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General News of Tuesday, 20 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Voici la situation de la procédure contre 4 militants de stand up for Cameroon

Selon le communiqué rendu public par ce mouvement, leurs militants ont été arbitrairement arrêtés et poursuivi devant le tribunal militaire pour leurs opinions politiques.
Voici le communiqué

BREF RAPPEL DES FAITS :

Les camarades NTSAMA ETIENNE, MOUSSA BELLO, TEHLE MEMBOU et MIRA ANGOUNG ont été très brutalement interpellés et violentés sans aucun mandat ni titre de justice au lieudit « Station Gulfin » à Bali-Douala le vendredi, 18 septembre 2020 aux environs de 18h50 min à la sortie d’une réunion habituelle de « Vendredi en Noir » que le mouvement Stand Up For Cameroon tient depuis 5 ans dans toutes les régions du pays.

Emmenés dans les mêmes circonstances à la légion de gendarmerie de Bonanjo à Douala, ils se sont vu refuser toute visite de leur famille et l’accès à leurs conseils pourtant arrivés sur les lieux le jour même.

Sous la pression de diverses menaces, ils ont été amenés à faire des déclarations alors qu’ils avaient exprimé le besoin de n’être auditionnés qu’en présence de leur conseil, ce qui leur a été refusé.

Leurs conseils pourtant présents à la légion ce même jour ont été empêchés d’avoir accès à leurs protégés.

C’est avec beaucoup de difficultés et d’entraves que finalement le samedi,19 septembre 2020, leurs conseils ont pu avoir accès à eux avec l’intervention d’un magistrat du parquet du Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo assurant la permanence.

Plus grave, le dimanche 20 septembre 2020, leur conseil, amis et membres de leurs familles venues leur rendre visite et leur apporter des rafraichissements ont été chassés par une escouade de la gendarmerie lourdement armée et suivis dans toute la ville par des patrouilles pendant plusieurs heures.

Même les mères des gardés à vue qu’ils étaient à ce moment-là, rendues à la légion de gendarmerie pour leur apporter à manger dans la soirée du dimanche 20 septembre 2020, ont été interdites d’accès les privant ainsi de leur repas.

Le nommé NTSAMA ETIENNE qui a une santé fragile s’est vu confisqué des médicaments essentiels lors de son interpellation brutale et empêché d’en recevoir une fois à la légion de gendarmerie de Bonanjo.

SUR LE DÉROULEMENT DE LA PROCÉDURE

En date du 22 septembre 2020, les camarades NTSAMA ETIENNE, MOUSSA BELLO, TEHLE MEMBOU et MIRA ANGOUNG sont déférés devant le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal militaire du Littoral à Douala.

Toujours privés de l’assistance de leurs avocats, ils sont présentés au juge d’instruction militaire Mr EYIMI Christian Jimmy qui va les placer en détention provisoire le même soir pour une durée de 6 mois.

Après plusieurs diligences effectuées au greffe, la multiplication du dossier est refusée à la défense en violation de l’article 165 al 5b du Code de procédure pénale.

Suite à cette audition, la demande de liberté provisoire de ces camarades sera purement et simplement rejetée par le juge d’instruction militaire Mr EYIMI Christian Jimmy.

Le 24 février 2021, le juge d’instruction militaire Mr EYIMI Christian Jimmy rend une ordonnance de renvoi dans laquelle il conclut qu’il existe suffisamment d’éléments pour que nos camarades dont le seul pêché est d’avoir participer à une réunion qui avait pour but d’expliquer la position de non-participation de SUFC aux manifestations du 22 septembre 2020, soient poursuivis pour les infractions de conspiration de révolution et d’insurrections, toutes punies par l’emprisonnement à vie.

Le 13 avril 2021 en fin de soirée, nos camarades ont été informés qu’ils comparaitront devant le Tribunal Militaire du Littoral en audience publique pour être jugés des infractions retenues à leur égard par le juge d’instruction.

Le 14 avril 2021, ils ont effectivement été extraits de la prison et conduit au Tribunal Militaire à cet effet.

Seulement leur affaire à peine appelée, a été renvoyée au 12 mai 2021 parce que le « Tribunal n’était pas régulièrement constitué ».

Toutes ces manœuvres dilatoires visent simplement à maintenir le plus longtemps possible nos camarades en détention. En réalité, aucun fait ni preuve n’a été présentée en appui aux accusations lourdes dont ils font l’objet. Ils sont poursuivis pour leurs opinions politiques.

Ces poursuites judiciaires maquillées et la détention de nos camarades cachent mal une justice aux ordres et en violation de tous les instruments nationaux comme internationaux.

Par ailleurs depuis leur interpellation jusqu’à nos jours, les principes directeurs du procès équitable notamment la présomption d’innocence, le droit aux soins médicaux, le droit d’être assisté par un conseil, le droit de visite, le droit de comparaitre libre malgré les garants présentés pour ne citer que ceux-là, sont constamment et systématiquement bafoués.

Cette affaire révèle une fois de plus, la difficulté pour les citoyens camerounais d’exprimer des opinions politiques différentes de celle du bloc gouvernant.

C’est une illustration claire de l’entrave à la liberté d’expression, d’opinion et de différence sur le plan politique.

Ce type d’injustice et de violence contribuent certainement à la radicalisation des populations et à une escalade non souhaitable des tensions dans ce pays.

Nous appelons à libération immédiate et sans conditions de nos camarades politiques NTSAMA ETIENNE, MOUSSA BELLO, TEHLE MEMBOU et MIRA ANGOUNG.

Fait à Douala, le 16 avril 2021

Pour le collectif d'avocats de Stand Up For Cameroon

Me Njifen Thierry

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