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General News of Friday, 24 July 2020

Source: Actu Cameroun

Yaoundé – Malabo : leçons d’une sortie de crise


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Obligés à coexister, les populations de ces deux pays ont en partage la culture, les origines et l’espace vital. Des réalités que les institutions et ceux qui les incarnent ne peuvent que consolider.

Revoici donc le Cameroun et la Guinée Equatoriale unis pour une nouveau départ. Un nouveau jour dont les premiers clichés ont déjà été vécus dans la soirée du mardi, 22 juillet 2020 à l’aéroport international de Malabo, au moment pour le ministre camerounais délégué à la présidence chargé de la Défense (Mindef), Joseph Beti Assomo, de prendre congé d’avec le ministre de la Défense nationale de Guinée Equatoriale, Leandro Bakale Nkogo. A côté du poids des intentions en engagements pris lors de la clôture des travaux, les deux membres du gouvernement ont redit leur volonté commune de voir le ciel s’éclaircir davantage entre «les deux pays frères, voisins et amis.»

D’ailleurs, entre les deux capitales comme pour les deux peuples, rien n’aurait dû perturber, assombrir cet horizon depuis le 27 octobre 1968, date de rétablissement des relations diplomatiques entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale. Ces deux pays frontaliers présentent des conditions naturelles favorables à la réalisation d’une coopération transfrontalière, notamment l’homogénéité ethnoculturelle et géographique. En effet, les zones transfrontalières qui séparent les deux pays sont peuplées par le même groupe ethnique Fang, séparées par une même frontière maritime et terrestre et regorgent tout le long d’importantes ressources naturelles.

Véritable tremplin

Dès lors, il urge plus que par le passé, de faire savoir aux populations que les réalisations d’une coopération authentique entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale, est un véritable tremplin pour leur épanouissement mutuel. A ce titre, le réalisme, le trans-nationalisme, le constructivisme, le fonctionnalisme et l’analyse des données à travers une approche socio-historique et géopolitique, permettent d’être optimiste quant à l’avenir. L’accord signé le 22 juillet dernier étant véritablement un catalyseur de la coopération transfrontalière. D’où l’espoir qu’il aura plus que ses devanciers, d’assainir les relations entre le Cameroun et son voisin du Sud-ouest.

Pour que les difficultés de la gestion quotidienne de la frontière commune et les enjeux divers tendant à faire de la frontière entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale un outil d’instrumentalisation au service des intérêts particuliers, ne soient plus qu’un lointain souvenir. C’est le sens de l’appel des deux ministres en charge de la Défense, pour une véritable prise de conscience politique en vue de l’émergence d’une coopération transfrontalière mieux élaborée et davantage décentralisée. Il faut donc comprendre pourquoi le Cameroun et la Guinée équatoriale ont décidé de la mise en place d’une patrouille mixte aux frontières que partagent les deux pays afin de lutter contre la piraterie maritime.


Volonté politique

Cette volonté politique matérialisée au terme des travaux de l’hôtel Hilton Yaoundé, du 29 au 30 juin 2020 et du centre des conférences de Sipopo, les 21 et 22 juillet, est la concrétisation des modalités de collaboration et d’actions sécuritaires à la frontière entre les deux pays. Le Cameroun et la Guinée équatoriale partagent une frontière longue de quelque 300 kilomètres, objet de différends réguliers entre les deux Etats. Pourtant tous deux sont condamnés à une intégration qui n’est possible que s’il existe à la base une coopération transfrontalière, laquelle est susceptible d’éliminer les «effets barrières» des frontières pour en faire des espaces de jonction pour une meilleure utilisation des ressources communes.

A ce titre, sous l’impulsion des deux chefs d’Etat, Paul Biya du Cameroun et Teodoro Obiang Nguema de Guinée Equatoriale, la paix, la démocratie et la libre circulation des hommes et des biens, doivent plus que jamais être les moteurs des actions concertées. Ceci veut dire que l’un et l’autre avancent sans ruse ni volonté d’hégémonie. Pour que la situation qui a favorisé l’audience de l’ambassadeur de Guinée Equatoriale au Cameroun, Anastasio Asumu Mum Munoz reçu, par le ministre des Relations extérieures, Félix Mbayu le 08 août 2019, ne se répète plus.

En effet, même si les officiels de Guinée Equatoriale nient les faits, le début de la construction d’un mur de séparation entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale aura été un très mauvais point pour l’intégration sous régionale. A-travers ce projet, Malabo voulait empêcher les ressortissants ouest-africains de transiter par le Cameroun pour regagner illégalement la Guinée Equatoriale. Mais à Yaoundé, on a vu d’un mauvais œil ce que d’aucuns considéraient comme des velléités expansionnistes du voisin équato-guinéen.

Surtout que l’armée de ce pays a empiété sur le territoire camerounais, repoussant la frontière à plus de 25 mètres. Cette information démentie par les autorités de Guinée Equatoriale, n’a plus d’importance aujourd’hui. Pour autant que les deux parties respectent l’accord qui les lie désormais.

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