ 10%, nous pourrions atteindre 600 000 décès."

La variante brésilienne a également été liée à un pic d'infections et de décès dans un certain nombre de pays d'Amérique du Sud.

Les scientifiques pensent que les vaccins actuels devraient encore fonctionner contre la variante brésilienne, bien qu'ils seraient peut-être moins efficaces, et que de nouvelles variantes pourraient apparaître à l'avenir, encore différentes.

Le Dr Nicolelis déclare : "le Brésil n'est pas seulement l'épicentre de la pandémie dans le monde, c'est une menace pour tous les efforts de la communauté internationale pour contrôler la pandémie. Nous créons de nouvelles variantes chaque semaine".

Quelle est la situation au Brésil ?



Dans la plupart des États, les patients atteints de Covid-19 occupent plus de 90 % des lits des unités de soins intensifs, selon l'institut de santé Fiocruz.

Plusieurs États ont signalé des pénuries d'oxygène et de sédatifs. Mais malgré la situation critique, certaines villes et certains États assouplissent déjà les mesures limitant la circulation des personnes.

"Le fait est que le discours anti-confinement du président Jair Bolsonaro a gagné", a déclaré à l'Associated Press Miguel Lago, directeur exécutif de l'Institut brésilien d'études des politiques de santé, qui conseille les responsables de la santé publique.

"Il est politiquement interdit aux maires et aux gouverneurs de renforcer les politiques de distanciation sociale car ils savent que les partisans du président, y compris les chefs d'entreprise, les saboteront", a-t-il ajouté.

Le président d'extrême droite - qui a minimisé l'importance du virus, émis des doutes sur les vaccins et défendu des médicaments non éprouvés en tant que traitement - a vu sa popularité chuter en raison des critiques sévères dont fait l'objet sa gestion de la crise.

Il a récemment changé de ton sur les vaccinations, s'engageant à faire de 2021 l'année des vaccinations. Mais le pays a eu du mal à mettre en œuvre son programme.

Les critiques disent que son gouvernement a été lent dans la négociation des vaccins. Environ 8 % seulement de la population a reçu au moins une dose, selon le site de suivi Our World in Data.

L'épidémiologiste Ethel Maciel a déclaré que le Brésil se trouvait dans une "situation épouvantable": "Au rythme où nous vaccinons... le seul moyen de ralentir la propagation extrêmement rapide du virus est un confinement efficace pendant au moins 20 jours."


Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter