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Actualités Criminelles of Thursday, 9 September 2021

Source: Kalara

Yaoundé: un policier poursuivi pour avoir tué un «Benskineur» centrafricain

L’homme en tenue nie les faits et explique qu’il s’agissait d’un accident L’homme en tenue nie les faits et explique qu’il s’agissait d’un accident

Il est reproché au gardien de la paix d’avoir ôté la vie à un jeune homme et blessé grièvement le frère de ce dernier avec une arme de service. L’homme en tenue nie les faits et explique qu’il s’agissait d’un accident survenu pendant qu’il venait au secours d’une dame victime d’un coup de vol.

Sylquaine Obiang Obiang, le gardien de paix 2ème grade écroué à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui et poursuivi pour meurtre et blessures graves n’est pas allé au bout de son témoignage lors de l’audience criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) du Mfoundi du 3 septembre 2021. Il a été interrompu par un incident survenu en cours d’audience.

Il s’agit de l’explosion d’une bouteille de vin de palme consommé par les détenus de la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, qui a créé la panique dans la salle d’audience. L’odeur de l’alcool et le vacarme provoqué par ce malheureux incident, ont obligé le collège des juges présidé par Mme Bidias à renvoyer l’examen de la majorité des dossiers programmés ce jour-là, au 1er octobre 2021.

Avant l’incident décrié, l’examen de l’affaire Obiang Obiang Sylquaine était déjà avancé. Dans la présentation des faits au centre du procès, le magistrat du parquet a expliqué que la scène se passe le 24 juin 2021 au quartier Mvan à Yaoundé. Au cours d’une altercation, l’accusé a, à l’aide de son arme à feu de service, causé la mort de Yaya Mamadou et des blessures graves à son frère Bello Mouaman Sani.

Au cours de l’enquête ouverte à ce sujet, le survivant Bello Mouaman Sani a indiqué que le 24 juin 2018, au carrefour Santa Lucia, ils ont décidé, son frère et lui, de faire remorquer leur motocyclette en panne à bord d’un car. C’est alors que le fonctionnaire de police s’est présenté en compagnie d’une dame, qui recherchait les voleurs de son sac.

Même comme la plaignante n’avait pas formellement désigné les deux frères comme ses ravisseurs, M. Obiang Obiang Sylquaine leur a exigé, eux qui ne disposaient que des cartes d’identité scolaire, de présenter leurs cartes nationales d’identité (CNI) et les papiers de leur motocyclette.

C’est en raison de cette insistance qu’une altercation est née. Le policier qui portait une arme à feu de service a ôté la vie à Yaya Mamadou en lui tirant une balle à la poitrine. Il a également tiré une seconde balle qui a atteint Bello Mouaman Sani provoquant à ce dernier la paralysie des deux jambes.

Le représentant du parquet, qui a indiqué que l’accusé a toujours nié les faits de meurtre et blessures graves mis à sa charge, a présenté au tribunal des éléments de preuve au soutien de l’accusation. Lesdits documents ont été admis au dossier de procédure comme pièces à conviction en dépit des contestations de l’avocat de l’accusé qui les qualifiait de «simples photocopies» certifiées par un officier de policier judiciaire au lieu d’une autorité d’un hôpital.

Vol d’un sac…

Pour sa défense, Sylquaine Obiang Obiang, a nié les charges qui pèsent sur sa personne en présence du commissaire divisionnaire Jean Serge Abessolo, représentant de la délégation générale à la sûreté nationale. Il a expliqué que le 24 juin 2021, M. Mbarga Nguele Martin, délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) qui était à Mbalmayo devait rejoindre Yaoundé.

Pour cela, il fallait prendre des dispositions sécuritaires pour son retour. Il était question, dit-il, de déployer sur les différents points stratégiques, des éléments en service au poste de police du carrefour Mvan. Il déclare avoir été constamment en contact téléphonique avec le chef de poste qui lui communiquait l’évolution du cortège du Dgsn.

C’est ainsi qu’une dame s’était présentée au poste de police déclarant avoir été victime du vol de son sac. Elle disait avoir retrouvé les bandits, qui transportaient une motocyclette dont une roue était crevée. «J’ai effectivement trouvé une moto avec une roue crevée à la galerie du véhicule dans une agence de voyages de Mvan.

J’ai demandé au chauffeur dudit véhicule d’aller au poste de police pour une enquête portant sur la motocyclette qu’il transportait». Il raconte qu’un passager défiant ses injonctions s’était aussitôt levé de son siège pour décharger l’engin litigieux et tenter de la charger sur une autre motocyclette avec l’aide de son frère.

Dans la suite de son récit, le policier a déclaré que pendant qu’il tentait de persuader le passager rebelle de ne plus toucher à la motocyclette querellée, un individu a déclenché le tir fatal en sautant sur le canon de son arme. Face à cette confusion qui devenait une menace pour lui, Sylquaine Obiang Obiang dit avoir déclenché un tir pour crever les roues de la motocyclette qu’il pourchassait.

«Je n’avais pas l’intention de faire du mal à ce jeune homme que je ne connaissais pas. En dehors de ce tir qui l’a touché à la jambe, j’en ai fait d’autres en l’air pour dissuader l’attroupement». D’après le policier, en allant au secours de la dame en détresse, il remplissait sa mission de protection des personnes et de leurs biens.

Répondant aux questions du ministère public, le policier a dit avoir utilisé l’arme sans l’autorisation du chef de poste parce ce que ce dernier était absent et qu’il était en face d’une urgence. «Le chef de poste étant empêché ainsi que le chef de la brigade, j’étais le seul responsable à prendre une quelconque décision», a-t-il déclaré avant d’être interrompu par l’explosion de la bouteille de vin de palme qui a créé la confusion dans la salle d’audience.

La suite des débats est prévue le 1er octobre 2021, date de la prochaine audience. Comme rappelé, ce renvoi a été provoqué par un incident qui vient à nouveau mettre en exergue le climat d’insécurité en vigueur dans certaines salles d’audience à cause du laxisme ou de la complicité de certains gardiens de prison qui autorisent la consommation de l’alcool et autres produits dangereux par des détenus.

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