Vous-êtes ici: AccueilInfos2021 03 10Article 578821

General News of Wednesday, 10 March 2021

Source: visiterlecameroun.com

Voici la vraie histoire coloniale du Cameroun qui doit être enseignée

L’histoire coloniale du Cameroun commence véritablement avec la signature en 1884 des deux traités germano-douala entre les chefs douala et les explorateurs allemands. Par ces traités, les allemands se sont offert un droit de souveraineté sur le kamerun. Les deux guerres mondiales viendront ajouter deux autres colons dans l’histoire coloniale de ce pays.


Le Kamerun allemand
Période 1845 – 1884

En 1845, des missionnaires baptistes britanniques s’installèrent au Cameroun, qui entra de fait dans la zone d’influence du Royaume-Uni. Mais cela ne dura pas très longtemps : en 1868 un comptoir allemand fut ouvert près de Douala par Woerman, un marchand de Hambourg.
L’objectif des Britanniques était de développer leur commerce et de mettre un terme à l’esclavage dans la région ce qui n’était pas du goût des chefs Doualas de l’époque qui allèrent jusqu’à écrire à la Reine Victoria pour lui signifier leur mécontentement.
Dans les années 1860-1870, les Français et les Allemands commencèrent à s’intéresser au Cameroun.

Le gouvernement allemand envoya Gustav Nachtigal négocier la mise sous tutelle allemande du Cameroun avec les chefs Doualas. Deux traités en ce sens furent signés avec des chefs de l’estuaire du Wouri appelée « Cameroon River » par les Britanniques. Ce sont les traités germano-Douala. Le premier de ces traités qui date du 12 juillet 1884 marque la naissance internationale du Cameroun moderne.
Le 14 juillet 1884, le drapeau allemand flottait à « Cameroon Towns » devenu « Kamerun » pour les allemands et plus tard Douala, et ce territoire devint la colonie allemande du « Kamerun ».


Période 1884 – 1922

Malgré l’opposition des chefs Doualas, le protectorat allemand s’étendit du lac Tchad au nord aux rives de la Sangha au sud-est. Le long de leur progression vers l’est, les allemands se heurtèrent aux populations locales qui pensaient leur commerce menacé.

Le Kamerun Schutzgebiet fut placé sous l’autorité d’un gouverneur représentant le Chancelier du Reich et divisé en unités administratives dénommées postes et stations pour les plus petites, Bezirk (au sud) et Residentur (au nord) pour les grandes.

Douala fut tout d’abord choisie pour abriter la résidence des gouverneurs et le siège du gouvernorat (1885-1901), puis ce fut le tour de Buéa (1901-1909), au climat reputé plus frais. L’éruption du Mont Cameroun qui eut lieu en 1908 mit prématurément fin au règne de Buéa. Ce fut de nouveau le retour à Douala où les Allemands se heurtèrent cette fois-ci à la révolte des Douala qui refusaient de se laisser expulser de leurs terres. Considéré comme une zone d’exploitation, le protectorat du Kamerun fut mis en valeur par ses nouveaux maîtres sur les plans agricole et infrastructurel. En ce qui concerne l’agriculture, les Allemands créèrent des grandes plantations de produits d’exportation, cacao, café, banane, caoutchouc, huile de palme, dont la plupart se trouvaient sur les flancs du Mont Cameroun. Pour l’évacuation des produits cultivés, les Allemands ouvrirent de nombreuses routes, construisirent des ports et surtout des chemins de fer. Ils mirent en place les premières infrastructures télégraphiques, téléphoniques et radiotélégraphiques.

Des révoltes éclatèrent dans les plantations et dans la région de Douala, allant même jusqu’à la grève de l’impôt. Néanmoins, la maîtrise allemande ne fut pas remise en cause par ces évènements.

En dehors de la période de la signature du traité germano-douala, les Allemands rencontrèrent de la résistance et des révoltes dans leur tentative de conquête de l’arrière-pays du Cameroun. Les Allemands se firent aider dans leurs conquêtes par chefs traditionnels dont les plus célèbres furent le Fon Galega Ier de Bali, le Sultan Bamoun Ibrahim Njoya, et Charles Atangana qui fut plus tard nommé Oberhaüptling (chef supérieur) des Yaoundé et Bané.

