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General News of Saturday, 27 February 2021

Source: camer

Vincents frelatés au Cameroun: un serpent de mer aux tentacules innombrables

Ces dernières semaines, une perquisition ordonnée par le Procureur de la république a permis d'interpeller une usine clandestine de vins et spiritueux de contrefaçon. C'était au quartier Elig-Edzoa à Yaoundé. Les deux suspects, mis aux arrêts, sont passés aux aveux à la grande satisfaction des voisins pour qui cette activité était source d'insécurité dans la zone. Par le passé, des réseaux de vente de boissons frelatées avaient été démantelés par des autorités. Mais jusqu'ici, ce phénomène social, pourtant interdit, est devenu un serpent de mer difficile à esquinter au Cameroun.


Des distilleries clandestines de fabrication de vins, whisky et autres champagnes continuent d'être débusquées et démantelées au quotidien par des autorités officielles. En l'espace de deux semaines, le record de démantèlement de ces usines a été battu dans le siège des institutions de la république. Que ce soit à Elig-Edzoa, à Mendong, à Biyem Assi ou encore au quartier Nlongkak, où le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a fait une descente dans un snack-bar bien connu des férus et mordus des îlots de plaisir et de loisir, des stocks de spiritueux contrefaits ont été saisis. Alors que la conscience collective était davantage au courant de la vente, au marché noir, des vins frelatés, ces derniers jours, ce sont des adolescents qui ont été traqués à Bafang dans la région de l'Ouest en possession des palettes jus en plastique contrefaits. Toute chose ayant entraîné un grand ahurissement du bas-peuple.

La fabrication et la commercialisation des boissons frelatées sont, pour ainsi dire, devenues une industrie florissante, dont les ramifications s'étendent à plusieurs endroits connus et inconnus des consommateurs. Pourtant, le gouvernement camerounais s'est doté, en septembre 2014, d'un texte rendant obligatoire l'application de la norme sur les boissons spiritueuses. En effet, cet arrêté conjoint du ministère des Mines, de L'Industrie et du Développement technologique (Minmidt), des ministères du Commerce (Mincommerce) et de la Santé publique (Minsanté) signé le 12 septembre 2014 vise, à la fois, la protection des populations et la sécurité sanitaire des produits vendus et consommés au Cameroun.

Mais sept ans plus tard, rien n'a bougé. La contrefaçon continue d'endommager la vie des consommateurs. En 2016, au moins vingt-et-une personne, parmi lesquelles des femmes, avaient rendu l'âme à la suite de la consommation de la boisson artisanale prosaïquement appelée "Odontol" à l'Est du pays. Le phénomène de la vente des boissons frelatées est si répandu que chaque fois que la brigade nationale des contrôles et de la répression des fraudes du ministère du Commerce est diligentée sur le terrain, des réseaux de fabricants de vins contrefaits sont démantelés. En 2019, près de 365 bouteilles de whisky et vins liquoreux vides, mais estampillées destinées au conditionnement des alcools frelatés avaient été interceptés par la douane camerounaise. Au premier trimestre de l'année 2020, plus de 3000 bouteilles de whisky avaient été saisis, ainsi que 536 bouteilles de champagne et des bières.

Au demeurant, si le serpent de mer de la vente des vins frelatés continue d'étendre ses tentacules, c'est en raison de l'absence d'une volonté politique du gouvernement camerounais, qui ne fait guère planer, de manière permanente et pérenne, des mesures coercitives à l'égard des contrevenants. Les principaux clients des réseaux de commercialisation des spiritueux contrefaits sont, pourtant, connus, à savoir les marchés, les hôtels, les cabarets, les bars, les snack-bars, les boîtes de nuit et les propriétaires de caves. Tous y vont, régulièrement, s'approvisionner de manière voilée. Les quartiers populaires, moyens et résidentiels, où fleurissent ces usines clandestines de fabrication de vins frelatés sont identifiables, voire identifiées. Les marques de spiritueux circulant dans ce vaste réseau de contrebande sont aussi connues tout autant que les prix parfois dérisoires exposés à la clientèle. Ces vins contrefaits n'ont, généralement, pas de fiche technique attestant de l'authenticité de la marchandise. Très souvent, c'est dans les porte-tout que ces boissons exposées aux intempéries sont vendues à des prix suscitant bien de soupçons.

En amont et aval, quiconque quiconque connaît ces artifices du faux et d'usage de faux au mépris de la santé des consommateurs locaux. Mais, aucune réaction énergique et définitive pour traquer et démanteler tous les réseaux informels de la contrefaçon. Chaque fois, quelques laquais, qui sont, en réalité, des dindons de la vente desdits spiritueux, sont arrêtés et exposés aux médias et sur les réseaux sociaux suscitant quolibets, stigmatisation et sarcasmes. Ils sont voués aux gémonies. Alors que les barons ou les gros bonnets de la république sont les vrais commanditaires et propriétaires de ces réseaux de la contrebande aux ramifications indénombrables.

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