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General News of Sunday, 21 June 2020

Source: www.camerounweb.com

Vision 4 :' Ernest Obama est un jeune loup aux dents longues'


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Pour le second reportage sur Ernest Obama, le jeune journaliste Bruno Bidjang n’a pas fait dans la dentelle. La volonté délibérée d’humilier son ancien directeur général était au rendez-vous. Ernest Obama accusé de haute trahison par son employeur Amougou Belinga est traité de tous les noms.

« Homme peu fiable », homme qui « voyait plus gros que le monde », « jeune loup aux dents longues », toutes les expressions sont bonnes pour ridiculiser le premier journaliste qui a dirigé Vision 4 pendant les cinq dernières années.


Pour que le tableau soit parfait, Bruno Bidjang qui visiblement prenait plaisir à descendre Obama a remonté le passé de son ancien journaliste évoquant des antécédents qui font de lui un homme peu recommandable selon son ancien employeur.


Ernest Obama ne devrait visiblement pas être surpris par le traitement qui lui est réservé. Devenu célèbre par ses propos haineux et extrémistes, il a été l’auteur du reportage qui a humilié publiquement David Eboutou ancien consultant de Vision 4. Pour beaucoup d’internautes, Obama paie les frais de son insolence et Bruno Bidjang aussi n’y échappera pas.



'L’humiliation des employés est un rituel à Vision 4'

Selon le sociologue Serge Aimé Bikoi, au-delà des passions, l’affaire Ernest Obama permet d’analyser les relations employés-employeurs au sein d’une entreprise comme Vision 4. Bikoi relève la chaîne de télévision d’Amougou Belinga à l’habitude d’humilier ses employés. Il livre ses preuves et explications dans cette tribune.


Au-delà du fait divers médiatique de la société-spectacle, comment opérer une analyse systémique de la conflictualisation des rapports entre l'employeur et l'employé ?


Point n'est besoin de revivre, à nouveau, les images humiliantes et déshonorantes de l'arrestation d'Ernest Obama, mais il s'agit, au-delà de toute passion, de toute émotion et de tout sentimentalisme, remarquer que les faits divers d'un tel acabit environnent le champ médiatique d'appartenance de l'homme de média aujourd'hui au banc des accusés. En effet, ce n'est pas la première fois que le promoteur de ce groupe de presse procède à l'humiliation et à l'abrutissement de ses employés.


C'est devenu un rituel dans cette arène, une sorte de normalisation de l'anti-norme, une espèce de valorisation de l'anti-valeur ou encore un genre de modelisation de l'anti-modèle. Qui ne se souvient pas, par exemple, de l'humiliation de Xavier Messè, ancien directeur des rédactions du journal l'anecdote? Qui ne se souvient pas de certains cadres de ce média aussi humiliés, limogés et rétablis dans leurs fonctions(Francis Bonga et autres). Ceci est sans compter des personnalités publiques qui ont été filmées en posture incongrue dans leur cellule domestique. Le cas de Vincent Sosthene Fouda en est une image patente gravée dans la conscience de plus d'un. Nous avons, dans la même veine, souvenance du cas de David Eboutou et Patrick Sappack, alors consultants de "Vision 4", qui avaient été ostracisés et happés tels des vulgaires malfrats toujours au siège de l'immeuble de Nsam. Accusés d'avoir, entre autres, fabriqué une fausse facture, ces deux figures de la scène publique avaient été interpellées et écrouées à la prison centrale de Yaoundé, où elles avaient passé trois ans.


Il n'est pas exclu que d'autres faits d'une telle essence colonisent l'actualité des faits divers de ce groupe de média, au point de nous en émouvoir. En réalité, le fait qu'il y ait une monture de faits d'une telle envergure, le fait que ce type de fait suscite et alimente les commentaires les plus passionnés à chaque fois qu'ils se produisent nous plonge, in fine, dans la strate des faits divers médiatiques, lesquels traduisent, de façon macabre, une violation flagrante des droits de la personne humaine. Soit!
La victime d'aujourd'hui a participé, sans vergogne, à la théâtralisation de ce type de faits divers à l'époque où elle-même tenait les rênes de cette chaîne. C'est un système, dont le chef est toujours en train de broyer ses enfants. Dans l'anthropologie du cannibalisme, nous dirions que le père est en train de "manger" ses enfants.


Certains s'amuseront à dire : "Après Xavier Messè, Nadine Patricia Mengue, Ernest Obama, à qui le tour? Ce n'est, pas du tout, amusant et sarcastique toutes ces images honteuses et scabreuses dans la division du travail au Cameroun. Face à cet état de choses, des employés font, en général, de manière délibérée ou inconsciente, le jeu des patrons durant des années d'asservissement et d'aliénation de leurs pairs sans rien dire. Le jour où eux-mêmes en sont victimes, l'on crie à la cantonade. D'ores et déjà, il faut que chacun(e) fasse son introspection et se rende compte, à un moment donné de l'histoire, qu'il(elle) a failli bien qu'étant, aujourd'hui, dans de sales draps. Évitons de construire, nous-mêmes, un environnement, où nous servons les patrons capitalistes, esclavagistes et bolcheviques qui, au demeurant, lorsqu'ils constatent que nous sommes en disgrâce, nous jettent en pâture comme des bêtes de somme et des épaves livrées à la gueule des appareils répressifs de l'Etat. N'en parlons pas si jamais ces patrons bourgeois compradore se rendent compte que vous êtes devenus, entre-temps, leur rival dans la dynamique des rapports de socialité et de sociabilité! Sur ces entrefaites, les lobbies de pouvoir s'entrecroisent et s'enchevêtrent au gré de l'activation des jeux d'intérêts. L'enfant a-t-il dépassé le maître dans ce jeu des réseaux de pouvoir au point d'en user éperdument ?


Que chacun(e) tire les leçons de la dialectique du maître et de l'esclave, du bourreau et de la victime, de l'employeur et de l'employé. Les patrons ne sont et seront jamais vos amis malgré le copinage, la familiarité et l'affectivité qui peuvent agrémenter le champ socioprofessionel. Que chacun(e) se regarde dans un miroir et dissipe toutes les formes de minoration, de discrimination, d'humiliation, de sous-évaluation et de disqualification qui struturent notre quotidien ambiant. C'est un devoir collégial puisque l'arroseur d'aujourd'hui peut devenir l'arrosé de demain. Le bourreau aujourd'hui peut être affaibli et réduit à une victime demain. C'est, malheureusement, la théorie de la roue qui tourne. Dieu voit toutes les misères de l'humanité et sait appliquer la sanction à tous les coupables. Faisons attention à nous-mêmes, à ce que nous faisons et à nos postures à l'égard des tierces personnes. Nul n'est à l'abri des malheurs existentiels! Comprenne qui pourra et réagisse qui voudra!

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