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General News of Friday, 11 October 2019

Source: Camerounweb.com

Violence à Sangmélima : le Mpdr exige l’ indemnisation des victimes

Au lendemain de l’élection présidentielle d’octobre 1992, des émeutes à caractère tribal d’une rare violence, entraînant des destructions énormes des biens et des attaques systématiques des commerces tenus par certains citoyens, avaient enflammé les deux principales villes du sud du pays, Sangmélima et Ebolowa.

Ces actes se situaient dans une logique de guerre civile marquant une période que l’on a appelé « les années de braise », commencée dès 1990 avec les mouvements de revendication pour la conférence nationale, cadencées par les villes mortes, l’embrasement de la seule université du pays sous la conduite des « Parlementaires », des destructions et des attaques tribales à Yaoundé principalement, des déclarations incendiaires et irresponsables de certains politiques, intellectuels et leaders de la société civile.

Dans ce contexte, le train des lois dites « des libertés », avec notamment la restauration du multipartisme, la liberté d’association, la communication et la relative autonomie des professions libérales, culminant avec la conférence tripartite, le Conseil consultatif et la constitution de 1996, avaient offert au pays, des raisons d’espérer, du moins une accalmie temporaire, jusqu’à la modification de la clause sur le mandat présidentiel en 2008.

Du 30 Septembre 2019 au 4 Octobre 2019, un « Grand Dialogue National », initié par le Chef de l’Etat, s’est tenu au Palais des Congrès de Yaoundé, principalement sur la crise dans les deux régions anglophones du pays, plongées dans une guerre civile qui a déjà entraîné autant de morts et de déplacés, que les années de la guerre civile consécutive à la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Bien que cette grande messe n’ait rien résolu s’agissant de son principal agenda, le Chef de l’Etat a en profité pour prendre quelques décisions courageuses, de nature à détendre l’atmosphère dans le pays. Aujourd’hui il est cependant clair, que les appréciations ne sont pas toutes positives, spécialement dans sa famille politique, et dans l’esprit de quelques faucons tribaux, qui estiment que le Patron est allé trop loin. DES MENACES ONT ALORS ÉTÉ PROFEREES, laissant même craindre pour la sécurité du président.

Le Mouvement pour le dialogue et la Réconciliation (MPDR – PMDR), conscient de cette situation volatile faite d’insatisfactions, de demi-mesures et de menaces ouvertes, a par un communiqué de presse datée du 8 Octobre 2019, mis en garde les uns et les autres, sur toute attitude de défi, de triomphalisme ou de poursuite des provocations d’un côté comme de l’autre, craignant justement la résurgence des vendettas, des instincts de vengeances et des accusations stériles, sources d’approfondissement des fractures politiques et de sales divisions tribales.

Le Mouvement populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR – PMDR), constate avec regrets et profonde amertume, qu’à peine l’encre s’est séchée sur le rapport final du Grand dialogue national et sur son communiqué sus-évoqué de mise en garde, que le Sud s’est à nouveau embrasé, comme en 1991-1992, donnant lieu à des casses, des destructions des biens et des menaces sur la sécurité des personnes, ouvertement, impunément et en plein jour, aux yeux et au vu des autorités politiques, administratives et sécuritaires.

Le Mouvement populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR – PMDR), observe, que bien qu’il faille ici, rattacher cette éruption de Sangmélima, à une forme incontrôlée de justice populaire généralement observée dans le pays, car partant de la mort regrettable et inacceptable d’un jeune moto-taximan, dont on attribue la cause à un citoyen d’origine de la région de l’Ouest, il ne fait l’ombre d’aucun doute, qu’il s’agit de la conséquence directe, des déclarations malheureuses, inappropriées et volontiers incendiaires, de certaines élites suivant les décisions du Chef de l’Etat.

Le Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR – PMDR), face à ces événements tragiques,

1 – Présente ses condoléances à la famille du jeune décédé, assassiné

2 – Déclare sa solidarité et sa compassion avec les commerçants dont les biens ont été détruits

3 – Déclare sa solidarité avec tout citoyen, de toute origine, ainsi que tout résident de n’importe quelle nationalité, dont la sécurité aurait été violée ou simplement fragilisée

4 – Exige qu’une autopsie soit pratiquée aux frais des autorités publiques sur la dépouille du mort



5 – Exige qu’une enquête minutieuse soit menée pour établir toutes les responsabilités

6 – Exige que les casseurs soient identifiés, jugés et condamnés

7 – Recommande au Gouvernement de procéder au recensement des biens détruits et à une juste et prompte indemnisation des victimes

8 – Exige que le Premier Ministre personnellement, accompagné des grandes élites du Sud, se rende sur place à Sangmélima, pour tenir une réunion d’apaisement et dialoguer avec les Chefs traditionnels et les chefs des communautés

9 – Réitère sa mise en garde, à tous les leaders politiques, les leaders d’opinion et les élites de tout statut, sur la nécessaire prudence de langage, l’abstention de toute déclaration directe ou indirecte à connotation provocatrice, revancharde, tendancieuse, biaisée ou accusatrice.

10 – Rappelle qu’en aucune manière, et d’aucune façon, l’évocation d’un changement, d’une évolution ou d’éventuelles mutations politiques dans le pays, ne saurait être conçue, présentée, interprétée sournoisement ou malicieusement, comme une chasse aux sorcières, comme une entreprise contre une ethnie, un groupe tribal, un clan ou une partie de la nation camerounaise. Les auteurs et promoteurs de tels langages et visions doivent être durement, ouvertement et structurellement combattus.

11 – Rappelle, avec émotion, énergie, patriotisme élevé et responsabilité, que nul ne peut se prévaloir, personne physique ou morale, clan, secte ou tribu, d’un quelconque brevet de probité morale, d’intégrité, de lucidité, de propreté, de compétence, de prééminence quelconque ou de patriotisme.

12 – Réitère sa conviction profonde selon laquelle, le destin du Cameroun, ne peut s’inscrire raisonnablement et pacifiquement, que dans une vision transversale et honnête, prenant en compte les attentes réelles et les demandes objectives de ses différentes composantes, y compris la demande devenue pressante et quasiment incontournable, d’un fédéralisme selon des contours à déterminer par la poursuite d’un dialogue franc et honnête.

Le Mouvement populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR – PMDR), saisit cette occasion pour renouveler ses encouragements au Président de la République dans sa persévérance pour la paix, par-dessus toutes les considérations purement sectaires, claniques, ethniques ou régionalistes, et lui recommande vivement de ne pas céder aux faucons et aux va-en-guerre, qui crispent la mine à la moindre avancée positive, car lui seul et personne d’autre, répondra devant l’histoire./.