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General News of Saturday, 15 August 2020

Source: www.camerounweb.com

Vive les mariés : le film du mariage mouvementé de Bibou Nissack (vidéo)

Malgré l’interdiction et l’invasion de l’hôtel par des forces de l’ordre et de sécurité, le mariage de Bibou Nissack a bien eu lieu ce vendredi 14 août 2020. La cérémonie a eu lieu tôt le matin au palais Sa Majesté Biloa Effa en présence du président du MRC, Maurice Kamto, également parrain de Nissack.

Récit d’une journée atypique signé Nyëbë Edoa

Il s’est passé un évènement phénoménal aujourd’hui 14 aout de l’an de grâce 2020. Un évènement que j’aie vécu aux premières loges et un peu dans les coulisses, et dont j’ai l’insigne honneur de vous relater les faits ici. Sa Majesté BILOA EFFA, puisqu’il s’agit d’elle, alias le vieux lion Mvog-Betsi, vient de prodiguer avec maestria, une leçon de stratégie politique à la flicaille du tyran Biya. Stratégie basée sur l’anticipation, la distraction et la manipulation et qui mérite son pesant d’or.

Tout commence par le décret du sous-préfet de Yaoundé II il y’a quelques jours ; décret annonçant l’interdiction du mariage de Monsieur BIBOU NISSACK et sa compagne, avec ampliation faite entre autres aux forces de maintien de « l’ordre ». Cela provoque un tollé dans la toile camerounaise francophone. Beaucoup sont au premier abord surpris du mariage du célibataire le plus célèbre du MRC, comme s’il était inapte au mariage. D’autres sont consternés, et beaucoup d’autres sont contents et jubilent de ce énième abus de pouvoir des autorités administratives, à la solde du tyran Biya.

Le « jour-dit » est donc enfin arrivé. Le soleil splendide annonçait déjà le dénouement heureux du mariage éconduit. Dehors tout était calme, Des citoyens vaquaient à leurs activités ordinaires. Qu’allait-t-il se passer aujourd’hui à Yaoundé, siège des institutions de la république ? Commentaires et pronostics se multiplient dans les réseaux sociaux, sur l’évènement de l’année : l’interdiction politisée du mariage du porte-parole de Son Excellence Maurice KAMTO, Président élu. La presse n’était pas indifférente à ce bras de fer…

L’enjeu était l’intégrité morale du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Si ce mariage se tenait finalement malgré l’interdiction, le MRC gagnait davantage en notoriété en affirmant ainsi son contre-pouvoir au régime dictatorial. S’il était empêché voire même différé pour « irrégularité », le MRC se couvrait ainsi de ridicule, et la tyrannie aurait gagné du terrain sur la scène publique. Rappelez-vous que, la dictature vient d’essuyer un échec similaire. Il s’agit de la soutenance du désormais Docteur OKALA EBODE, qui se déroulait au même moment à l’université de Douala. Soutenance politisée et annulée elle aussi il y’a quelques semaines, avant d’être autorisée sous la pression du Peuple. Le régime ne devait donc pas perdre la face, une nouvelle fois.

Il est 10H, quand Olivier BIBOU NISSACK publie sur son compte Facebook, une photo en compagnie de son fils, avec la description suivante : « Direction Hôtel Massao Palace ». Il devient donc évident qu’il y’aura affrontement entre le MRC et la flicaille. Nonobstant mes migraines chroniques qui m’alitèrent depuis la veille en me forçant à annuler mon programme du jour, je décide finalement de me rendre au MASSAO Palace Hôtel, quartier Tsinga. D’autant plus que Son Excellence Maurice KAMTO y sera : témoin du marié. Sa Majesté BILOA EFFA, officier d’État civil célébrant, qui unira les tourtereaux du jour. Je dois y aller, sans me préoccuper de ma santé et de l’invitation.

Un peu avant midi, je suis fin prêt pour les hostilités. En cours de route, je publie ce qui suit sur mon compte Facebook « … le mariage de BIBOU NISSACK ou plutôt son interdiction, m’oblige à quitter mon lit pour aller le soutenir. Étant marié, je sais ce qu’il ressent. Et je sais qu’il aimerait se sentir soutenu même par d’illustres inconnus comme moi. […] J’espère ne pas arriver en retard. Car je veux être aux premières loges de cette énième violation de nos libertés, et si possible, être acteur et non spectateur, en contribuant à neutraliser les plans illégaux de la flicaille du tyran Biya.

À mon arrivée, l’esplanade du palace hôtel est envahie par une trentaine de policiers dispersés et majoritairement bien armés. À environ 200 mètres de là, se trouvent les commissariats du 8 ème et du Central numéro 2. Des patrouilles de police vont et viennent de part d’autre de l’unique voie d’accès menant au MASSAO Palace Hôtel. Tout le secteur est donc soigneusement quadrillé. Le lourd dispositif anti-émeute présent avec son matériel habituel dont les flacons de gaz lacrymogène accrochés aux ceinturons, est prêt à charger à tout moment. De gauche à droite de l’hôtel, ainsi qu’en face de celui-ci, plusieurs maisons sont collées les unes aux autres. En cas d’affrontement à cet endroit, je me dis que nous serons faits comme des rats.