Ils atteignirent néanmoins l’Adamaoua en 1899 et le Lac Tchad en 1902, après des guerres meurtrières qui laminèrent les États Foulbés et le royaume Mandara (déjà très affaibli contre les incessantes guerres contre les Peuls et le royaume du Kanem-Bornou). Seul le royaume Bamoun, dont le souverain Njoya (1875-1933) évita la guerre en négociant avec les Allemands. Le Sultan Njoya ouvrit son pays aux innovations politiques et économiques qu’ils proposaient pour ne pas être demis de son pouvoir. En 1911, le territoire du Kamerun s’élargit d’une partie du Congo cédée par la France (le bec de Canard, car il donnait accès au Fleuve Congo)


Dans le sud forestier, l’armée allemande s’empara de Kribi le 15 octobre 1887.

En 1894, le Major Hans Dominik établit son poste militaire à Yaoundé puis des relations amicales furent créées avec plusieurs chefs comme Charles Atangana, Nanga Eboko.

L’est ne sera colonisé et pacifié qu’en 1907 par le major Hans Dominik.
En 1908, la capitale fut transférée à Douala. En 1911, suite au Traité de Fès destiné à régler le litige sur le Maroc les français cèdent certains de leurs territoires d’Afrique équatoriale à l’Allemagne, que ces derniers baptisent aussitôt : Neukamerun (« Nouveau Cameroun »).

Après la Première Guerre mondiale, pendant laquelle le Cameroun fut conquis par les forces franco-britanniques, la colonie allemande fut partagée en deux territoires confiés par des mandats de la Société des Nations (SDN) en 1922, à la France (pour les quatre cinquièmes) : le Cameroun français ; et le reste au Royaume-Uni : le cameroun britannique.


Le Cameroun français

Le Cameroun, administré par la France de 1916 à 1960 était un protectorat allemand placé par la Société des Nations sous le mandat puis, sous la tutelle de la France et non, comme il est souvent écrit, une colonie française. Etat spécifique au statut particulier, le Cameroun ne sera pas intégré à l’Afrique équatoriale française (AEF), même si le modèle colonial et les méthodes d’administration coloniales lui seront appliqués.


Période du mandat (1916-1945)

La France fit du Cameroun un Commissariat de la République autonome, soit un territoire non intégré à l’AEF (Afrique équatoriale française).
Les autorités françaises se donnèrent alors pour mission de faire oublier aux populations du Cameroun qu’elles avaient été sous protectorat allemand et de leur apprendre à aimer la France et à devenir Français. Plusieurs mesures furent alors prises pour atteindre ce but :

Enseignement du français : l’enseignement du français fut mis en œuvre sur l’ensemble du territoire camerounais
Assimilation : les autorités françaises imposèrent la législation française
Développement économique : programme de mise en valeur des ressources économiques du Cameroun.

Autorité : politique de l’indigénat, le droit coutumier est aux chefs traditionnels mais la France garde la mainmise sur la justice et la police
Développement de la médecine : prise en charge des populations lors des grandes épidémies (comme le cas du docteur Eugène Jamot dans la lutte contre la maladie du sommeil)


Promotion des francophiles : Charles Atangana ainsi que d’autres chefs indigènes furent invités à aller en France et Paul Soppo Priso fut promu président de la JEUCAFRA (Jeunesse française Camerounaise)
Destruction des vestiges allemands : les autorités françaises s’employèrent à détruire tous les vestiges allemands et à marquer leur hostilité à l’endroit de toutes les populations germanophiles.


Période de tutelle (1945-1960)

Après la Seconde Guerre mondiale, l’ONU change le statut du Cameroun qui, de protectorat, devient « mis en tutelle », mais est malgré tout intégré à l’Union française comme les autres colonies.

Dès les années 1940, les autorités coloniales encouragèrent la diversification agricole. C’est l’apparition de nouvelles cultures de rente comme le café dans l’ouest ou le coton dans le nord. L’élevage et l’exploitation du bois prit une dimension nouvelle grâce aux nouvelles routes.

En 1946, une Assemblée représentative du Cameroun (ARCAM) fut constituée et Paul Ajoulat et Alexandre Douala Manga Bell devinrent députés à l’Assemblée nationale française.
Cette période voit l’ouverture de nouvelles écoles tant publiques que privées et aussi de plusieurs écoles secondaires, dont le lycée Leclerc.
Les autorités coloniales commencèrent à envoyer les meilleurs étudiants à Dakar et en France pour suivre des études supérieures.
A cette époque, commencent aussi l’électrification et l’adduction d’eau dans les grandes villes.

En 1952, l’assemblée change de nom est devient Assemblée territoriale du Cameroun (ATCAM).

En 1955, l’UPC, parti nationaliste d’inspiration marxiste, qui voulait l’unification du Cameroun britannique et du Cameroun français mais aussi l’indépendance immédiate est interdit suite à des mouvements de violence.
En 1956, la France accorde l’autonomie interne et l’assemblée devient Assemblée législative du Cameroun (ALCAM).

En 1957, André-Marie Mbida devient premier ministre et Ahmadou Ahidjo devient premier ministre adjoint.

Malgré l’intervention de Ruben Um Nyobe (chef de l’UPC), le nouveau gouvernement refusa de lever l’interdiction qui frappait l’UPC. L’UPC prend alors le maquis. En 1958, Mbida dut démissionner et Ahidjo le remplace. Um Nyobé est tué au cours d’un combat.

Le 1er janvier 1960, le Cameroun sous tutelle française devenait indépendant et prenait le nom de « République du Cameroun ».


Le Cameroun britannique

Le Cameroun britannique (en anglais Cameroons) était un territoire sous mandat de la Société des Nations confié à l’empire britannique en Afrique centrale, aujourd’hui partagé entre le Nigéria et le Cameroun.

Le Kamerun (dont le territoire correspond à l’actuel Cameroun et à la frange est du Nigéria) fut colonisé par l’Allemagne sous le régime du protectorat durant la « course à l’Afrique » qui eu lieu entre les puissances européennes à la fin du XIXe siècle. Pendant la Première Guerre mondiale, le territoire fut occupé par les troupes britanniques et françaises, puis divisé et confié à chacun des pays en 1922 sous mandat de la SDN.

Les Britanniques découpèrent administrativement ce territoire en deux régions, le Northern Cameroons et le Southern Cameroons. Le territoire fut placé sous administration indirecte encore appelée indirect rule. Des autorités indigènes (native-authorities) avaient le soin d’administrer les populations locales selon leurs coutumes sauf lorsque celles-ci étaient en contradiction avec les principes de la civilisation britannique.

Les autorités britanniques déterminaient les grandes orientations et en laissaient la mise en œuvre aux autorités indigènes. Par ailleurs, les autorités britanniques gardaient la mainmise sur le commerce, l’exploitation des ressources économiques et minières et l’administration des Européens.
Le Southern Cameroons était découpé en quatre districts dirigés par un district officer. Les chefs-lieux étaient Victoria (Limbé), Kumba, Mamfé et Bamenda.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Cameroun britannique fut mis sous tutelle de l’ONU en lieu et place du mandat de la SDN.

Lorsque le Cameroun français et le Nigéria devinrent indépendants en 1960, se posa la question de ce qu’il convenait de faire du Cameroons.

Après de nombreuses discussions puis un référendum de 1959 à 1961, il fut décidé que la région du Northern Cameroons musulman serait rattachée le 31 mai 1961 au Nigéria, tandis le Southern Cameroons fusionna avec l’ex-Cameroun français (devenu lui aussi indépendant depuis le 1er janvier 1960 sous le nom de « République du Cameroun ») pour constituer la République fédérale du Cameroun le 1er octobre 1961.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter