Vous-êtes ici: AccueilSport2021 03 16Article 580333

BBC Afrique of Tuesday, 16 March 2021

Source: bbc.com

AstraZeneca : Le régulateur de l'UE est "fermement convaincu"

L'autorité européenne de réglementation des médicaments affirme être "fermement convaincue" que les avantages du vaccin Covid-19 d'Oxford-AstraZeneca l'emportent sur les risques.

Elle réaffirme que "rien n'indique" que le vaccin provoque la formation de caillots sanguins, après que plusieurs grands pays de l'UE ont interrompu leur campagne de vaccination.

Emer Cooke, directrice de l'Agence européenne des médicaments (EMA), souligne que l'organisme s'en tient à sa décision d'approuver le vaccin.

Une enquête est en cours sur les cas de thrombose veineuse cérébrale survenus chez une poignée de personnes.

L'Organisation mondiale de la santé exhorte les pays à ne pas interrompre les vaccinations.

Des experts de l'OMS en matière de sécurité des vaccins se réunissent également ce mardi pour examiner le vaccin Oxford-AstraZeneca.

A ne pas manquer sur BBC Afrique :

    Pourquoi ce serait une bonne nouvelle si Perseverance ne découvrait pas de vie sur Mars ? Ces découvertes sur le VIH en RDC qui "donnent de l'espoir pour la guérison" Comment des esclaves ouest-africaines ont mis le riz sur la table aux États-Unis
L'EMA affirme que le nombre de cas de caillots sanguins signalés chez les personnes vaccinées n'est pas plus élevé que celui observé dans la population générale.

"Nous savons que des milliers de personnes développent des caillots sanguins dans l'UE et nous voulons donc établir si ces événements sont causés par le vaccin ou par d'autres causes", déclare Mme Cooke.

"Bien que l'enquête soit en cours, à l'heure actuelle, nous sommes toujours fermement convaincus que les avantages du vaccin d'AstraZeneca dans la prévention du Covid-19, avec les risques d'hospitalisation et de décès qui y sont associés, l'emportent sur les risques", ajoute-t-elle.

Les résultats de l'enquête de l'EMA devraient être publiés jeudi.

Que font les pays européens ?

Un certain nombre de pays ont suspendu l'utilisation du vaccin, notamment l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne.

Ils disent suspendre le déploiement du vaccin à la suite de rapports faisant état de formation de caillots sanguins chez certains sujets vaccinés. Les caillots sanguins sont des amas solides qui se forment dans le sang et qui peuvent mettre la vie en danger s'ils ne sont pas traités rapidement. Les pays ont souligné qu'il s'agissait d'une mesure de précaution.

"Il s'agit d'une décision professionnelle", indique le ministre allemand de la santé, Jens Spahn, ajoutant qu'il suit la recommandation de l'institut national des vaccins.

Lire aussi :

    Les plus grands pays de l'UE suspendent le vaccin d'AstraZeneca L'Afrique du Sud arrête le déploiement du vaccin d'AstraZeneca
Le ministre des Finances, Olaf Scholz, ajoute que l'Allemagne espère que le vaccin pourrait être réutilisé et qu'elle attendait de l'EMA qu'elle décide rapidement de la marche à suivre.

Plusieurs experts médicaux et politiciens en Allemagne, où les infections augmentent rapidement, ont fait valoir que le vaccin devrait être utilisé jusqu'à ce que son innocuité soit prouvée.

Une porte-parole du parti Free Democrat soutient que cette décision a retardé l'ensemble du programme de vaccination. L'expert en santé des Verts, Janosch Dahmen, fait valoir que les autorités auraient pu fournir des informations détaillées sur le "risque gérable" et continuer à utiliser le médicament.

D'autres pays, dont l'Autriche, ont interrompu l'utilisation de certains lots du médicament, tandis que la Belgique, la Pologne, la République tchèque et l'Ukraine ont déclaré qu'ils continueraient à administrer le vaccin d'AstraZeneca.

L'augmentation du nombre de cas a conduit de nombreux pays à renforcer les restrictions et l'on s'inquiète du rythme de la campagne de vaccination en Europe, qui a déjà été affectée par des pénuries.

A regarder :

En Italie, le directeur général de l'autorité des médicaments qualifie de "politique" la décision de suspendre le vaccin.

Nicola Magrini indique au quotidien italien la Repubblica que le vaccin est sûr et que le rapport bénéfice/risque du vaccin est "largement positif".

Risques en faveur de la vaccination - Analyse de Nick Triggle, Correspondant Santé

Il est compréhensible que toute personne souhaitant se faire vacciner soit inquiète au vu de ces nouvelles.

Mais les autorités de réglementation au Royaume-Uni et en Europe sont claires : la vaccination doit se poursuivre, même si certains pays ont adopté une approche différente.

Pourquoi ? C'est une question de risque.

D'après ce qui a été publié jusqu'à présent, le risque de formation d'un caillot sanguin après la vaccination est très faible et, à ce stade, il semble qu'il soit conforme à ce que l'on pourrait attendre de toute façon - une coïncidence plutôt qu'une cause.

En comparaison, le risque lié au Covid pour les personnes qui se voient actuellement proposer le vaccin est important.

La majeure partie de l'Europe continentale est encore en train de vacciner les plus de 70 ans.

S'ils sont infectés et présentent des symptômes, ils ont environ une chance sur quatre de tomber gravement malades et de devoir être hospitalisés.

Au Royaume-Uni, les quinquagénaires figurent parmi les populations qui reçoivent le vaccin en priorité. Ils ont une chance sur dix d'être infectés.

Qui plus est, l'une des conséquences les plus courantes de la forme grave de Covid est la formation de caillots sanguins.

En matière de risque, les chances sont clairement en faveur de la vaccination.

Que dit l'OMS ?

L'organe sanitaire des Nations Unies se réunit ce mardi pour "examiner les études faisant état de troubles rares de la coagulation sanguine" chez les personnes ayant reçu le vaccin d'AstraZeneca.

Lundi, un porte-parole indiquait qu'il n'y a "aucune preuve" que les incidents sont liés au vaccin.

"Dès que l'OMS aura acquis une compréhension complète de ces événements, tiré les conclusions et toute modification des recommandations actuelles seront immédiatement communiquées au public", ajoute Christian Lindmeier, porte-parole de l'OMS.

Lire aussi :

    Qu'est-ce qu'un vaccin et quelles autres questions soulève-t-il ? En quoi Johnson & Johnson diffère-t-il des autres vaccins contre les coronavirus ?
L'autorité britannique de réglementation des médicaments pense que les preuves "ne suggèrent pas" que le vaccin provoque la formation de caillots, tout en exhortant les habitants du pays à se faire vacciner lorsqu'on leur demande de le faire.

Que dit AstraZeneca ?

L'entreprise pharmaceutique affirme qu'il n'existe aucune preuve d'une augmentation du risque de coagulation due au vaccin.

Elle soutient qu'au sein de l'UE et du Royaume-Uni, 15 cas de thrombose veineuse profonde (TVP) - un caillot de sang dans une veine - et 22 cas d'embolie pulmonaire - un caillot de sang qui a pénétré dans les poumons - ont été signalés parmi les personnes vaccinées.

Ces chiffres sont "bien inférieurs à ce que l'on pourrait attendre d'une population générale de cette taille et sont similaires à ceux des autres vaccins Covid-19 autorisés".

Le professeur Andrew Pollard, directeur du groupe de vaccination d'Oxford qui a mis au point le vaccin Oxford-AstraZeneca, a déclaré lundi à la BBC qu'il existe "des preuves très rassurantes qu'il n'y a pas d'augmentation du phénomène des caillots sanguins ici au Royaume-Uni, où la plupart des doses en Europe ont été administrées jusqu'à présent".

La Finlande a également réalisé une "étude très minutieuse" et n'a pas constaté de risque accru, dit-il.

Il ajoute qu'il est "absolument essentiel que nous ne soyons pas confrontés à un problème de non-vaccination".

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter