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General News of Sunday, 4 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Voici ce que Guibai Gatama faisait il y a 10 ans

Le directeur de publication de l’œil du Sahel avait mis sur pied un comité pour la restitution des dépouilles des personnes fusillées ou mortes dans le cadre du coup d’Etat manqué du 06 avril 1984.

Ce Comité n’est pas dirigé contre le gouvernement de la République du Cameroun, car il considère le respect des institutions comme sacré. Le Comité n’est, non plus, une remise en cause de l’Histoire, un outil pour faire le procès du 06 avril 1984.

Ceci dit, des Camerounais ayant payé de leur vie leur faute dans le cadre de ces tristes événements de 1984, le Comité demande au gouvernement, dans le cadre du renforcement de l’unité nationale et du respect de la dignité humaine, de :
1. Etablir un certificat individuel de genre de mort des putschistes fusillés ou morts en détention dans le cadre des événements du 06 avril 1984, afin que les familles de ceux-ci puissent disposer d’un document légal leur permettant de liquider les droits de succession en suspens, et de bénéficier de leurs effets. Munies de ces documents, les familles pourront ainsi bénéficier de l’application de la loi portant amnistie.
2. Indiquer les lieux où ont été enterrées les différentes personnes fusillées ou mortes en prison, afin que les familles puissent faire le deuil selon leurs religions, traditions et autres rites.

3 . Restituer les dépouilles des personnes fusillées ou mortes en prison dans le cadre des événements du 06 avril 1984, aux ayants droits.
Ces trois revendications fondamentales sont les missions que s’est assigné le Comité. Il sensibilisera aussi bien l’opinion nationale qu’internationale pour que la dignité humaine soit respectée, quelles que soient les circonstances.

Sur la question de l’opportunité de la création d’un tel Comité, il y a plusieurs explications. Nous admettons que sa constitution survienne 27 ans après les faits, le retour de la dépouille de l’ex-président Ahmadou Ahidjo ayant supplanté, ces dernières années et pour des raisons symboliques et politiques, la restitution aux légitimes propriétaires des dépouilles des personnes fusillées ou mortes en prison dans le cadre des événements du 06 avril 1984. Il y a aussi le silence assumé des acteurs politiques, qui n’ont pas pu ou voulu relayer ce sentiment profond de la population.
Nous pensons cependant qu’il survient suffisamment à temps, pour rappeler à la conscience collective cet épineux problème afin que les témoins encore en vie, avant qu’il ne soit tard, fournissent des informations crédibles relatives aux lieux où reposent les différentes dépouilles. Le Cameroun a besoin de ce travail de mémoire pour se réconcilier avec lui-même et pour sa propre Histoire.

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