Je décide alors d’appeler Sa Majesté BILOA EFFA, pour connaitre sa position exacte. Zut plus de crédit de communication dans mon téléphone. Et pas un seul call box à côté. Je me dirige finalement vers l’intersection menant tout droit à Nkomkana « entrée 8 ème » pour m’offrir du crédit téléphonique. Chemin faisant, je repère tout ce qui peut m’être utile contre la flicaille : des pierres, des parpaings cassés et des bâtons jonchent la rue de chaque côté du trottoir. Cela devrait suffire. Revenant du call box pour l’hôtel, voulant déjà téléphoner au « King », je l’aperçois à 15 mètres du même côté face à moi, venant à pied.

Au croisement et je le salue. Il me dit ensuite qu’il est entrain de rentrer. Je suis surpris puisque son véhicule est encore garé devant l’hôtel. Je sens que quelque chose s’est passé, mais je décide de ne rien lui demander. Bref, c’est à sa droite entre le trottoir et la chaussée que nous continuons l’intrigante « promenade ». Je lui dis qu’un policier téméraire ne mettra pas impunément main sur lui aujourd’hui. Il sourit et me dit alors sereinement : « ce ne sera pas nécessaire, car j’ai déjà célébré le mariage ce matin à la Chefferie. KAMTO était chez moi, il est déjà reparti ». Je le fixe en écarquillant les yeux, comme sait le faire le ministre qui l’avait « destitué ». « Ces gens ne savent pas qu’ils ont à faire à un stratège, un vieux lion » reprit-il, en me demandant de garder le secret jusqu’à 18 heures. Je claque trois fois mes mains au ralenti pour le féliciter, peinant à croire à ce dribble de sa part.

La conversation se poursuit naturellement. Je parle moins et écoute davantage ce sage frère, l’admiration débordant de mon visage. Il me raconte en outre, sa plainte contre les autorités, en écho à sa « destitution ». Je lui rappelle que traditionnellement, il demeure notre Chef ; il acquiesce. Alors me vient une idée : sachant que les policiers ont déjà chassé les convives de l’hôtel, contribuant ainsi au raffinement de la stratégie de Sa Majesté, je me doute bien qu’ils cherchent à anticiper sur notre « plan B ». C’est alors que j’aie suggéré à Sa Majesté, de bien les dribbler aller/retour, en faisant courir la rumeur d’un « plan B », juste pour les ridiculiser devant leur hiérarchie. Cette idée lui plut beaucoup : il en parla à la Vice-présidente du MRC Madame Tiriane NOAH, qui venait de nous rejoindre, très élégante et ravissante dans son ensemble pagne africain, richement brodé. C'était notre première rencontre.

Le chauffeur de Sa Majesté vient de nous rejoindre. Nous gagnons la voiture. En roulant en direction de la Chefferie, Madame NOAH et moi rédigeons le message du faux plan B qui devait être publié dans les réseaux sociaux. Le voici : « Plan B du mariage de mon frère BIBOU NISSACK : changement de site pour l’échange des vœux. Lieu tenu secret pour l’instant. CE MARIAGE AURA LIEU MÊME PAR CÉSARIENNE ». Reconnaissez-vous mon humour sarcastique ?

Une fois à la Chefferie chez Sa Majesté BILOA EFFA, où nous trouvons environ une vingtaine de privilégiés ; après quelques salutations, je filme notre sublime Vice-présidente avec l’heureux époux. Puis vers 14 heures, la photo prise avec le message qui l’accompagne, sont postés sur mon compte Facebook, et font leur chemin, ayant pris le soin de taguer les bonnes personnes dessus, dont madame NOAH elle-même. Je me présente enfin au marié et quelle ne fut pas ma surprise de savoir qu’il me connait déjà de réputation, ajoutant qu’il lit et apprécie positivement mes publications.

Je me connecte et parcoure quelques-uns de nos célèbres groupes Facebook, je me rends alors compte que la supercherie fonctionne : des détracteurs se réjouissent à travers leurs publications, de la cérémonie qu’ils savent éconduite, du désormais mariage d’État de Madame et Monsieur BIBOU NISSACK. Quels plaisirs j’ai pris à les lire.

Un peu avant 15 heures, nous sommes tous appelés à l’intérieur du somptueux salon de la Chefferie de MESSA NKOABA’A. BIBOU NISSACK alias mamba noir, dans la verve habituelle de son verbe, prend la parole et déclare allègrement entre autre : « Nous sommes légalement mariés, sur une base inattaquable… ». Le pape du droit étant son témoin de mariage, qui osera douter ? Sa Majesté BILOA EFFA, après quelques mots à l’endroit des heureux mariés et de leurs invités, dira ensuite le bénédicité pour le cocktail offert par le couple BIBOU NISSACK, laissant l’assistance en émoi.

Avant mon départ, je vais remercier Sa Majesté et comme à son habitude, elle me prodigue des conseils, cette fois en s’adressant avec assurance à tous : « c’est avec la stratégie et non les méthodes de nos adversaires, que nous allons gouverner ce pays ». Vives la mariés !


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