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General News of Thursday, 17 December 2020

Source: Essingan N°425

Yaoundé : immersion dans le labo des arnaqueurs

A l'approche des fêtes de fin d'année, des individus de moralité douteuse multiplient des moyens et des astuces pour se faire de l'argent à ciel ainsi qu'à travers certains supports tel que la téléphonie mobile au grand dam des victimes.



C’est un nouveau vent de roublardise qui souffle voilà déjà plus de deux semaines dans la cité capitale, Yaoundé. Les populations se font arnaqueur par des individus dont l’identification reste à déterminer par les forces de maintien de l’ordre. Christian Mfoulou est l’une des malheureuses victimes de cette machination bien orchestrée. Le pauvre raconte qu’il y a environ trois semaines, il a reçu un appel venant d’un individu qui semblait le connaitre mais dontil avait peu de souvenirs. Après quelques civilités verbales, le monsieur lui fait savoir qu’il ne travaillait plus dans la ville de Yaoundé et qu’il avait été affecté dans la région de l’Est dans un camp de réfugiés et qu’un jour, il aurait besoin de ses services pour une affaire qui leur permettra à chacun d’avoir des sous.

Mais, grâce à une application dans son téléphone, le nom qui apparait est celui de M. Olivier (n° Tel 677.26.54.05). Deux semaines après cet échange, l’infortuné reçoit un nouvel appel de son futur ravisseur qui lui demande d’être prêt parce que l’échéance était imminente. Vendredi dernier, alors qu’il n’est que 07 heures du matin, son téléphone sonne et il constate que c’est dernier qui l’appelle. Lorsqu’il décroche, Christian Mfoulou est heureux de savoir que son ami a pensé à lui comme promis. Il dit à Christian Mfoulou que, « nous sommes à l’Est et nous sommes sur le point de prendre la route pour Yaoundé. Nous devons acheter 400 bâches pour les réfugiés. Tu devais être associé à Clément mais étant actuellement à l’étranger, tu vas t’en occuper tout seul. Il faut appeler Aladji Souleyman (652.38.07.06- 699.63.76.99), alias « Zena », un commerçantgrossiste. Ce dernier serait propriétaire de deux boutiques (Yaoundé et Edéa), demandelui s’il a en stock environ 400 bâches disponibles et de couleur blanche, à raison d’une bâche à 10.000 Fcfa.

N’oublie pas de lui dire que tu viens de la part de Clément et qu’il faut qu’il fasse une facture à raison de 14.000 Fcfa l’unité. Le coordonnateur va t’appeler avant que nous ne quittions L’Est pour se rassurer que la marchandise est sur place ». Lorsque Christian Mfoulou appelle « Zena », ce dernier lui fait savoir que la boutique de Yaoundé est fermée pour le moment à cause de la rupture de stocks due au Covid-19. Mais, il lui fait savoir qu’il est à Edéa et que son petit frère peut convoyer les bâches à Yaoundé. Il lui fait savoir qu’il enverrait 401 bâches et qu’une bâche est un bonus pour Christian Mfoulou qui lui permet de faire une grosse vente.

M. Olivier passe le numéro de Christian Mfoulou à un de ses complices qui se fait passer pour le coordonnateur (Hamadou Mathieu, 676.13.00.09) du centre des réfugiés et qu’il est en quête de 400 bâches et qu’un de ses proches collaborateurs lui a fait savoir que Christian Mfoulou pouvait lui fournir ce dont-il a besoin dans les brefs délais pour qu’il puisse rentrer aussitôt à l’Est. Quelques minutes après, « Aladji Souleyman » rappelle Christian pour lui demander 85.000 Fcfa comme avance pour désintéresser le conduc teur, Sali, et pour les postes de péages et les tracasseries des forces de maintien de l’ordre le long du trajet. Le pauvre jeune homme revient vers M. Olivier pour lui faire part des besoins de « Aladji Souleyman » et ce dernier pique une colère en disant « ce n’est pas normal, il aurait dû le dire avant que nous ne prenions la route. J’aurais fait un retrait dans ma carte bancaire. Cette affaire nous concerne tous. Trouve 85.000 même s’il y a un taux d’intérêt, une fois à Yaoundé, nous allons restituer. Il dit n’avoir que 32.000 Fcfa dans un de ses comptes qu’il aurait aussitôt envoyé à Sali le chauffeur du camion. Mais « Aladji Souleyman » n’est pas satisfait et exige 55.000 Fcfa pour que son camion de bâches quitte Edéa pour Yaoundé.

Christian Mfoulou, qui à cet instant ne possède pas cette somme d’argent prend son écran plasma de 42 pouces et va voir un usurier. L’usurier prend le téléviseur sachant qu’il recevra 65.000 Fcfa le même jour. A contrario, le téléviseur lui revient de droit. Christian Mfoulou envoie à Sali l’argent exigé et après confirmation « Aladji Souleyman » lui fait savoir que la marchandise est en route et qu’il fallait qu’il soit à Mvan dans les trois heures qui suivent pour la transaction finale. Deux heures après, alors qu’il est dans un tournedos de Mvan, lorsque Chrsitian essaie de rappeler l’un de ses interlocuteurs, il n’a droit qu’à la messagerie vocale. Il ne comprend pas ce qui lui arrive et commence à pleurer comme un enfant. Il vient de réaliser qu’il s’est fait duper.

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