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General News of Monday, 26 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Voici l’éditorial de Georges Alain Boyomo, paru dans le quotidien Mutations ce du 26 avril 2021

Le directeur de publication de l’un des plus grands quotidiens privés du pays explore les probables pistes d’une succession dynastique à la tête du Cameroun.

Idriss Deby Itno n'est plus du monde des vivants. Annoncée le 20 avril en direct à la Télévision nationale, la mort du maréchal du Tchad, officiellement au front, mais en réalité dans des conditions qui restent à élucider, a créé une onde de choc, notamment dans le Bassin du Lac Tchad et la zone sahélo-sahélienne, eu égard au rôle déterminant qu'il a joué dans la lutte contre le terrorisme.

Connu pour sa bravoure et ses envolées panafricanistes, Idriss Deby, 69 ans dont 30 au pouvoir, s'apprêtait à consommer un nouveau mandat à l'issue d'une élection présidentielle qui n'était qu'une formalité pour lui. À la tête du Conseil militaire de transition, son fils, le général Mahamat Idriss Deby, 37 ans, est le nouvel homme fort du Tchad. Le président de l'Assemblée nationale, qui devait assurer la transition, selon la Constitution, est muet comme une carpe depuis l'accélération du cours des événements à N'Djamena. Selon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, il aurait décliné l'offre, préférant s'en remettre aux militaires compte tenu des "circonstances exceptionnelles " de la disparition du maréchal IDI. Vrai ou faux? Bien malin qui peut trancher sur la question.
Dans tous les cas, la transition et plus largement la gestion de l'après-Deby, interroge autant qu'elle embarrasse. La France par la voix de son président, Emmanuel Macron, a déjà adoubé Mahamat Deby, promettant même le pire à qui oserait s'attaquer à la stabilité du Tchad. Des voisins du Tchad, dont le Cameroun, qui n'a aucun intérêt à voir une déflagration se produire au Tchad, semblent avoir pris acte de la tournure des événements à N'Djamena.

Le Camerounais lambda, lui, ne peut s'empêcher de constater qu'une autre succession dynastique, s'est mise sereinement en place en Afrique centrale. Deby a remplacé Deby, Bongo a remplacé Bongo au Gabon, Obiang (Teodorin) est en passe de remplacer Obiang en Guinée Équatoriale, Sassou (Dénis Christel) serait aux aguets pour remplacer Sassou au Congo Brazzaville. Qu'en sera-t-il au Cameroun?
La question se pose et s'impose au moment où un nébuleux mouvement favorable à un remplacement de Biya par (Franck) Biya donne de la voix, sans susciter le moindre démenti officiel. Certains analystes en viennent à penser qu'il s'agit d'un ballon d'essai. Dans un pays d'opacité, où les symboles et les signes sont généralement d'un précieux secours dans le décodage, rien, mais alors rien, n'est totalement à jeter aux orties. Reste à savoir comment se ferait le coming out du fils Biya, qui a toujours préféré l'ombre à la lumière. Va-t-il troquer le costume de conseiller influent de son père qu'on lui prête contre un poste ministériel ou un maroquin au comité central du Rdpc, le parti au pouvoir ? Rien n'est moins sûr.

Il y'a également lieu d'intégrer que Paul Biya, qui avait déclaré au cours d'une interview accordée à France 24, en 2007, que le mot dauphin résonne mal en démocratie et que les Camerounais sont assez mûrs pour choisir le moment venu celui qui va lui succéder, peut jeter son dévolu sur d'autres "fils", s'il vient, par extraordinaire, à se dédire et à suivre la tendance décrite et décriée en Afrique centrale.

Dans cette hypothèse, trois questions principales affleurent: Quel est le scénario qui sera mis en œuvre pour tresser un habillage institutionnel à cette option? Que pourrait être le jeu de quelque puissance tutélaire? Quelle sera la réaction du peuple camerounais? Affaire à suivre.

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