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Actualités Criminelles of Sunday, 29 August 2021

Source: Le Jour

Violences sexistes: les femmes de plus en plus victimes

Des violences auxquelles des organisations de la société civile entendent mettre un terme Des violences auxquelles des organisations de la société civile entendent mettre un terme

Malgré les mécanismes mis sur pied pour faire pencher la courbe, ces actes inhumains, plus violents les uns que les autres, continuent d’être enregistrés.

L’adoption par le Cameroun des cadres visant à lutter contre les violences sexistes n’a pas suffi pour réduire la prévalence de la violence sexiste à l’encontre des femmes. Tenez par exemple : au mois de juin dernier, à Yaoundé, un homme tranchait à la machette le pied de sa femme pour avoir donné le reste de son repas à leurs enfants.

Un mois plus tard, à Douala, un homme versait de l’huile chaude sur sa compagne au cours d’une dispute. Des cas de violences faites sur les femmes se multiplient de plus en plus dans les différentes régions du Cameroun.

À en croire la délégué départementale du ministère de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff) pour le Wouri, Hortence Kingue, une cinquantaine de plaintes sont enregistrées mensuellement par les femmes qui subissent diverses formes de violences.

D’après plusieurs experts, la grande majorité des femmes victimes de violences souffrent en silence. Des violences dont la hausse s’explique, d’après la directrice de WiIf Cameroon, Sylvie Jacqueline Ndogmo, par «l’incapacité des acteurs locaux à prévenir et à répondre à la violence sexiste, ainsi que le faible taux de poursuite des auteurs de ces infractions, dû à l’incapacité des autorités à mener des enquêtes efficaces sur les cas de violences sexistes».

Des violences auxquelles des organisations de la société civile entendent mettre un terme ou faire baisser considérablement la courbe. Pour prévenir et lutter contre les violences basées sur le genre, ces derniers, ainsi que les forces de maintien de l’ordre, ont reçu une formation sur la « prévention et réponse à la violence sexiste en Afrique », organisée par la Women’s international league for peace & freedom Cameroon.

« Le programme femmes paix et sécurité tient compte de ce que les femmes et les filles représentent les personnes les plus vulnérables qui subissent les formes de violences sexuelles et sexistes dans des situations de conflit et de post-conflit. Le but de la formation est dé renforcer la capacité des acteurs locaux à prévenir et à combattre efficacement la violence sexiste en Afrique. Elle permettra de renforcer les connaissances et les compétences individuelles, d’influencer les attitudes, tout en favorisant le travail d’équipe et la collaboration », explique Sylvie Jacqueline Ndogmo. Selon la délégué départementale du Minproff pour le Wouri, les violences sont physiques, psychologiques, économiques.

« Dans le plan stratégique élaboré par l’État pour mettre un terme à ces violences, il y a le renforcement du mécanisme -juridique. En 2016, l’État du Cameroun a promulgué le Code pénal de 2016, qui tient compte de certaines infractions et violences », explique Hortence Kingue.

À cela s’ajoute la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw) et les Résolutions 1325 et 1820 du Conseil de sécurité des Nations-unies. Des cadres adoptés pour lutter contre ces violences sexistes, mais qui tardent encore à porter des fruits.

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