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General News of Wednesday, 3 June 2020

Source: actucameroun.com

'le Cameroun est une postcolonie où l’Etat exerce une violence carnavalesque'- Achille Mbembe


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Politologue et historien camerounais il revient ici sur certains concepts sur Son ouvrage paru en février 2020. Un parallèle est très bien fait avec son pays natal : le Cameroun.

Dans une interview à Journal du Cameroun, Achille Mbembe parle de son actualité. L’écrivain est depuis quelques jours au-devant de la scène après un éditorial de Charles Ndongo le 19 mai 2020, où il s’est référé au concept « brutalisme ». Ce qui n’est rien d’autre que le titre de l’ouvrage de Mbembe, sorti en février 2020. Le patron du média public utilise ce terme pour qualifier les camerounais qui expriment leur ras-le-bol sur les réseaux sociaux.

Pour l’auteur, Charles Ndongo n’est pas trop dans le sujet de son livre. « Disons tout simplement que du terme « brutalisme » ainsi que de mon livre, Charles en a fait un usage passablement polémique. Dans mon esprit, le terme décrit un mode d’exercice du pouvoir. Il ne renvoie pas à des modes de résistance au pouvoir, à des modes de subjectivation ou à des pratiques communicationnelles », commente ce dernier.


Postcolonie

Pour lui, 'la notion de 'brutalisme' vise à décrire la manière dont le pouvoir est exercé'. À la question de savoir si le terme peut être appliqué dans le contexte actuel au Cameroun, il développe son analyse. 'Dans des travaux antérieurs, j’ai décrit le régime et les formes d’exercice du pouvoir au Cameroun comme relevant d’un modèle hybride et baroque. Ce modèle est marque par la prédation des corps et l’extraction des richesses a l’état brut, une violence carnavalesque, et une relation symbiotique entre dominants et domines. A cette sorte de formation sociale, et à ce style de commandement, j’ai donné le nom de 'postcolonie', commente celui-ci.

En effet, ce qu’il appelle postcolonie est un mélange composite. L’on retrouve ici, des restes du « commandement » colonial sur fonds d’imaginaire de la « chefferie ». En clair, « une forme baroque de la tyrannie à laquelle il convient d’ajouter bien des aspects des satrapies anciennes », conclut l’historien.

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