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General News of Thursday, 15 October 2020

Source: www.camerounweb.com

Voici comment Plaza Athénée a aidé Brenda Biya à libérer les lieux

CamerounWeb vous l’annonçait. Brenda Biya a quitté Plaza Athénée. La fille du président de la République avait reçu l’ultimatum de la BAS de quitter l’hôtel en 48 heures. Selon nos informations, les responsables de Plaza Athénée ne voulant pas une mauvaise publicité, ont prié leur cliente devenue encombrante de libérer les lieux. Brenda Biya aurait donc quitté l’hôtel malgré elle.
En effet la fille de Paul Biya ne prenait pas au sérieux les menaces de la Brigade Anti-Sardinard. Dans une publication sur les réseaux sociaux, elle s’était clairement moquée des activistes qui menaçaient de la déloger.

Pour Wilfried Ekanga, le départ de Brenda Biya constitue une belle victoire. "Cendrillon vient de libérer le château. Eh oui ! Seule la lutte libère. L’équilibre du désordre fait régner le respect. En attendant, laissons les philosophes philosopher", a-t-il déclaré.



Paul Biya n’effectue plus ses multiples « courts séjours privés » depuis bientôt deux ans. L’accueil humiliant réservé au président camerounais lors de ses déplacements en Europe par la Brigade Anti Sardinard l’auraient découragé. Cependant en 35 ans, Paul Biya aurait dépensé plus de 90 milliards de francs CFA durant ses multiples déplacements.


Selon les révélations du groupe de journalistes d’investigation « Organised Crime and Corruption Reporting Project », relayées par le Suisse Sylvain Thévoz, Paul Biya aurait fait 4 ans et demi dans les pays étrangers depuis qu’il est au pouvoir. Le député auteur de la pétition pour déclarer Biya Persona non grata à Genève est choqué par les dépenses effectuées par le président camerounais au pouvoir depuis 1982.


« Selon un document publié par « Organised Crime and Corruption Reporting Project », une organisation de journalistes d’investigation, en 35 ans de pouvoir, Paul Biya a passé quatre ans et demi de séjour privé à l’étranger. Le rapport révèle que les pays préférés du chef de l’Etat camerounais sont la Suisse, où il a passé 650 jours, ensuite la France, 372 jours, et les Etats-Unis où il a été pendant 301 jours en séjour privé. Biya aurait dépensé 90 milliards de francs CFA pour ses voyages. C’est en effet ce que disent certains rapports des ONG : 90 milliards de francs CFA depuis l’entrée en fonction de monsieur Biya. Mais bien évidemment il aurait été souhaitable de pouvoir faire toute la lumière là-dessus », a-t-il déclaré.

Comment la Suisse a poussé le président Paul Biya vers la sortie

Las des manifestations et incidents à répétition provoqués par la présence du président camerounais à Genève, la Confédération l'a encouragé à quitter le pays.

Paul Biya et son épouse Chantal ont décollé de l'aéroport de Genève-Cointrin vendredi 5 juillet à 12 h 30. Ils étaient arrivés sur les bords du lac Léman le dimanche 23 juin au soir, et souhaitaient séjourner plusieurs semaines à l'hôtel Intercontinental, où ils réservent habituellement un étage entier. Mais voilà, rien ne s'est déroulé comme prévu. Des opposants politiques n'ont pas cessé de perturber leur séjour. Et les membres du service de sécurité du président Biya se sont montrés si violents vis-à-vis d'un journaliste de la radio suisse que la justice genevoise a condamné six d'entre eux à de la prison avec sursis…

Alors qu'une nouvelle manifestation était prévue le samedi 6 juillet, Berne a vivement encouragé cet hôte étranger un peu trop encombrant à écourter son séjour. En termes diplomatiques, le porte-parole du Département fédéral (ministère) des Affaires étrangères (DFAE) explique à La Tribune de Genève : « Le DFAE a connaissance de ce départ. Il n'a pas été absent de ce débat durant les derniers jours. »

Des gardes du corps plutôt violents


L'agression d'un journaliste de la radio suisse francophone a sans doute été la goutte d'eau de trop. Alors qu'il filmait des manifestants camerounais venus, devant le palace, conspuer Paul Biya, une dizaine de gardes du corps l'ont immobilisé, jetant au sol ses lunettes et les écrasant. Ils lui ont arraché son sac contenant son matériel professionnel, son porte-monnaie et son smartphone. Il a fallu plusieurs heures de négociations pour que le journaliste puisse récupérer ses affaires. Le rédacteur, qui souffre d'hématomes et de contusions, a aussitôt porté plainte contre X pour agression. De son côté, Reporters sans frontières déplore que deux policiers suisses, qui assistaient à la scène, « ne soient pas intervenus immédiatement pour empêcher de tels agissements de se produire ».

Le ministère suisse des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur camerounais à Berne pour lui rappelait que « de tels incidents étaient inacceptables et que la liberté de la presse est protégée et devait être respectée ». De son côté, la justice genevoise a arrêté six membres du service de sécurité de Paul Biya. Quatre des gros bras ont écopé de quatre mois de prison avec sursis. Les deux autres de trois mois avec sursis.

Sympathie pour les opposants
Le samedi 29 juin, une manifestation sur la place des Nations (à quelques pas de l'hôtel Intercontinental) réunissait quelque 250 opposants au président Biya. La police, en usant de la manière forte, avec lances à eau et gaz lacrymogènes, a provoqué l'indignation de la presse suisse. Dans ce pays où tous les partis politiques gouvernent ensemble, du Parti socialiste à l'extrême droite, les régimes autoritaires, comme celui de Paul Biya, au pouvoir depuis 37 ans, ne rencontrent guère d'adhésion. En revanche, les opposants peuvent compter sur le soutien d'une grande partie de la population. Comme le rappelle le ministère des Affaires étrangères (dirigé par l'italophone Ignacio Cassis), la Confédération, pays démocratique, ne peut guère empêcher à des opposants de manifester.

Mais l'Intercontinental risque de perdre l'un de ses meilleurs clients. Depuis son arrivée au pouvoir, Paul Biya aurait séjourné, selon l'Organized Crime and Corruption Reporting Project, pas moins de quatre ans et demi dans ce palace. Y laissant une facture de 182 millions de dollars ! Très échaudé, le président camerounais ne devrait pas y remettre les pieds avant longtemps. Imaginons que d'autres militants politiques, prenant modèle sur les opposants camerounais, s'amusent à leur tour à perturber les séjours de chefs d'État sur les bords du lac ? Cela pourrait créer à l'avenir quelques soucis aux hôteliers genevois.

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