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BBC Afrique of Saturday, 5 June 2021

Source: www.bbc.com

Changement climatique : six façons inattendues de contribuer à sauver la planète

Essayer d'inverser le changement climatique est probablement le plus grand défi que l'humanité ait jamais eu à relever. Heureusement, il y a des esprits étonnants sur la planète qui travaillent sur ce problème sous tous les angles. Voici six des meilleures (et des plus insolites) solutions de la série "39 Ways to Save the Planet" (39 façons de sauver la planète) de la BBC.

1. L'éducation des filles

Améliorer l'éducation dans le monde entier semble être une évidence. Mais l'amélioration de l'éducation des filles en particulier n'a pas que des avantages sociaux et économiques, elle contribue également à lutter contre le changement climatique.

Cela s'explique en partie par le fait que les filles commencent à avoir des bébés plus tard lorsqu'elles sont scolarisées plus longtemps. Si toutes les filles terminaient leurs études secondaires, il y aurait, d'ici 2050, environ 840 millions de personnes en moins dans le monde par rapport aux prévisions actuelles.

Il est vrai qu'en matière de changement climatique, la population peut être un sujet controversé - les habitants des pays pauvres ont une empreinte carbone minuscule par rapport à ceux des pays riches. Mais les ressources de la planète étant mises à rude épreuve, l'augmentation de la population est un facteur important.

L'éducation des filles va bien au-delà des statistiques démographiques. Des femmes capables de prendre part au travail, aux affaires et à la politique peuvent être le secret pour renforcer la protection du climat.

Des études suggèrent que le fait de confier des responsabilités à davantage de femmes peut conduire à de meilleures politiques climatiques. Comment ? Les femmes dirigeantes sont plus enclines à écouter les avis scientifiques, comme l'a montré la réponse mondiale à la pandémie de coronavirus.

Aujourd'hui, de nombreuses organisations caritatives consacrent des fonds importants à l'éducation - et cela fonctionne. Dans le monde entier, la proportion de filles scolarisées est en hausse, et des pays comme le Bangladesh ont fait passer le taux de scolarisation des filles dans le secondaire de 39 % dans les années 1980 à près de 70 % aujourd'hui.

2. Le bambou : ce n'est pas seulement pour les pandas

Le bambou est la plante à la croissance la plus rapide au monde. Il peut pousser jusqu'à un mètre par jour et absorbe le carbone beaucoup plus rapidement que les arbres. Le bambou artificiel peut également être plus résistant que l'acier.

Tout cela en fait potentiellement un matériau très durable pour la construction de meubles et de bâtiments.

En Chine, le bambou était autrefois considéré comme "le bois du pauvre", mais son image est en train de changer. Les produits à base de bambou peuvent constituer une alternative durable et à faible teneur en carbone à l'acier, au PVC, à l'aluminium et au béton.

La culture du bambou présente également d'autres avantages écologiques : elle est généralement résistante aux parasites et peut renforcer la fertilité des sols, prévenir l'érosion et réduire le risque d'inondation.

Arief Rabik dirige la Fondation environnementale du bambou en Indonésie, une organisation caritative qui se consacre à la restauration des terres et à la capture du carbone grâce à un millier de "villages de bambou".

Chaque village sera entouré d'environ 20 kilomètres carrés de forêt de bambou mêlée de cultures et de bétail. Il souhaite étendre l'idée à neuf autres pays.

"Collectivement, ils absorberont et élimineront de l'atmosphère un milliard de tonnes de dioxyde de carbone chaque année", explique M. Arief.

3. Utiliser la loi pour lutter contre les gros pollueurs

Les avocats spécialistes du climat utilisent de plus en plus le bras fort de la loi dans la lutte contre le changement climatique. En effet, le système juridique est l'une des armes les plus puissantes dont on dispose pour contrôler les entreprises et les gouvernements pollueurs.

Tout récemment, un tribunal néerlandais a statué que le géant pétrolier Shell était légalement tenu de réduire ses émissions afin d'aligner ses politiques sur les objectifs de l'accord de Paris sur le climat - une affaire qui fera date.

Et le droit de l'environnement n'est pas le seul à venir à la rescousse. Des avocats avisés font preuve de créativité et utilisent les lois sur les droits de l'homme, le droit du travail et même le droit des sociétés pour lutter contre le changement climatique.

En 2020, un groupe d'investisseurs détenant seulement 35 dollars (18 834 FCFA) d'actions a réussi à empêcher la construction d'une centrale au charbon en Pologne. Comment ? Le groupe environnemental ClientEarth a utilisé ses actions dans la société polonaise d'énergie Enea et le pouvoir du droit des sociétés pour contester la décision de la société de soutenir la construction de la centrale au charbon Ostroleka C. Le tribunal a statué que l'ouverture d'une nouvelle centrale au charbon ne pouvait pas être autorisée.

Le tribunal a statué que l'ouverture d'une nouvelle centrale au charbon était tout simplement une mauvaise affaire illégale.

4. La chasse aux frigos gazeux

Tous les réfrigérateurs, congélateurs et climatiseurs contiennent des réfrigérants chimiques, comme les hydrofluorocarbones (ou HFC).

Mais le pouvoir isolant qui rend les HFC fabuleux dans les réfrigérateurs en fait également une couverture dangereuse pour la planète.

En fait, les HFC sont des gaz à effet de serre si puissants - bien plus que le CO2 - qu'en 2017, les dirigeants mondiaux ont convenu de les éliminer progressivement.

À elle seule, cette mesure devrait permettre de réduire le réchauffement climatique de 0,5 degré.

Mais le nombre de réfrigérateurs et de climatiseurs déjà existants est massif. La plupart des émissions de réfrigérants se produisant en fin de vie, le recyclage et l'élimination sûre sont essentiels.

Heureusement, à travers la planète, des équipes spécialisées traquent et détruisent les gaz réfrigérants dangereux.

Maria Gutierrez est directrice des programmes internationaux chez Tradewater, une entreprise qui cherche à trouver, sécuriser et traiter ces gaz en toute sécurité. Ces équipes parcourent souvent les anciens entrepôts et les sites d'élimination des déchets, à la recherche des unités de réfrigération incriminées.

"Certains nous appellent l'équivalent des S.O.S. Fantômes, mais pour les réfrigérants", explique Maria Gutierrez.

5. Rendre les navires plus glissants

Lorsqu'il s'agit du commerce mondial, quelques minuscules créatures peuvent constituer un énorme frein.

Le transport maritime est vital pour l'économie mondiale : 90 % des échanges commerciaux se font par bateau et ce mode de transport est à l'origine de près de 2 % de toutes les émissions d'origine humaine, un chiffre qui devrait encore augmenter au cours des prochaines décennies.

Étant donné que nous sommes si dépendants de ces navires, une petite créature marine clandestine - la balane - nous cause un gros problème.

Les bateaux incrustés de bernacles, de patelles et de moules consomment 25 % de diesel marin sale en plus que les "bateaux glissants" aux parois lisses, ce qui augmente les émissions et fait grimper les coûts de carburant de 31 milliards de dollars (16 billions 685 milliards 103 millions FCFA) par an.

Pour réduire l'agitation causée par ces bernacles, les experts trouvent des moyens ingénieux de rendre nos navires plus glissants. Ces moyens vont de la peinture UV spéciale à la chloration électrique à petite échelle, en passant par les robots de nettoyage de la coque.

L'idée maîtresse de toutes ces mesures est simple : "mieux vaut prévenir que guérir". Il s'agit de réduire l'accumulation de boue et de créatures marines avant qu'elles ne deviennent un obstacle.

Après tout, nous nous brossons régulièrement les dents pour éviter l'accumulation de la plaque dentaire, alors pourquoi ne pas utiliser la même approche pour l'entretien des navires ?

6. Créer un super riz

Saviez-vous que la culture du riz a une empreinte carbone élevée ? En fait, le riz a le même impact carbone que l'aviation !

La raison en est que la plupart de notre riz est actuellement cultivé dans des rizières inondées d'eau pour noyer les mauvaises herbes concurrentes. Mais cette eau empêche l'oxygène d'atteindre le sol, créant ainsi des conditions idéales pour les bactéries qui produisent du méthane.

Le méthane est un gaz qui, par kilogramme, peut provoquer un réchauffement de la planète 25 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Pour lutter contre cette menace climatique, les scientifiques mènent une révolution rizicole. Ils sélectionnent de nouvelles variétés de riz qui peuvent se développer dans des champs secs, ce qui permet d'économiser de l'eau, d'aider les agriculteurs et de réduire les émissions de méthane.

Ils ont étudié 650 nouvelles variétés de riz de l'Institut international de recherche sur le riz et ils utilisent les meilleures souches dans leur programme de sélection.

On espère que d'ici dix ans, la majeure partie de notre riz sera cultivée de cette manière beaucoup moins gazeuse.