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General News of Monday, 3 May 2021

Source: www.camerounweb.com

Voici l’édito de Georges Alain Boyomo de ce lundi

Dans son éditorial, le directeur de publication du quotidien Mutations revient sur l’atmosphère politique actuelle au Cameroun dominé par des joutes inutiles qui n’empêchent pas l'immobilisme et le pourrissement de la société. Lire son éditorial.
Temps mort politique

La scène politique camerounaise a pris depuis quelques temps les allures d'un lac dont les eaux sont calmes, mais la profondeur insondable. Tels des cailloux jetés dans cette étendue d'eau, des buzz, à la manière des cercles concentriques, y prennent corps, à intervalles réguliers, donnant une illusion de vie au lac, avant de s'évanouir au bout d'une courte période.
Depuis septembre 2020, après la manifestation avortée du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), réprimée parce que qualifiée d'insurrectionnelle par le pouvoir et les péripéties qui s'en sont suivies, cette atmosphère qui emprunte à l'encéphalogramme plat, se fait prégnante et étouffante.

Le pouvoir, qui a fait de l'immobilisme et le pourrissement son mode de gouvernance est dans son jeu favori. Porté par la pandémie du Covid-19, il s'est confiné et n'agit que par à-coups comme pour donner l'impression que les choses bougent, même s'il est loisible à chaque citoyen exigeant de constater que le patient Cameroun est, au mieux, dans un état stationnaire, rongé qu'il est par les crise économique, sécuritaire et sanitaire, mais, au-dessus de tout, par une crise de la représentation, laquelle tient d'une crise de confiance entre le peuple et les gouvernants.

En face, les réseaux sociaux et la presse classique sont devenus les principaux lieux d'expression de la contradiction, en considération de ce que le pouvoir n'autorise plus ni les réunions, ni les manifestations publiques qui sont suspectes à ses yeux de lui être défavorables. Les patrons de la presse à capitaux privés, qui subissent les manœuvres insidieuses d'un pouvoir qui tolère désormais à peine les contre-pouvoirs, en ont fait l'amère expérience vers la fin de la semaine dernière.
Devenus un site d'exutoire populaire, les réseaux sociaux déversent chaque jour leur lot de scandales supposés ou réels, suscitant des réactions et contre-réactions de snipers du pouvoir, dans un contexte où un remaniement ministériel est annoncé "imminent" depuis cinq à six mois.
Les débats radio et télé, eux aussi, se sont engourdis et appauvris, laissant place à des chassés-croisés partisans sans substance, ni consistance.

En quête d'une alternative crédible, le peuple se retrouve encore plus groggy lorsque des histoires de bug en viennent à doucher de nombreux espoirs de transparence dans la vie publique, mais également lorsque des leaders politiques de l'opposition se livrent à des querelles de chiffonniers.

En désespoir de cause, ce peuple-là semble s'être résolu, avec la froideur d'un croque-mort, à compter les personnalités qui décèdent les unes après les autres, du coronavirus, dans le secret espoir que la transition générationnelle pourrait venir de là. C'est le temps de la nécropolitique.

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