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xxxxxxxxxxx of Tuesday, 26 January 2021

Source: rfi.fr

CAN 2021: le Cameroun est sur la bonne voie - Anthony Baffoe

Le secrétaire général adjoint chargé du football et du développement à la Confédération africaine de football (CAF), Anthony Baffoe, est optimiste sur la réussite de la prochaine CAN au Cameroun. L’ex-international ghanéen milite en outre pour une meilleure gestion des stades après les compétitions.


RFI: Anthony Baffoe, en prélude de la CAN dans un an, comment jugez-vous aujourd’hui l’état des infrastructures pour ce CHAN au Cameroun?


Anthony Baffoe: Nous sommes au CHAN et sur ce que je vois au Cameroun, si je prends l’exemple du stade de Japoma à Douala, ou celui d’Olembé à Yaoundé, ce sont des enceintes de Coupe du monde. Cela me donne une certaine fierté de voir de grands stades sur le continent africain. Maintenant, il faut travailler pour la gestion du stade surtout à la fin des compétitions. Le CHAN est un très bon test. La CAN, c’est six sites avec six stades ; en Égypte, on avait six sites et chaque équipe avait son terrain d’entraînement. Dans le cahier des charges de la CAF pour la CAN, deux équipes partagent un terrain. L’Égypte avait fait mieux, le Cameroun pourrait faire comme l’Égypte au vu de ce qu’ils sont en train de faire. C’est pour vous dire que vraiment les stades sont là, les infrastructures sont bien travaillées. Nous avions décalé la CAN du Cameroun pour leur permettre de mieux se préparer, ils sont sur la bonne voie.

Au vu du CHAN, est-ce que le Cameroun est prêt pour la CAN ou il y a encore certaines choses à améliorer ?


Je vous ai dit qu’ils étaient sur la bonne voie. C’est quelque chose d’important. Les Camerounais mettent beaucoup de passion à l’ouvrage. Le CHAN leur permet aussi d’apprendre à parfaire leur formation. Cette compétition est déjà une grosse organisation, imaginez donc la CAN avec toutes les vedettes qui seront présentes. Le Cameroun peut organiser une CAN de qualité et nous sommes-là aussi pour les guider pour arriver au top. Nous avons encore du temps, il reste encore une année. Je répète, le CHAN est un bon test pour tout le monde aussi bien pour la CAF que pour le Cameroun.

Pour en revenir à Japoma et Olembé, le problème avec les stades construits pour la CAN, c’est qu’ils sont mal exploités voire laissés à l’abandon après la compétition…


C’est vrai, ce qui est important, c’est après. Ce qui important, c’est de faire plus de formation, de gestion et d’assistance. Il faut un professionnel pour être directeur d’un stade. Il faut également un directeur pour l’événementiel. On peut organiser des concerts, mais aussi des combats de boxe par exemple dans ces stades. Encore une fois, et on l’a répété au comité d’organisation, les gens qui ont contribué à la construction des stades doivent continuer leur formation et être ceux qui vont gérer les stades après la compétition. Si les formations nécessitent des séjours ou apprentissages en Europe, la CAF est là pour gérer cela. Il faut vraiment avoir une expertise et un héritage pour ces stades. J’insiste sur ce point, j’ai envie de voir aussi plus de musées dans les stades pour honorer les légendes. Au Cameroun, on échange avec le ministre des Sports et les autorités pour l’avenir des stades après la CAN. Le gouvernement a investi beaucoup d’argent, donc c’est une nécessité d’avoir une bonne politique de gestion après la Coupe d’Afrique. Nous, on va continuer à mettre la pression.

Après le Cameroun, la CAN ira en Afrique de l’Ouest avec la Côte d’Ivoire (2023) et la Guinée (2025). C’est un retour dans cette partie de l’Afrique depuis le Ghana en 2008. C’est surtout l’occasion pour ces pays de se doter de nouveau en infrastructures


Bien sûr, c’est toujours une belle opportunité pour ces pays. C’est ça aussi l’avantage d’organiser une Coupe d’Afrique. Nous avons invité la Côte d’Ivoire à venir regarder comment cela se passe au Cameroun pour faire le transfert de connaissances. Les personnes clés dans une organisation, c’est déjà un bon directeur de tournoi, un bon chef de sécurité. Nous sommes là pour les accompagner à se préparer avant les délais. Nous avons déjà commencé les inspections en Côte d’ivoire, pour vous dire qu’on suit vraiment tout cela de près. Cela nous fait plaisir que la CAN revienne en Afrique de l’Ouest. Moi je suis un panafricaniste. Je suis ghanéen, né en Allemagne, mon cœur est africain. Ça va être le tour de l’Afrique de l’Ouest, après l’Afrique australe, l’Afrique du Nord, et l’Afrique centrale. De par ma fonction, je suis en charge aussi du développement, donc on va pousser pour que les 54 pays se développent footballistiquement.

La nouvelle donne dans l’organisation, c’est le Covid. Le CHAN, c’est aussi un test pour mieux préparer le protocole sanitaire de la CAN ?


Le Covid perturbe tout dans le monde. Je le dis souvent : ‘’Nous ne contrôlons pas le Covid. C’est le Covid qui nous contrôle’’. Je suis content que le CHAN soit le premier tournoi de football ouvert au public depuis le début de la pandémie du Covid-19. C’est bon de voir la joie des gens ici au Cameroun et celle des joueurs. C’est un défi d’organiser cette compétition dans le contexte actuel, mais on doit vivre avec ça. Les médecins de la CAF et ceux du Cameroun travaillent 24h sur 24 pour avoir le meilleur protocole. Ce n’est pas parfait, mais on veut faire le maximum pour protéger les gens. Cela passe par l’éducation, la communication, parce que malheureusement, en Afrique beaucoup croient que cette maladie n’existe plus. Moi, j’ai perdu des proches, donc il faut prendre ça très au sérieux.

L’intégration des anciens joueurs, des anciennes légendes africaines, au sein de la CAF, était un vœu de l’ancien président Ahmad. Où en est-on aujourd’hui ?


Ce n’était pas seulement un souhait de l’ancien président, c’était aussi le mien. N’oubliez pas que je suis un ancien joueur. J’ai créé une grande plateforme sur WhatsApp avec des légendes. Dernièrement, nous avons sollicité beaucoup de légendes pour la campagne visant à mettre en évidence les mesures contre la propagation du Covid-19. Pendant ce CHAN par exemple, Daniel Amokachi (Nigeria), Mark Fish (Afrique du Sud), Khalilou Fadiga (Sénégal) ou Nourredine Naybet (Maroc) sont intégrés dans les groupes techniques. Il y a les Camerounais Rigobert Song, Geremi Njitab ou encore Samuel Eto’o qui est conseiller du président. On peut citer également Herita Ilunga (RD Congo) qui était présent lors du dernier tournoi, Diomansy Camara (Sénégal), etc... On les utilise et je crois que c’est important d’être là et de les guider après le football. Les anciens joueurs peuvent beaucoup apporter à la CAF.

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